
Philippe Seguret, à la barre du Psaros 33 Pro Yachting Nivose, s’est imposé en temps réel. Mais le grand vainqueur de l’épreuve au temps compensé est Alain Stettler, du Thunersee Yacht Club, qui confirme sa victoire de l’an passé à bord de son Melges 24 db.
La 53è édition de la Translémanique en Solitaire a tenu toutes ses promesses et délivré une régate d’une grande qualité, intense, disputée jusqu’à la dernière seconde, riche en rebondissements.
Après un départ disputé dans des conditions très légères, le vent d’ouest s’est progressivement levé, atteignant 25 noeuds et permettant à la flotte de progresser à vive allure à destination du Bouveret.
Déjà vainqueur l’an passé, le sociétaire du Thunersee Yacht Club Alain Stettler a confirmé sa bonne compréhension du Léman en s’imposant à nouveau d’une façon très convaincante à la barre de son Melges 24. Treizième à la mi-course, il termine finalement quatorzième du classement général à 1h22 minutes de Philippe Seguret, le vainqueur en temps réel. Un écart faible après 16h38 de course, qui lui permet de remporter le Challenge Tuiga attribué au vainqueur en temps compensé et destiné à célébrer les meilleures performances indépendamment de la taille et du prix des embarcations.
« Je suis très heureux de cette nouvelle victoire » a déclaré le vainqueur. « Pour moi, c’est une vraie aventure de venir régater sur le Léman. Il faut transporter le bateau par la route, puis découvrir ce lac… J’ai toujours rêvé de disputer la Translémanique en Solitaire, c’était dans ma « bucket list »; nous n’avons rien de tel sur le lac de Thoune. »
Alain Stettler attribue sa victoire à la simplicité de son voilier. « C’est un bateau facile: je n’ai qu’un foc et un spi; il n’y a jamais d’hésitations au niveau du matériel. Autour de moi, je voyais des concurrents changer de voile, passer du symétrique à l’asymétrique, et souvent ils étaient en grande difficulté lorsque le vent soufflait fort. »
Stettler est relativement novice sur le Léman, mais il est un régatier très expérimenté, avec deux campagnes pré-olympiques en 470, des épreuves internationales en Melges 24, du match-racing et des courses de Swiss Sailing League. « Je suis content d’avoir gagné au temps-compensé », conclut-il. « Mais ce que je préfère, c’est le temps réel. Pour ça, il faudrait que quelqu’un me prête un Psaros 33… »
Les Psaros 33, justement, ont largement dominé la course, obtenant les six premières places du classement en temps réel. Le vainqueur, Philippe Seguret, skipper de Pro Yachting Nivose, a franchi la ligne d’arrivée à minuit 46’ 15’’. Il devance Luc Munier, sur Carpediem Cube, de 3 minutes et 43 secondes, et Nicolas Baudu, sur Eole 7, de 9 minutes et 34 secondes.
« Je suis très heureux, c’était une superbe course », a-t-il raconté. « La descente en direction du Bouveret était vraiment très intense, j’ai enfourné à plusieurs reprises et embarqué pas mal d’eau… Sur le chemin du retour, j’ai controlé mon concurrent le plus proche, Eole 7. Mais à la fin de la course, j’ai vraiment eu une frayeur lorsque tout d’un coup Luc Munier est apparu à ras de la côte. Il a failli passer, mais j’ai tout juste franchi la ligne d’arrivée devant lui. »
Deuxième pour la seconde année consécutive, Munier était très heureux du petit coup tactique qui lui a permis de ravir la seconde place à Nicolas Baudu, juste devant sa maison de la Belotte. «C’est vrai que je connais bien le coin», a-t-il confirmé. Mais le moment le plus exaltant de la course était clairement la descente sur le Bouveret. «C’était grandiose, et vraiment «chaud». A un moment, il y avait 25 noeuds et j’ai décidé d’affaler le spi; j’ai réalisé que je n’avais plus vingt ans… Ensuite le passage du Bouveret s’est avéré conforme à l’habitude, c’est à dire totalement imprévisible.»
C’est pourtant bien là que la régate s’est jouée. Alexander de Weck, le skipper de Katana, était alors très largement en tête mais il est resté longuement englué dans un trou sans vent, à quelques encablures de la bouée, regardant passer ses adversaires les uns après les autres. Lorsqu’il a enfin touché du vent, et franchi la marque de passage, ses adversaires s’étaient envolés.
Des duels fratricides se sont déroulés à tous les niveaux de la flotte, et dans toutes les catégories. La classe la plus populaire, et probablement aussi la plus disputée, celle des Surprises, a été remportée par Marius Lanz devant Arnaud Machado et Renaud Stitelmann. Olivier de Cocatrix, sur Magicopapacarlo, a remporté la classe TCF2 tandis que Christian Monachon, sur son 6.5 SI Ondine, a remporté la classe TCF 4. Enfin, Charlotte Frei, sur son 6.5 SI Gwinn Gwenn, remporte le Challenge Ella Maillart attribué à la première femme au temps compensé.
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