Voile : trois championnats, trois chances de titre pour les Bleus

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

© Sailing Energy

La rentrée s’annonce particulièrement chargée pour l’équipe de France de voile. Entre l’Angleterre, l’Irlande et la Turquie, les Tricolores vont disputer trois grandes échéances internationales du 4 au 12 septembre. En iQFoil, ILCA 6 et Formula Kite, les ambitions sont élevées, avec plusieurs Français capables de jouer le podium, voire le titre.

iQFoil : Tom Arnoux et Nicolas Goyard à l’assaut du podium mondial

Direction la côte sud de l’Angleterre pour les spécialistes de l’iQFoil. Du 4 au 12 septembre, la Weymouth & Portland National Sailing Academy accueille le Championnat du monde de la discipline, avec quatorze Français engagés.

Au sein d'une délégation tricolore particulièrement fournie, deux noms seront notamment à suivre : Tom Arnoux et Nicolas Goyard. Vice-champion du monde en 2025, le premier arrive forcément avec un nouveau statut, mais entend aborder ce Mondial sans se laisser rattraper par la pression.

« On a fait une grosse première partie de saison, on a enchaîné cinq régates en moins de six mois : c'était intense, mais on a bien réussi à gérer la charge et surtout à engranger beaucoup d'expérience pour préparer ce Mondial, qui est l'objectif principal de l'année », explique Tom Arnoux.

Sa deuxième place mondiale décrochée l'an dernier en fait désormais l'un des hommes attendus, sans modifier pour autant son approche. « J'essaie de rester le plus humble possible et de me dire que je repars de zéro, comme l'année dernière. J'ai tout à gagner, c'est plus un moteur qu'un stress. »

Le Français pourra également compter sur un atout précieux : la connaissance du plan d'eau de son entraîneur Julien Bontemps. Ce dernier y avait disputé les Jeux olympiques il y a bientôt quatorze ans. « Son œil affûté sur la localisation du spot, ça va clairement faire la différence dans les moments-clés de la compétition », estime Tom Arnoux.

D'autant que Weymouth pourrait mettre les nerfs des concurrents à rude épreuve. Les conditions sont susceptibles de changer sensiblement d'une journée à l'autre, avec du vent soutenu et des passages pluvieux. Une configuration qui devrait récompenser la régularité et la capacité d'adaptation.

Après la cérémonie d'ouverture prévue le 5 septembre, les courses de qualification se dérouleront du 7 au 11 septembre à partir de midi. La dernière journée, le 12 septembre, sera consacrée aux dernières qualifications et/ou aux finales avant la remise des prix.

ILCA 6 : Louise Cervera repart à la conquête du titre mondial

À quelques centaines de kilomètres de là, une autre Française défendra un bien particulièrement précieux. Du 5 au 12 septembre, à Dun Laoghaire, dans la baie de Dublin, Louise Cervera remet en jeu son titre de championne du monde d'ILCA 6.

Deux Françaises participent à ce Mondial féminin, mais les regards seront naturellement tournés vers la tenante du titre. Un statut que Louise Cervera préfère toutefois laisser à terre au moment de reprendre la compétition.

« J'ai le titre depuis l'an dernier, mais ça ne change rien : lundi, avant la première course, je repars à zéro comme toutes mes concurrentes. Je n'ai qu'une envie, ne rien avoir à me reprocher en ayant tout donné », assure-t-elle.

Avant de rejoindre l'Irlande, la Française s'est préparée à Brest aux côtés des jeunes du Pôle Espoir. Un stage qui lui a permis d'aborder l'échéance dans de bonnes dispositions. « Ça m'a rechargée à fond et je suis arrivée ici en confiance. »

La baie de Dublin devrait néanmoins offrir un sérieux défi tactique. Le plan d'eau est réputé piégeux, notamment en raison de vents de terre changeants. « Ça va être ouvert ! Ce sera celle qui fera le moins d'erreurs qui l'emportera », prévient la championne du monde.

Cette édition introduira également une nouveauté avec l'utilisation du système de départ électronique Vakaros. Celui-ci permet de revenir après un rappel individuel sans prendre d'OCS ni de BFD. Une Medal Race est également programmée lors de l'ultime journée.

« Ça change un peu le jeu, et ça donne un vrai côté excitant », se réjouit Louise Cervera.

Après la cérémonie d'ouverture du 6 septembre, deux courses quotidiennes sont prévues du 7 au 11 septembre entre qualifications et finales. Le 12 septembre, une course de série finale sera organisée pour les bateaux non qualifiés en Medal Race, avant deux manches décisives réservées aux meilleures.

Formula Kite : Lauriane Nolot veut terminer une saison parfaite

Troisième front pour les Bleus, et troisième chance majeure de titre. À Akyaka, en Turquie, six Français participent au Championnat d'Europe de Formula Kite du 5 au 12 septembre. Parmi eux, Lauriane Nolot arrive avec une cible dans le dos.

Triple championne d'Europe, titrée en 2022, 2024 et 2025, et championne du monde 2026, la Française a tout simplement remporté toutes ses grandes échéances depuis le début de la saison. Il lui reste désormais une dernière étape pour boucler l'année sans fausse note.

« Le championnat d'Europe, c'est le dernier gros événement de l'année, donc j'y vais pour le gagner encore une fois », annonce-t-elle.

Lauriane Nolot connaît déjà le goût d'une saison presque parfaite. En 2023, elle avait tout remporté mais avait choisi de faire l'impasse sur les Championnats d'Europe. Cette fois, l'occasion est donc belle d'aller encore plus loin.

« Pour l'instant, je suis au même niveau, et on va voir si j'arrive à aller plus loin », poursuit-elle.

La Française possède aussi l'avantage de connaître parfaitement le terrain. Installée depuis plusieurs semaines à Akyaka pour s'entraîner, elle évoluera sur un spot niché dans une baie méditerranéenne entourée de collines culminant à près de 900 mètres. Le vent s'y lève généralement en fin de matinée avant de forcir progressivement, tandis que le plan d'eau reste relativement plat. Des conditions également intéressantes dans la perspective de Los Angeles.

« C'est un super spot, je m'y sens bien, comme à la maison », apprécie Lauriane Nolot. Malgré ses résultats, pas question pour autant de considérer qu'elle a atteint ses limites. « Sur le papier, j'ai tout gagné cette saison et j'arrive à truster les finales, mais en termes de rapidité et de technicité, je sens que je peux encore aller chercher bien plus : je ne suis pas au bout de mes performances. »

La stratégie sera d'abord de se placer avant les finales, programmées le 12 septembre. Mais derrière les calculs, la Française conserve une recette beaucoup plus simple : « Mon carburant, c'est d'abord le plaisir que je prends à naviguer : j'adore aller vite, j'adore faire la course, j'adore gagner, et c'est ça qui me motive pour finir l'année en beauté. »

À Akyaka, quatre courses quotidiennes sont programmées du 7 au 9 septembre pour les qualifications, puis du 10 au 11 septembre pour la série finale. Les finales et la remise des prix viendront conclure le championnat le 12 septembre.

Une semaine décisive pour la voile française

De Weymouth à Dublin en passant par Akyaka, la voile française va donc jouer gros pendant une semaine. Les situations sont différentes mais les ambitions bien présentes : Tom Arnoux tentera de transformer son statut de vice-champion du monde en nouvelle médaille en iQFoil, Louise Cervera défendra sa couronne mondiale en ILCA 6 et Lauriane Nolot cherchera à conserver son titre européen tout en concluant une saison jusque-là parfaite.

Trois plans d'eau, trois disciplines et plusieurs occasions pour les Bleus de monter sur les podiums internationaux avant la fin de la saison.

 

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.