Remettre du rythme, cap sur le Rhum pour Élodie Bonafous

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

© Romain Marie

Le bateau a été passé au crible, les batteries rechargées et l’envie de large, elle, n’a pas tardé à revenir. Après un début de saison prometteur et notamment une Vendée Arctique qui l’a propulsée pour la première fois vers des latitudes inconnues, dans des conditions souvent décrites comme un condensé de Vendée Globe, Élodie Bonafous a mis l’été à profit pour préparer la suite sur tous les fronts. L’IMOCA Association Petits Princes – Quéguiner a bénéficié d’une révision en profondeur, tandis que la skipper et son équipe se sont accordé un break pour refaire les niveaux avant le dernier bloc de l’année. Désormais, fini le mode pause. À moins de deux mois de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, dont le départ sera donné le 1er novembre à Saint-Malo, le Défi Azimut – Lorient Agglomération tombe à pic pour remettre l’ensemble sous tension. Quelques navigations pour reprendre ses marques, puis les Runs de vitesse et surtout 48 heures et plus de 500 milles au contact de la concurrence : le rendez-vous lorientais a tout d’un passage précieux. Le dernier en course avant le grand saut vers la Guadeloupe.

Faire les niveaux avant le sprint final

Après avoir réalisé trois rêves pour les enfants de l’Association Petits Princes et offert quelques belles navigations en début d’été, le bateau a retrouvé la terre ferme et le hangar du chantier. Pas de révolution à bord d’Association Petits Princes – Quéguiner. À quelques mois de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, l’équipe a préféré démonter, contrôler, entretenir : une plongée minutieuse dans les entrailles de l’IMOCA pour repartir avec le maximum de certitudes. « Avant la transat à venir, il était important de faire une vraie révision du bateau. C’est essentiel aussi pour la confiance. » Quelques avaries repérées après la première partie de saison ont alourdi la charge et prolongé le chantier d’une grosse semaine, sans faire dévier l’équipe de sa ligne. « Il ne fallait pas s’engager dans quelque chose de trop ambitieux que nous n’aurions pas réussi à tenir dans les délais. On a essayé d’être méthodiques et de bien estimer le temps nécessaire pour tout faire. » Le monocoque de 60 pieds a donc été soigneusement révisé de fond en comble. Les dernières touches plus spécifiquement tournées vers le Rhum se greffent désormais sur cette base fiabilisée : une nouvelle garde-robe de voiles, quelques ajustements ergonomiques, dont un siège de veille moulé sur mesure, et surtout une série de navigations pour tout éprouver sur l’eau. « On ressort avec un bateau bien révisé, bien entretenu. Mieux vaut avoir pris un peu plus de temps maintenant pour regarder tous les détails. » L’équipe elle aussi a eu droit à sa respiration. Élodie a tenu à couper en même temps. « On voulait que tout le monde ait un vrai break. J’ai fait du sport, vu des copains. C’était très cool ! » De quoi revenir avec de l’énergie au moment où le calendrier commence sérieusement à accélérer.

Le Défi Azimut, pour renouer avec la compétition

Car avant Saint-Malo, il reste une occasion grandeur nature de tout remettre à l’épreuve en conditions réelles. À partir d'aujourd'hui, quinze IMOCA se retrouveront pour le Défi Azimut – Lorient Agglomération, avec les Runs de vitesse puis, demain, le départ des 48 Heures. Face à une flotte relevée, Élodie sait exactement ce qu’elle vient chercher. « Ce n’est pas un gros objectif sportif. C’est une course de validation et d’entraînement sur laquelle, évidemment, on aura à cœur de bien faire. » Pas question de jouer sa saison sur ce rendez-vous, mais encore moins de le traverser en spectatrice. Après plusieurs semaines loin du mode course, il s’agit de retrouver rapidement les gestes, les sensations et la cadence de la compétition, tout en s’assurant que chaque système répond présent. Et alors que le temps disponible avant le Rhum se réduit, la course offshore prend une valeur particulière. « Avant le Rhum, il n’y aura plus énormément de navigations. Alors 48 heures en course contre les autres, c’est de l’or pour exploiter au mieux le temps qu’il nous reste. » L’exercice permettra aussi de retrouver ce qui ne se reproduit jamais complètement à l’entraînement : l’intensité d’un départ, la confrontation directe, les décisions sous pression, la gestion du sommeil et l’enchaînement des manœuvres. Une remise sous tension sans pression excessive, mais avec l’envie de faire les choses proprement. « Je vais surtout pouvoir tout revalider et bien me remettre dans le rythme. Et je suis plutôt en forme ! »

Le Rhum, déjà dans le viseur

Après Lorient, le décor changera vite. Le prochain départ sera celui de la Route du Rhum, la troisième transatlantique pour Elodie en IMOCA mais sa toute première en solitaire. Et la skipper ne l’aborde plus tout à fait avec le même regard qu’en début d’année. Les milles accumulés en solitaire, et particulièrement ceux de la Vendée Arctique, ont fait leur œuvre. Elle connaît mieux son bateau, sait davantage jusqu’où le pousser et, surtout, se sent désormais capable d’assumer ses propres choix lorsque le jeu se durcit. Le chantier est venu consolider les acquis plutôt que bouleverser une formule qui fonctionne. Le Défi Azimut doit maintenant y ajouter le rythme de la course. Ensuite viendra le temps de basculer pleinement vers Saint-Malo. Élodie mesure l’ampleur de l’échéance, mais elle ne compte pas l’aborder sur la retenue. Elle veut s’y présenter reposée, avec un bateau fiabilisé, des automatismes retrouvés et suffisamment de confiance pour oser sa course. A l’entendre mesurer la vitesse à laquelle les étapes s’enchaînent, le Rhum semble soudain beaucoup plus proche : « J’ai l’impression que tout s’accélère. Mais ça me va très bien : j’ai hâte d’y être ! »

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.