
Le 1er novembre prochain, Sophie Faguet prendra pour la première fois le départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. À quelques semaines du grand saut, la navigatrice normande entre dans la dernière ligne droite d’un projet mûri depuis trois ans. Une première transatlantique en solitaire qui représente un défi sportif majeur, mais aussi l’aboutissement de trente années passées à naviguer, apprendre et repousser progressivement ses limites.
À la sortie des Folies Bergère, mardi 22 septembre, l’effervescence est encore palpable après la présentation officielle de la Route du Rhum 2026. Marins, journalistes et accompagnants se croisent dans un brouhaha continu, tandis que le départ du 1er novembre paraît soudain beaucoup plus proche. Sophie Faguet quitte la salle avec le sourire, consciente du chemin parcouru mais aussi du travail qu’il reste à accomplir avant de rejoindre Saint-Malo. Dans quelques semaines, elle se retrouvera seule à bord pour sa première transatlantique en solitaire, avec la Guadeloupe en ligne de mire.
Pour la navigatrice normande, cette participation représente bien davantage qu’une nouvelle course à ajouter à son parcours. La Route du Rhum doit lui permettre de franchir un nouveau cap après trois décennies consacrées à la voile et plusieurs années à construire ce projet. Une aventure sportive ambitieuse, mais également humaine et collective, puisque derrière cette traversée en solitaire se trouve toute une équipe mobilisée depuis plusieurs mois.
De Granville à la Route du Rhum, trente ans de navigation
L’histoire commence à Granville, où Sophie Faguet découvre la voile et réalise ses premières navigations. Au fil des années, les bateaux, les centres d’entraînement et les compétitions se succèdent, tandis que les milles nautiques s’accumulent. Des premières régates au haut niveau, puis du circuit Figaro aux traversées de l’Atlantique, la Normande construit progressivement son expérience et apprend à évoluer sur des supports toujours plus exigeants.
Trente années d’apprentissage et de navigation l’ont finalement conduite jusqu’à cette Route du Rhum 2026, autour de laquelle son projet se construit depuis trois ans. Le 1er novembre, elle prendra pour la première fois le départ d’une transatlantique en solitaire depuis Saint-Malo. Une nouvelle étape dans un parcours intimement lié aux côtes de la Manche et à la Normandie, où tout a commencé plusieurs décennies plus tôt.
Cette première participation possède donc une dimension particulière. Sophie Faguet considère la Route du Rhum comme un passage important dans sa progression, une course qu’elle doit désormais affronter seule après avoir acquis l’expérience nécessaire sur de nombreux autres formats. L’objectif n’est pas seulement de rejoindre Pointe-à-Pitre, mais aussi de se confronter à toutes les exigences qu’impose une transatlantique disputée sans équipier.
Une navigatrice seule en mer, mais tout un collectif à terre
Si Sophie Faguet sera seule à bord une fois Saint-Malo derrière elle, son projet est loin d’être une aventure individuelle. Autour de la navigatrice se sont réunis 35 entreprises sponsors et mécènes, les associations L’Arche et Ellye ainsi que le navigateur granvillais Nicolas Jossier. Tous participent au Défi Solidaire avec Ellye & L’Arche, qui associe depuis plusieurs saisons compétition au large et engagement associatif.
Réunis autour de ce projet depuis la fin de l’année 2024, Sophie Faguet et Nicolas Jossier ont notamment participé ensemble à plusieurs Normandy Channel Race ainsi qu’à la Transat Café L’Or 2025. Ces compétitions ont permis de faire progresser le projet sur le plan sportif tout en donnant une caisse de résonance aux engagements portés par les deux associations partenaires. La Route du Rhum doit désormais prolonger cette dynamique sur l’une des courses au large les plus suivies.
L’Arche développe en France des communautés reposant sur la vie partagée entre personnes avec et sans handicap mental, avec l’objectif de favoriser l’autonomie, l’inclusion et l’insertion dans la société. Ellye – Ensemble Leucémie Lymphômes Espoir accompagne de son côté les patients atteints d’hémopathies malignes et leurs proches, tout en contribuant à l’information et à la recherche-action. Deux engagements que Sophie Faguet souhaite continuer à mettre en lumière tout au long de son aventure vers la Guadeloupe.
Une première transatlantique en solitaire comme nouveau cap
Sportivement, le défi sera d’une tout autre dimension. Traverser l’Atlantique seule implique de gérer en permanence la navigation, la météo, les réglages du bateau, les choix stratégiques, mais aussi la fatigue et le manque de sommeil. Autant de paramètres auxquels s’ajoute l’impossibilité de déléguer lorsqu’un problème survient, chaque décision devant être prise seule, parfois dans des conditions difficiles.
Pour Sophie Faguet, cette première transatlantique en solitaire constitue ainsi une étape importante à valider dans son parcours. Après des années de navigation et plusieurs expériences au large, la Route du Rhum doit lui permettre de mesurer tout le chemin parcouru, mais également d’ouvrir la porte à de nouveaux défis. L’enjeu est autant sportif que personnel pour une navigatrice qui s’apprête à découvrir ce que signifie réellement traverser l’Atlantique sans équipier.
L’expérience acquise au fil des saisons sera précieuse, mais les dernières semaines de préparation conservent toute leur importance. Avant de pouvoir penser à Pointe-à-Pitre, il faut encore optimiser le bateau, affiner les réglages et multiplier les dernières navigations afin d’arriver à Saint-Malo avec un ensemble aussi fiable et maîtrisé que possible.
Dernière ligne droite avant le départ de Saint-Malo
À mesure que le 1er novembre approche, chaque sortie en mer prend donc davantage d’importance. Les dernières semaines doivent permettre de vérifier les équipements, de perfectionner certaines manœuvres et d’accumuler encore quelques heures à bord avant l’entrée dans la phase finale de préparation. À ce stade, ce sont souvent les détails qui peuvent faire la différence une fois lancé dans plusieurs jours de navigation au large.
Lorsque Sophie Faguet quittera finalement Saint-Malo, elle embarquera avec elle trente années d’expérience, trois ans de travail autour de cette Route du Rhum et le soutien d’un collectif mobilisé derrière son projet. Devant elle s’ouvrira une première transatlantique en solitaire particulièrement attendue, entre défi sportif, aventure humaine et volonté de franchir une nouvelle étape dans sa carrière. Jusqu’à Pointe-à-Pitre, il restera alors à transformer toutes ces années de préparation en une traversée réussie.
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