Après le golfe du Mexique, Donald Trump pourrait bien s'attaquer à un nouveau géant de la géographie mondiale. Le président américain envisagerait de rebaptiser l'océan Pacifique ou l'océan Atlantique, avec deux appellations pour le moins surprenantes : « océan Trump » ou « océan des Amériques ». Une nouvelle initiative qui illustre sa volonté de redessiner, à sa manière, les cartes du monde.
Après le golfe du Mexique, les océans dans le viseur de Donald Trump
Donald Trump ne semble pas vouloir s'arrêter aux frontières terrestres. Cette fois, c'est aux océans qu'il s'intéresse. Selon les informations rapportées par Le Figaro le 11 octobre 2026, le président des États-Unis souhaiterait donner un nouveau nom à l'océan Pacifique ou à l'océan Atlantique. Deux possibilités seraient évoquées : « océan Trump », en référence directe au président américain, ou « océan des Amériques », une appellation qui mettrait davantage en avant le continent américain.
Cette idée s'inscrit dans la continuité d'une décision déjà très commentée. En janvier 2025, dès son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump avait engagé le changement de nom du golfe du Mexique en « golfe d'Amérique » dans les usages officiels américains. Une initiative qui avait suscité de nombreuses réactions, notamment au Mexique, et soulevé la question de la reconnaissance internationale de cette nouvelle dénomination.
Mais cette fois, l'ambition serait tout autre. Il ne s'agirait plus de rebaptiser un golfe bordant trois pays, mais potentiellement l'un des deux plus vastes océans de la planète.
Peut-on réellement changer le nom d'un océan ?
Si la proposition peut sembler spectaculaire, sa mise en application serait beaucoup plus complexe. Car les océans ne sont pas des territoires appartenant à un seul pays. Ils constituent des espaces maritimes partagés, dont les appellations sont utilisées depuis des siècles par les navigateurs, les scientifiques et les institutions internationales.
Les États-Unis pourraient décider d'adopter une nouvelle dénomination dans leurs documents administratifs, leurs cartes officielles ou leurs communications gouvernementales. En revanche, une telle décision ne suffirait pas à imposer ce nom au reste du monde.
La dénomination des espaces maritimes repose notamment sur des usages historiques et sur des travaux de normalisation hydrographique internationale. L'Organisation hydrographique internationale (OHI), qui rassemble les services hydrographiques de nombreux États, contribue à harmoniser les références géographiques utilisées pour la navigation. Autrement dit, même si Washington décidait demain de parler d'« océan Trump », rien n'obligerait les autres pays à abandonner les noms de Pacifique ou d'Atlantique.
Des noms chargés de plusieurs siècles d'histoire
Derrière ces appellations se cache pourtant une longue histoire maritime. Le nom de l'océan Pacifique remonte au XVIe siècle. En 1520, le navigateur portugais Fernand de Magellan, engagé dans une expédition au service de la couronne espagnole, découvre des eaux relativement calmes après avoir franchi le détroit qui porte aujourd'hui son nom. Il baptise alors cette immense étendue d'eau « Mar Pacífico », autrement dit « mer paisible ». Un nom qui peut sembler paradoxal pour un océan régulièrement balayé par de puissants typhons et marqué par une intense activité sismique.
L'Atlantique possède, lui aussi, des origines anciennes. Son nom est lié à Atlas, figure de la mythologie grecque, et apparaît dans les traditions géographiques de l'Antiquité.
Ces deux appellations ont traversé les siècles, les grandes explorations et les évolutions de la cartographie. Elles font aujourd'hui partie du vocabulaire maritime universel, bien au-delà des frontières américaines.
Une décision symbolique aux répercussions internationales
Au-delà de son caractère insolite, cette nouvelle proposition soulève une question plus politique : jusqu'où un chef d'État peut-il aller pour imposer sa propre vision de la géographie mondiale ? Renommer un espace maritime n'est pas un geste anodin. Les noms géographiques participent à l'histoire des territoires, à leur identité et parfois même aux rapports de force entre les États.
Dans le cas du Pacifique, l'enjeu serait particulièrement symbolique. Cet océan, qui couvre près d'un tiers de la surface terrestre, borde notamment les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Australie et de nombreux États insulaires. L'Atlantique, quant à lui, relie les Amériques à l'Europe et à l'Afrique. Aucun de ces espaces ne saurait donc être associé à une seule puissance.
Reste désormais à savoir si cette idée se traduira par une véritable initiative administrative ou si elle restera au stade de proposition. Une chose est certaine : après plusieurs siècles d'histoire maritime, les noms des océans Pacifique et Atlantique ne disparaîtront pas des cartes du monde sur une simple décision de la Maison-Blanche.
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