
Avec 961 opérations de sauvetage et près de 3 000 personnes impliquées, la saison estivale 2026 a été particulièrement intense pour les secours en Manche et en mer du Nord. Si le nombre d'accidents graves recule, la forte progression des interventions liées aux marées et aux loisirs nautiques inquiète les autorités maritimes. La saison estivale s'achève sur un bilan contrasté pour la sécurité en mer. Ce jeudi 15 octobre, la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord a présenté, au Pôle nautique de la Hague, les résultats de sa campagne de sécurité des loisirs nautiques et de la plaisance, menée du 1er mai au 30 septembre 2026.
Au total, 961 opérations de sauvetage ont été coordonnées par les deux centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS) de la façade maritime : 634 par le CROSS Jobourg et 327 par le CROSS Gris-Nez. Un chiffre en légère augmentation par rapport à 2025, mais qui cache une évolution plus marquée : le nombre de personnes impliquées a presque doublé, atteignant 2 908 individus.
La saison a également démarré particulièrement tôt. Dès le mois de mai, 145 interventions étaient déjà enregistrées, conséquence notamment d'une météo favorable ayant encouragé les premières sorties en mer et la fréquentation du littoral.
Moins de victimes malgré une activité de sauvetage soutenue
C'est l'un des principaux enseignements de ce bilan : malgré la multiplication des interventions, les accidents les plus graves sont en recul. Les autorités recensent 36 personnes blessées durant la saison, contre 64 en 2025. Sept personnes sont décédées ou portées disparues, parmi lesquelles six baigneurs et un pratiquant de paddle.
Une évolution encourageante sur le long terme puisque, depuis 2021, le nombre de personnes décédées ou disparues sur cette façade maritime a été divisé par trois. Ces résultats témoignent de l'importance des dispositifs de surveillance et de secours, mais ne doivent pas masquer la persistance de comportements à risque, particulièrement chez les pratiquants de loisirs nautiques.
Paddle, kayak, baignade : les loisirs nautiques mobilisent toujours plus les secours
Autre tendance marquante de cette saison 2026 : les loisirs nautiques représentent désormais une part presque équivalente à celle de la plaisance dans les interventions de secours. Sur les 961 opérations recensées, 462 concernaient les loisirs nautiques, contre 499 pour la plaisance. Une première qui illustre l'importance prise par ces activités sur le littoral.
Les autorités constatent notamment une hausse des accidents liés à la baignade, au paddle et au kayak. Le kitesurf demeure également une activité accidentogène, tandis que les accidents de plongée en apnée progressent.
Mais c'est surtout l'augmentation des personnes surprises par la marée qui retient l'attention. En 2026, les secours sont intervenus à 130 reprises pour des situations d'isolement par la marée, contre 80 en 2025, soit une hausse de 62,5 %.
Les secteurs les plus concernés se situent dans les estuaires picards, notamment les baies de Canche, d'Authie et de Somme, ainsi que dans la baie du Mont-Saint-Michel. Dans ces zones où les marées peuvent rapidement transformer le paysage, une simple promenade sur l'estran peut devenir dangereuse lorsque la mer coupe le chemin du retour.
Trois infractions sur quatre concernent les équipements de sécurité
Face à ces risques, les services de l'État ont maintenu une importante activité de contrôle tout au long de l'été, avec notamment un doublement des contrôles consacrés aux loisirs nautiques. Le constat reste préoccupant : 75 % des infractions relevées concernent le matériel de sécurité embarqué et son bon fonctionnement. Un chiffre qui rappelle que la préparation d'une sortie en mer demeure un enjeu essentiel, même pour une navigation de courte durée. En parallèle, 12 journées de sensibilisation ont été organisées à terre et en mer sur l'ensemble de la façade maritime. Ces opérations, menées avec les différents services de l'État et les acteurs du sauvetage, visent particulièrement les nouveaux pratiquants, parfois moins familiarisés avec les dangers du milieu marin.
La préfecture maritime a également initié un partenariat avec l'enseigne Decathlon afin de renforcer la diffusion des messages de prévention.
La prévention restera une priorité en 2027
Malgré l'amélioration des chiffres de l'accidentologie, les autorités entendent poursuivre leurs efforts. Les campagnes de contrôle et de sensibilisation seront ainsi reconduites en 2027, avec une attention particulière portée aux loisirs nautiques et aux risques liés aux marées.
Car si les moyens de secours permettent chaque année de venir en aide à des milliers de personnes, la sécurité commence bien avant la mise à l'eau. Consulter les horaires de marée, vérifier les conditions météorologiques, disposer d'un équipement adapté et prévenir un proche de son itinéraire restent des précautions indispensables.
Un message que la préfecture maritime souhaite faire entendre au plus grand nombre : la mer demeure un formidable espace de liberté, à condition de ne jamais sous-estimer ses dangers.
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