
À quelques jours du départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, prévu dimanche 1er novembre à 13h02, Alexia Barrier peaufine ses derniers préparatifs à Saint-Malo. À bord d'IDEC SPORT-CIC, la navigatrice de The Famous Project s'apprête à affronter sept autres concurrents dans la catégorie ULTIM. Entre préparation mentale, ambitions sportives et premières analyses météo, elle se prépare à relever l'un des plus grands défis de sa carrière.
Sur les quais de Saint-Malo, l'effervescence ne faiblit pas. Les visiteurs se pressent autour des impressionnants maxi-trimarans, tandis que les équipes poursuivent les derniers préparatifs avant le grand départ. Mais pour Alexia Barrier, l'heure est désormais à la concentration. Après une première semaine rythmée par les rencontres avec le public et les partenaires, la navigatrice a progressivement basculé en mode course. Debout sur le trampoline de son trimaran IDEC SPORT-CIC, elle visualise ses futures manœuvres, répète mentalement ses déplacements et anticipe chaque geste, à la manière d'une skieuse qui mémorise son parcours avant de s'élancer. Une préparation minutieuse pour celle qui s'apprête à traverser l'Atlantique en solitaire sur l'un des multicoques les plus imposants de la flotte.
Une dernière semaine pour préserver son énergie
À mesure que le départ approche, Alexia Barrier cherche à trouver le bon équilibre entre les nombreuses sollicitations à terre et la nécessité de préserver son énergie. La navigatrice a volontairement allégé son programme en début de semaine, profitant de quelques moments de répit pour régler ses dernières obligations personnelles, notamment administratives. Mais elle ne compte pas s'isoler complètement avant vendredi soir, lorsque son trimaran aura quitté le bassin de Saint-Malo pour rejoindre son mouillage. « Je pense que je rentrerai dans ma bulle une fois le bateau au mouillage, vendredi soir. Il sera sorti de l'écluse et il y aura encore ce shoot de public et d'énergie à gérer », explique-t-elle.
Car au-delà des exigences physiques et techniques, le départ d'une course aussi emblématique représente un véritable défi émotionnel. Entre l'enthousiasme des spectateurs, la pression de l'événement et l'impatience de retrouver le large, il faudra savoir garder la tête froide. « Il faut profiter de ces instants, parce que c'est exceptionnel ce qu'on vit. Dimanche, lors du départ, la charge émotionnelle sera intense aussi, il ne faudra pas se laisser submerger », confie la navigatrice, bien décidée à privilégier la précision de ses manœuvres plutôt que la précipitation. À bord d'un maxi-trimaran aussi puissant, où chaque intervention demande anticipation et maîtrise, cette capacité à rester concentrée pourrait faire toute la différence dès les premiers milles.
Huit ULTIM au départ et l'envie de bousculer la hiérarchie
Dimanche 1er novembre, huit skippers de la catégorie ULTIM s'élanceront vers Pointe-à-Pitre. Parmi eux, Alexia Barrier occupera une place particulière puisqu'elle sera la seule femme engagée dans cette classe de maxi-trimarans. Une singularité qu'elle refuse pourtant de transformer en pression supplémentaire, préférant se concentrer sur ses propres objectifs et sur les possibilités offertes par son bateau. « Je vise plus qu'une simple arrivée en Guadeloupe. Tout en restant concentrée et humble, je ne me fixe pas de limites. Sur la Route du Rhum, tout est possible », affirme-t-elle.
La navigatrice, qui n'a jamais abandonné une course, espère bien prolonger cette série tout en venant jouer les trouble-fêtes face aux favoris. Elle dispose pour cela d'un trimaran au palmarès prestigieux, IDEC SPORT-CIC ayant déjà remporté trois fois la Route du Rhum. Un héritage qui donne une dimension particulière à sa participation, sans pour autant l'inciter à se comparer à ses concurrents. « Je n'essaie pas de me comparer ou de me jauger par rapport à eux. Je trouve que les bateaux sont magnifiques et ça me donne encore plus envie de faire grandir le projet dans le futur. Je suis déjà très heureuse d'avoir amené IDEC SPORT-CIC ici à Saint-Malo, parce que c'est sa course. »
Pour Alexia Barrier, cette édition représente ainsi bien davantage qu'une nouvelle traversée de l'Atlantique. Elle constitue une étape importante dans le développement de The Famous Project et une occasion de démontrer sa capacité à rivaliser dans une catégorie particulièrement exigeante. Si les écarts de performance entre les bateaux pourraient peser dans la course, la navigatrice entend profiter de chaque opportunité pour défendre ses chances.
Une météo clémente au départ, mais un Atlantique plus incertain
Sur le plan météorologique, les premières tendances laissent entrevoir un début de course relativement favorable. Dimanche, les huit ULTIM devraient s'élancer dans un vent de nord-nord-est peu soutenu, avec des conditions plutôt confortables durant les premières 24 heures. Un scénario qui pourrait permettre aux skippers de prendre progressivement leurs marques avant d'affronter une traversée dont les perspectives restent encore incertaines.
Christian Dumard, le routeur d'Alexia Barrier, étudie actuellement une trajectoire qui pourrait conduire IDEC SPORT-CIC à passer à proximité des Açores avant de rejoindre les alizés, ces vents réguliers qui accompagnent traditionnellement les navigateurs vers les Caraïbes. Mais leur installation encore incertaine complique les premières projections et laisse entrevoir une course particulièrement tactique. « Pour le moment, l'alizé n'est pas très bien établi, ce qui imposera beaucoup de transitions sur la course. L'Atlantique ne sera pas un long fleuve tranquille », prévient le spécialiste météo.
Ces transitions entre différents régimes de vent pourraient obliger les concurrents à multiplier les ajustements de trajectoire et de voilure, avec des phases de ralentissement et des choix stratégiques déterminants. Une perspective qui ne semble toutefois pas inquiéter outre mesure l'équipe d'Alexia Barrier. En septembre dernier, la navigatrice avait déjà dû composer avec des conditions particulièrement difficiles lors de sa qualification au large de l'Irlande, démontrant sa capacité à gérer son trimaran dans une météo exigeante. « Sa qualification était rude et elle l'avait bien gérée. Je lui ai dit que ça ne pourrait pas être plus dur, mais plus long par contre », souligne Christian Dumard.
Dernier passage d'écluse vendredi avant le grand départ
La prochaine étape importante est désormais fixée à vendredi soir, avec l'ultime passage d'écluse d'IDEC SPORT-CIC à Saint-Malo. Le maxi-trimaran rejoindra ensuite son mouillage, où il restera en attente du départ. Ce sera aussi le moment pour Alexia Barrier de s'éloigner de l'agitation des pontons et de se consacrer entièrement à sa traversée, après plusieurs jours d'une préparation aussi intense sur le plan sportif qu'émotionnel.
Dimanche 1er novembre à 13h02, la navigatrice prendra le départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec l'ambition de tirer le meilleur parti d'un bateau déjà entré dans l'histoire de l'épreuve. Face à sept autres ULTIM et à un Atlantique qui pourrait réserver bien des surprises, Alexia Barrier compte sur sa détermination, son expérience et sa préparation pour tenter de bousculer la hiérarchie. Une nouvelle aventure en solitaire qui s'annonce aussi exigeante que passionnante.
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