Route du Rhum 2026 : Alexia Barrier entre dans sa dernière ligne droite avant le départ

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

 

 

À quelques jours du départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, prévu dimanche 1er novembre à 13h02, Alexia Barrier peaufine ses derniers préparatifs à Saint-Malo. À bord d'IDEC SPORT-CIC, la navigatrice de The Famous Project s'apprête à affronter sept autres concurrents dans la catégorie ULTIM. Entre préparation mentale, ambitions sportives et premières analyses météo, elle se prépare à relever l'un des plus grands défis de sa carrière.

Sur les quais de Saint-Malo, l'effervescence ne faiblit pas. Les visiteurs se pressent autour des impressionnants maxi-trimarans, tandis que les équipes poursuivent les derniers préparatifs avant le grand départ. Mais pour Alexia Barrier, l'heure est désormais à la concentration. Après une première semaine rythmée par les rencontres avec le public et les partenaires, la navigatrice a progressivement basculé en mode course. Debout sur le trampoline de son trimaran IDEC SPORT-CIC, elle visualise ses futures manœuvres, répète mentalement ses déplacements et anticipe chaque geste, à la manière d'une skieuse qui mémorise son parcours avant de s'élancer. Une préparation minutieuse pour celle qui s'apprête à traverser l'Atlantique en solitaire sur l'un des multicoques les plus imposants de la flotte.

Une dernière semaine pour préserver son énergie

À mesure que le départ approche, Alexia Barrier cherche à trouver le bon équilibre entre les nombreuses sollicitations à terre et la nécessité de préserver son énergie. La navigatrice a volontairement allégé son programme en début de semaine, profitant de quelques moments de répit pour régler ses dernières obligations personnelles, notamment administratives. Mais elle ne compte pas s'isoler complètement avant vendredi soir, lorsque son trimaran aura quitté le bassin de Saint-Malo pour rejoindre son mouillage. « Je pense que je rentrerai dans ma bulle une fois le bateau au mouillage, vendredi soir. Il sera sorti de l'écluse et il y aura encore ce shoot de public et d'énergie à gérer », explique-t-elle.

Car au-delà des exigences physiques et techniques, le départ d'une course aussi emblématique représente un véritable défi émotionnel. Entre l'enthousiasme des spectateurs, la pression de l'événement et l'impatience de retrouver le large, il faudra savoir garder la tête froide. « Il faut profiter de ces instants, parce que c'est exceptionnel ce qu'on vit. Dimanche, lors du départ, la charge émotionnelle sera intense aussi, il ne faudra pas se laisser submerger », confie la navigatrice, bien décidée à privilégier la précision de ses manœuvres plutôt que la précipitation. À bord d'un maxi-trimaran aussi puissant, où chaque intervention demande anticipation et maîtrise, cette capacité à rester concentrée pourrait faire toute la différence dès les premiers milles.

Huit ULTIM au départ et l'envie de bousculer la hiérarchie

Dimanche 1er novembre, huit skippers de la catégorie ULTIM s'élanceront vers Pointe-à-Pitre. Parmi eux, Alexia Barrier occupera une place particulière puisqu'elle sera la seule femme engagée dans cette classe de maxi-trimarans. Une singularité qu'elle refuse pourtant de transformer en pression supplémentaire, préférant se concentrer sur ses propres objectifs et sur les possibilités offertes par son bateau. « Je vise plus qu'une simple arrivée en Guadeloupe. Tout en restant concentrée et humble, je ne me fixe pas de limites. Sur la Route du Rhum, tout est possible », affirme-t-elle.

La navigatrice, qui n'a jamais abandonné une course, espère bien prolonger cette série tout en venant jouer les trouble-fêtes face aux favoris. Elle dispose pour cela d'un trimaran au palmarès prestigieux, IDEC SPORT-CIC ayant déjà remporté trois fois la Route du Rhum. Un héritage qui donne une dimension particulière à sa participation, sans pour autant l'inciter à se comparer à ses concurrents. « Je n'essaie pas de me comparer ou de me jauger par rapport à eux. Je trouve que les bateaux sont magnifiques et ça me donne encore plus envie de faire grandir le projet dans le futur. Je suis déjà très heureuse d'avoir amené IDEC SPORT-CIC ici à Saint-Malo, parce que c'est sa course. »

Pour Alexia Barrier, cette édition représente ainsi bien davantage qu'une nouvelle traversée de l'Atlantique. Elle constitue une étape importante dans le développement de The Famous Project et une occasion de démontrer sa capacité à rivaliser dans une catégorie particulièrement exigeante. Si les écarts de performance entre les bateaux pourraient peser dans la course, la navigatrice entend profiter de chaque opportunité pour défendre ses chances.

Une météo clémente au départ, mais un Atlantique plus incertain

Sur le plan météorologique, les premières tendances laissent entrevoir un début de course relativement favorable. Dimanche, les huit ULTIM devraient s'élancer dans un vent de nord-nord-est peu soutenu, avec des conditions plutôt confortables durant les premières 24 heures. Un scénario qui pourrait permettre aux skippers de prendre progressivement leurs marques avant d'affronter une traversée dont les perspectives restent encore incertaines.

Christian Dumard, le routeur d'Alexia Barrier, étudie actuellement une trajectoire qui pourrait conduire IDEC SPORT-CIC à passer à proximité des Açores avant de rejoindre les alizés, ces vents réguliers qui accompagnent traditionnellement les navigateurs vers les Caraïbes. Mais leur installation encore incertaine complique les premières projections et laisse entrevoir une course particulièrement tactique. « Pour le moment, l'alizé n'est pas très bien établi, ce qui imposera beaucoup de transitions sur la course. L'Atlantique ne sera pas un long fleuve tranquille », prévient le spécialiste météo.

Ces transitions entre différents régimes de vent pourraient obliger les concurrents à multiplier les ajustements de trajectoire et de voilure, avec des phases de ralentissement et des choix stratégiques déterminants. Une perspective qui ne semble toutefois pas inquiéter outre mesure l'équipe d'Alexia Barrier. En septembre dernier, la navigatrice avait déjà dû composer avec des conditions particulièrement difficiles lors de sa qualification au large de l'Irlande, démontrant sa capacité à gérer son trimaran dans une météo exigeante. « Sa qualification était rude et elle l'avait bien gérée. Je lui ai dit que ça ne pourrait pas être plus dur, mais plus long par contre », souligne Christian Dumard.

Dernier passage d'écluse vendredi avant le grand départ

La prochaine étape importante est désormais fixée à vendredi soir, avec l'ultime passage d'écluse d'IDEC SPORT-CIC à Saint-Malo. Le maxi-trimaran rejoindra ensuite son mouillage, où il restera en attente du départ. Ce sera aussi le moment pour Alexia Barrier de s'éloigner de l'agitation des pontons et de se consacrer entièrement à sa traversée, après plusieurs jours d'une préparation aussi intense sur le plan sportif qu'émotionnel.

Dimanche 1er novembre à 13h02, la navigatrice prendra le départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec l'ambition de tirer le meilleur parti d'un bateau déjà entré dans l'histoire de l'épreuve. Face à sept autres ULTIM et à un Atlantique qui pourrait réserver bien des surprises, Alexia Barrier compte sur sa détermination, son expérience et sa préparation pour tenter de bousculer la hiérarchie. Une nouvelle aventure en solitaire qui s'annonce aussi exigeante que passionnante.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.