Accidents de plongée : les risques à connaître avant de se mettre à l’eau

Plongée
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

La plongée fascine par ce qu’elle permet d’approcher : le silence, les épaves, les tombants, les grottes, les paysages sous-marins que l’on ne voit nulle part ailleurs. Mais plusieurs drames récents rappellent une réalité parfois oubliée : même encadrée, même pratiquée par des passionnés, la plongée reste une activité exigeante, où une erreur, un malaise ou une mauvaise anticipation peuvent avoir des conséquences graves.

La plongée fascine par ce qu’elle permet d’approcher : le silence, les épaves, les tombants, les grottes, les paysages sous-marins que l’on ne voit nulle part ailleurs. Mais plusieurs drames récents rappellent une réalité parfois oubliée : même encadrée, même pratiquée par des passionnés, la plongée reste une activité exigeante, où une erreur, un malaise ou une mauvaise anticipation peuvent avoir des conséquences graves.

© AdobeStock - Jan Finsterbusch

Les accidents de plongée ne concernent pas seulement les débutants. C’est même l’un des pièges de cette discipline : l’expérience rassure, mais elle ne protège pas de tout. Aux Maldives, la mort de plusieurs plongeurs italiens lors d’une exploration en grotte a marqué le monde de la plongée par son bilan lourd et les conditions particulièrement complexes de l’intervention. Plus récemment, à La Ciotat, un plongeur d’une soixantaine d’années est décédé après avoir été pris en charge au large de la Cassidaigne, un secteur réputé mais exigeant du littoral méditerranéen. Ces drames ne doivent pas faire oublier que des milliers de plongées se déroulent chaque année sans incident. Ils rappellent surtout que la plongée n’est pas une simple activité de loisir comme les autres. Sous l’eau, le corps est soumis à la pression, à l’effort, au froid, au stress, à la gestion de l’air et à des contraintes physiologiques très spécifiques. La beauté du milieu ne doit jamais faire oublier la rigueur qu’il impose.

Plongée sur l'épave Le Rubis
Plongée sur l'épave Le Rubis© Karim Ben Ghanem

Une activité magnifique, mais jamais anodine

La plongée est souvent présentée comme une parenthèse hors du monde. C’est vrai, mais cette parenthèse se déroule dans un environnement où l’on ne respire pas naturellement, où l’on dépend de son matériel et où le moindre problème doit être géré avec calme. La profondeur, le courant, la visibilité, la température de l’eau, l’état de forme du plongeur et la qualité de l’encadrement changent complètement le niveau de risque d’une sortie.
Le danger vient rarement d’un seul facteur. Dans beaucoup d’accidents, plusieurs éléments s’additionnent : fatigue, reprise après une longue pause, matériel mal vérifié, objectif trop ambitieux, stress au fond, remontée mal contrôlée, mauvaise communication dans la palanquée ou malaise qui survient au mauvais moment. La plongée ne pardonne pas toujours l’accumulation de petites négligences.
C’est aussi pour cela qu’un site connu ne doit jamais être banalisé. Une épave, une grotte, un tombant profond ou une zone exposée au courant peuvent devenir très difficiles si les conditions changent. La plongée en milieu ouvert n’a rien à voir avec la plongée sous plafond, en grotte ou dans une cavité. Dans ces environnements, l’accès direct à la surface n’existe plus. Il faut une formation spécifique, une préparation précise, du matériel adapté et une marge de sécurité bien supérieure.

Plongée sur le Donator
Plongée sur le Donator© Sophie Savant-Ros

Les accidents les plus redoutés

Le premier risque, le plus évident mais pas toujours le mieux compris, reste la noyade. Elle peut survenir après une panique, une panne d’air mal gérée, une perte de connaissance, un essoufflement ou un malaise. Sous l’eau, une difficulté respiratoire prend très vite une dimension critique. C’est pour cela que la gestion du calme, de la flottabilité, de la consommation d’air et du binôme reste centrale.
L’accident de désaturation fait partie des risques emblématiques de la plongée. Lorsqu’un plongeur descend, l’azote contenu dans le gaz respiré se dissout progressivement dans les tissus. À la remontée, cet azote doit être éliminé lentement. Si la remontée est trop rapide, si les paliers ne sont pas respectés ou si le profil de plongée est trop agressif, des bulles peuvent se former dans l’organisme. Les symptômes peuvent être discrets au départ, puis devenir graves : douleurs articulaires, fatigue anormale, fourmillements, troubles de l’équilibre, difficultés à parler, troubles neurologiques ou respiratoires.
Autre danger majeur : le barotraumatisme. Les oreilles et les sinus sont les plus souvent touchés, notamment quand on force à la descente ou que l’on plonge enrhumé. Mais le barotraumatisme pulmonaire est beaucoup plus grave. Il peut survenir si un plongeur bloque sa respiration en remontant. L’air contenu dans les poumons se dilate avec la baisse de pression et peut provoquer des lésions sévères, voire une embolie gazeuse. La règle est absolue : en scaphandre, on respire normalement et on ne bloque jamais sa ventilation à la remontée.
La narcose à l’azote, souvent associée aux plongées profondes, représente un autre piège. Elle peut altérer le jugement, donner une impression d’euphorie ou au contraire d’anxiété, ralentir les réactions et pousser à des décisions dangereuses. Le plongeur ne se rend pas toujours compte que ses capacités diminuent. C’est précisément ce qui rend cette situation sournoise.
Enfin, il ne faut pas sous-estimer les risques plus classiques, mais très présents : malaise cardiaque, hypothermie, déshydratation, effort excessif, perte d’orientation, coup de stress, problème de lestage ou matériel mal préparé. La plongée sollicite le corps, parfois plus fortement qu’on ne l’imagine depuis la surface.

Tout va bien
Tout va bien© Sophie Savant-Ros

La santé du plongeur, un point central

La condition physique ne se résume pas au fait de savoir nager ou d’être à l’aise dans l’eau. Plonger demande un cœur, des poumons et un organisme capables de supporter l’immersion, la pression, le froid et parfois l’effort. Avec l’âge, après une période d’arrêt ou en cas de traitement médical, la question de l’aptitude devient encore plus importante.
Un plongeur fatigué, enrhumé, stressé, déshydraté ou diminué physiquement prend davantage de risques. L’envie de ne pas rater une sortie ne doit jamais passer avant l’état réel du jour. Une plongée annulée est frustrante. Une plongée engagée dans de mauvaises conditions peut devenir dramatique.
La visite médicale n’est donc pas une formalité. Elle permet de repérer des contre-indications, de discuter des antécédents, des traitements, de l’état cardiovasculaire, respiratoire ou ORL. Elle est encore plus utile lors d’une reprise, après un accident, une maladie ou une longue période sans plonger.

Les bonnes pratiques qui évitent beaucoup d’accidents

La sécurité commence avant même de monter sur le bateau. Il faut connaître le site, les conditions météo, le courant, la profondeur prévue, la visibilité possible, les particularités du relief et les solutions de repli. Une plongée ne doit pas être improvisée, surtout lorsqu’elle concerne une épave, une grotte, une zone profonde ou un secteur exposé.
Le matériel doit être vérifié sérieusement, pas machinalement. Détendeur, gilet, manomètre, ordinateur, lestage, robinetterie, parachute, masque, combinaison : chaque élément compte. Un équipement stocké longtemps ou utilisé après plusieurs mois d’arrêt mérite une attention particulière. Sous l’eau, le matériel n’est pas un confort, c’est une ligne de vie.
La palanquée reste l’un des piliers de la sécurité. Plonger seul augmente fortement la vulnérabilité face à une difficulté. Un binôme attentif peut repérer un comportement anormal, une consommation excessive, un essoufflement ou un début de panique. Encore faut-il rester réellement ensemble, communiquer et ne pas transformer la plongée en sortie individuelle côte à côte.
La remontée doit rester maîtrisée. Respecter la vitesse de remontée, les paliers, les consignes de l’ordinateur et les intervalles de surface n’a rien d’accessoire. Il faut aussi éviter les efforts importants après la plongée, bien se réhydrater et respecter un délai suffisant avant de prendre l’avion ou de monter en altitude.

En cas de doute, il faut alerter vite

L’un des mauvais réflexes consiste à attendre, surtout lorsque les symptômes semblent légers ou qu’ils disparaissent temporairement. C’est une erreur. Un accident de plongée peut évoluer après la sortie de l’eau, parfois avec un décalage. Fatigue inhabituelle, vertiges, fourmillements, douleurs, gêne respiratoire, malaise, confusion ou trouble de l’équilibre doivent être pris au sérieux.
En mer, l’alerte doit être donnée rapidement au 196 par téléphone lorsque le réseau le permet, ou sur le canal 16 de la VHF. L’oxygène doit être administré dès que possible si le matériel et les compétences sont disponibles, en attendant les secours. Il ne faut pas tenter de gérer seul un accident de plongée, ni minimiser une situation parce que le plongeur dit aller mieux. La rapidité de la prise en charge est déterminante. Elle peut réduire les séquelles, orienter vers le bon service, déclencher une évacuation adaptée et, si nécessaire, une prise en charge en caisson hyperbare. Dans ce domaine, le doute doit toujours profiter à la sécurité.

Gorgones sur épave
Gorgones sur épave© Sophie Savant-Ros

Retrouver une culture de la prudence

La plongée n’a pas besoin d’être dramatisée. Elle a besoin d’être respectée. C’est une activité extraordinaire lorsqu’elle est préparée avec sérieux, pratiquée dans les limites de son niveau et adaptée à son état du jour. Les accidents récents rappellent simplement que l’habitude ne remplace pas la vigilance, que l’expérience ne dispense pas de prudence et qu’une plongée réussie commence souvent par une décision très simple : savoir renoncer.
Sous l’eau, il n’y a pas de place pour l’orgueil. La bonne plongée n’est pas forcément la plus profonde, la plus longue ou la plus spectaculaire. C’est celle dont on ressort en sécurité, avec assez de lucidité pour avoir respecté le milieu, son binôme et ses propres limites.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.
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