Plongée aux Galápagos : requins-marteaux, iguanes marins et biodiversité extrême

Plongée
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Aux Galápagos, la plongée ne ressemble à aucune autre. Au large de l’Équateur, cet archipel volcanique du Pacifique concentre une faune marine spectaculaire, portée par des courants puissants, des eaux riches en nutriments et un niveau d’endémisme exceptionnel. Entre bancs de requins-marteaux, iguanes marins, tortues, raies, otaries et requins-baleines, les Galápagos offrent l’un des plus grands théâtres sous-marins de la planète.

Aux Galápagos, la plongée ne ressemble à aucune autre. Au large de l’Équateur, cet archipel volcanique du Pacifique concentre une faune marine spectaculaire, portée par des courants puissants, des eaux riches en nutriments et un niveau d’endémisme exceptionnel. Entre bancs de requins-marteaux, iguanes marins, tortues, raies, otaries et requins-baleines, les Galápagos offrent l’un des plus grands théâtres sous-marins de la planète.

© AdobeStock - frantisek hojdysz

 

Un archipel volcanique au cœur du Pacifique

Situées à environ 1 000 km des côtes de l’Équateur, les Galápagos occupent une place à part dans l’imaginaire des naturalistes comme dans celui des plongeurs. Ici, la terre est née du feu, les côtes sont sombres, les fonds sont volcaniques et l’océan impose immédiatement sa puissance. L’archipel appartient à ce Pacifique des extrêmes, où les îles isolées, les volcans, les courants et les grands équilibres du vivant composent un monde à part.

Ce décor minéral explique en partie la richesse des plongées. Sous l’eau, les tombants, les reliefs rocheux, les arches, les plateaux et les passes concentrent la vie. L’UNESCO recense dans les eaux des Galápagos 2 909 espèces marines, avec un taux d’endémisme de 18,2 %. On y rencontre notamment des requins, des requins-baleines, des raies, des cétacés, mais aussi des espèces emblématiques capables de faire le lien entre terre et mer, comme les otaries ou les iguanes marins. 

 

Darwin et Wolf, le royaume des requins-marteaux

Pour de nombreux plongeurs expérimentés, les noms de Darwin et Wolf suffisent à faire rêver. Ces 2 îles isolées, situées au nord de l’archipel, figurent parmi les sites les plus réputés au monde pour l’observation des grands pélagiques. C’est là que les requins-marteaux halicornes se rassemblent parfois en bancs impressionnants, évoluant dans le bleu, au-dessus des tombants et des stations de nettoyage.

Le spectacle peut être saisissant : des silhouettes massives apparaissent dans le courant, d’abord quelques individus, puis des dizaines. La Fondation Charles Darwin mène régulièrement des missions scientifiques dans ce secteur pour mieux comprendre les déplacements de ces requins. Les chercheurs rappellent que ces animaux, pourtant visibles en nombre aux Galápagos, restent fortement menacés à l’échelle mondiale, notamment par la pêche lorsqu’ils quittent la réserve marine. 

Cette réalité donne une autre dimension à l’expérience. Plonger aux Galápagos, ce n’est pas seulement chercher une rencontre spectaculaire. C’est aussi observer un écosystème fragile, où chaque grand animal vu sous l’eau raconte une histoire de migration, de protection et de vulnérabilité. Des suivis par balises ont montré que certaines femelles requins-marteaux quittent les Galápagos pour rejoindre les zones de mise bas du Panama, un trajet de plus de 1 000 km à travers le Pacifique tropical. 

 

Iguanes marins, otaries et tortues : une plongée dans l’étrange

Les Galápagos ne se résument pourtant pas aux requins. L’une des grandes forces de l’archipel tient à la diversité des rencontres possibles, parfois déroutantes pour un plongeur habitué aux récifs tropicaux classiques. Ici, un iguane marin peut surgir dans le champ de vision, ondulant sous l’eau pour aller brouter les algues sur les rochers. Ce reptile, unique au monde, donne aux immersions une atmosphère presque préhistorique.

Autour de Fernandina et d’Isabela, les eaux plus fraîches et riches en nourriture attirent une faune très particulière. Les iguanes marins y côtoient les tortues vertes, les manchots des Galápagos, les cormorans aptères et les otaries. La Galápagos Conservancy souligne que l’archipel présente l’un des niveaux d’endémisme les plus élevés de la planète, avec notamment plus de 20 % des espèces marines présentes aux Galápagos que l’on ne trouve nulle part ailleurs. 

C’est ce mélange qui rend la plongée si singulière. Dans une même journée, on peut croiser des poissons tropicaux, une tortue, un requin des Galápagos, une raie aigle, une otarie joueuse et un iguane marin. Peu de destinations offrent une telle impression de basculement permanent entre le familier et l’inattendu.

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Une destination exigeante, réservée aux plongeurs préparés

Les Galápagos ne sont pas une destination de plongée facile. Les courants peuvent être forts, la houle marquée, les mises à l’eau parfois sportives et la température de l’eau très variable selon les secteurs et la saison. La richesse du site vient précisément de cette dynamique océanique : les remontées d’eaux froides apportent des nutriments, attirent les poissons, puis les prédateurs.

La saison fraîche, généralement de juin à novembre, est souvent recherchée pour les grands pélagiques, notamment les requins-marteaux et les requins-baleines, mais elle s’accompagne aussi d’eaux plus froides et de conditions plus engagées. La saison plus chaude, de décembre à mai, offre souvent une mer plus confortable, une meilleure température d’eau et d’autres rencontres, mais avec une dynamique différente.

Dans tous les cas, mieux vaut arriver avec de l’expérience, une bonne aisance en dérivante et une vraie capacité à gérer le courant. Les sites les plus célèbres, en particulier Darwin et Wolf, se pratiquent généralement en croisière plongée, avec plusieurs immersions par jour et une logistique très encadrée.

 

Une réserve marine sous haute protection

La plongée aux Galápagos se déroule dans un cadre réglementé, car l’archipel est l’un des sanctuaires naturels les plus surveillés de la planète. La Fondation Charles Darwin rappelle que les visiteurs doivent observer la faune à distance, ne pas toucher ni nourrir les animaux, et être accompagnés par un guide spécialisé autorisé par le Parc national des Galápagos. 

La réserve marine des Galápagos couvre un espace immense et joue un rôle essentiel pour la protection des espèces migratrices. La réserve Hermandad, créée en 2022, ajoute un corridor de protection vers l’île Cocos, au Costa Rica, pour des espèces comme les requins, les raies manta et les tortues marines. 

Cette protection reste pourtant un défi permanent. Les requins-marteaux observés dans les eaux galápaguiennes ne restent pas toute leur vie dans la réserve. Dès qu’ils migrent, ils traversent des zones où la pression de pêche peut redevenir forte. C’est toute la difficulté de la conservation marine : protéger un site ne suffit pas toujours quand les animaux parcourent des milliers de kilomètres.

 

Les Galápagos, un choc sous-marin

Plonger aux Galápagos, c’est accepter une plongée plus sauvage, plus physique, moins prévisible qu’ailleurs. On ne vient pas seulement pour l’eau claire ou les poissons colorés, mais pour sentir un océan vivant, traversé par les courants, les migrations et les grands prédateurs.

C’est cette intensité qui rend l’archipel si fascinant. Un banc de requins-marteaux dans le bleu, un iguane marin accroché aux rochers, une otarie qui tourne autour des palmes, une tortue qui remonte respirer en surface : chaque immersion rappelle que les Galápagos ne sont pas un aquarium naturel, mais un écosystème brut, puissant et fragile.

Dans le Pacifique, peu de destinations réunissent à ce point aventure, science, biodiversité et émotion. Les Galápagos restent l’un des derniers endroits où l’on peut encore avoir l’impression d’observer un océan ancien, foisonnant, presque intact. C’est ce qui en fait une destination mythique pour les plongeurs, mais aussi un territoire dont la protection dépasse largement le rêve de voyage.

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.
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