À Lanzarote, le snorkeling ne se résume pas à enfiler un masque pour observer quelques poissons dans une eau claire. Ici, sous la surface, l’Atlantique raconte une histoire de lave, de falaises englouties, de roches noires et de lumière turquoise. Entre criques abritées, piscines naturelles et fonds volcaniques, l’île canarienne offre une expérience à part : celle de nager dans un décor presque extraterrestre.

Une île volcanique jusque sous l’eau
À première vue, Lanzarote fascine par ses paysages terrestres : terres noires, cônes volcaniques, coulées figées, reliefs minéraux et horizons presque lunaires. Mais cette identité volcanique ne s’arrête pas au rivage. Elle se prolonge sous l’eau, dans les reliefs immergés, les blocs sombres, les failles, les petites cavités et les tombants qui dessinent un monde sous-marin très différent des cartes postales tropicales habituelles.
C’est justement ce contraste qui rend l’île si séduisante pour le snorkeling. Les fonds ne sont pas uniquement faits de sable clair et d’eau turquoise. Ils alternent entre plaques de roche volcanique, zones sableuses, petits éboulis, herbiers et reliefs plus abrupts. La lumière s’y accroche différemment. Le bleu devient plus profond, les poissons ressortent sur le noir de la lave, et chaque crique semble offrir une ambiance propre.
Playa Chica, le grand classique accessible
Difficile de parler de snorkeling à Lanzarote sans citer Playa Chica, à Puerto del Carmen. Ce petit site, très connu des plongeurs, a l’avantage d’être facile d’accès depuis la côte, avec une eau souvent claire et calme. Le Veril de Playa Chica est même présenté comme l’un des spots majeurs de l’île, avec une plateforme sableuse qui se prolonge vers un tombant entre 15 et 40 mètres, ponctué de replats, de grottes et de petites cavités. La partie haute du site est également adaptée aux débutants et aux amateurs de snorkeling. Pour un simple nageur avec masque et tuba, l’intérêt est immédiat : on reste en surface, mais on devine déjà le relief. Sous les palmes, le décor change vite. Les roches apparaissent, les poissons circulent le long des blocs, et l’on comprend pourquoi Lanzarote attire autant les passionnés de plongée. Playa Chica n’a pas le côté sauvage de certaines criques plus reculées, mais elle offre une très belle porte d’entrée pour découvrir les fonds volcaniques de l’île.
Papagayo, la carte postale qui cache un beau terrain de jeu
Au sud de Lanzarote, les plages de Papagayo jouent dans un autre registre. Ici, le décor est plus solaire, presque méditerranéen par endroits : sable clair, criques découpées, eau turquoise et falaises sèches en arrière-plan. Le site appartient au secteur naturel de Los Ajaches et regroupe plusieurs plages, dont Papagayo, Puerto Muelas, Caleta del Congrio, Playa Mujeres ou encore Playa del Pozo. Les eaux calmes en font un lieu particulièrement agréable pour nager, se baigner et pratiquer le snorkeling. Papagayo est parfait pour ceux qui veulent une session simple, lumineuse, facile à intégrer dans une journée plage. On longe les rochers, on explore les bordures de crique, on observe les poissons dans une eau limpide. Le relief y est moins spectaculaire que sur certains sites de plongée, mais l’expérience a ce charme évident des criques protégées : on entre dans l’eau sans stress, on suit la côte, et le paysage minéral de Lanzarote accompagne chaque coup de palme.

Caletón Blanco, le contraste magique du nord
Plus au nord, près d’Órzola, Caletón Blanco offre l’une des images les plus fortes de Lanzarote : du sable très clair, une eau cristalline, et des roches de lave noire qui dessinent des bassins naturels. Le site est décrit comme une grande piscine naturelle parsemée de lave volcanique, avec des zones abritées par les rochers et d’autres plus ouvertes, mieux adaptées à la nage lorsque la marée est favorable. C’est ici que le côté “lunaire sous l’eau” prend tout son sens. Le snorkeling se fait dans peu de profondeur, mais le décor est saisissant. Les plaques sombres créent des couloirs, les taches de sable éclairent le fond, et la mer prend des nuances de bleu presque irréelles. Caletón Blanco n’est pas seulement un spot pour observer la vie marine : c’est un paysage à part entière, un tableau volcanique où l’on nage entre blanc, noir et turquoise.
El Jablillo, l’option tranquille à Costa Teguise
Pour une sortie plus familiale ou une première approche, Playa del Jablillo, à Costa Teguise, coche beaucoup de cases. La plage est naturellement protégée du vent et des marées, et une digue renforce encore la tranquillité de ses eaux. C’est un site facile, rassurant, idéal pour ceux qui veulent profiter de l’eau sans chercher une mise à l’eau compliquée. Son intérêt vient de cette accessibilité. On peut y découvrir le snorkeling sans s’éloigner, en suivant les zones rocheuses et les bordures de la baie. La visibilité, lorsque les conditions sont bonnes, permet d’observer la vie marine dans un cadre très confortable. Ce n’est pas le spot le plus sauvage de Lanzarote, mais c’est l’un des plus pratiques pour mêler baignade, découverte et observation sous-marine.
Punta Mujeres, entre village blanc et piscines de lave
Sur la côte nord-est, Punta Mujeres propose une autre manière de vivre la mer. Ici, pas de grande plage ouverte, mais une succession de piscines naturelles creusées ou protégées par la roche volcanique. Sur environ deux kilomètres, ces bassins offrent une baignade très typique de Lanzarote, entre maisons blanches, escaliers aménagés, lave noire et Atlantique en arrière-plan. Pour le snorkeling, l’ambiance est plus intimiste. On explore de petits bassins, on observe les rochers, les anfractuosités, les poissons qui passent dans les zones plus calmes. C’est moins une grande randonnée palmée qu’une immersion dans l’ADN côtier de l’île. Punta Mujeres rappelle que Lanzarote n’a pas besoin de lagons tropicaux pour séduire : ses piscines de lave suffisent à créer une expérience dépaysante.

La Graciosa, l’échappée sauvage
Depuis Órzola, on peut rejoindre La Graciosa en bateau, avec une traversée d’environ une demi-heure vers Caleta de Sebo. L’île voisine, plus petite, plus sauvage, offre un autre rythme : pistes sableuses, plages préservées, eaux turquoise et sensation d’isolement. Pour le snorkeling, La Graciosa vaut surtout pour son atmosphère. On y vient pour prolonger l’expérience de Lanzarote dans une version plus brute, moins urbanisée. Les eaux claires, les plages tranquilles et les paysages ouverts donnent à la baignade un goût d’aventure douce. À condition, bien sûr, de choisir les secteurs abrités et de rester attentif à l’état de la mer, car l’Atlantique peut vite rappeler qu’il n’est jamais totalement domestiqué.
Une expérience à vivre avec respect
Le snorkeling à Lanzarote est accessible, mais il demande quelques réflexes simples. Choisir les criques abritées, éviter les jours de houle, entrer prudemment sur les rochers, porter des chaussures d’eau si nécessaire, ne pas toucher la faune et ne rien prélever. L’île est belle parce qu’elle reste minérale, fragile, parfois rugueuse. C’est aussi ce qui fait son charme.
Lanzarote n’est pas une destination de snorkeling comme les autres. On n’y cherche pas seulement des poissons colorés ou des eaux transparentes. On y vient pour une ambiance : celle d’un monde volcanique qui continue sous la surface, d’un Atlantique clair posé sur des fonds noirs, d’une île où la mer semble avoir englouti un morceau de lune. Et c’est précisément cette étrangeté qui rend chaque mise à l’eau inoubliable.

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