La pêche au calmar de nuit en été : la sortie qui change des sessions classiques

Pêche en mer

Quand le soleil disparaît derrière l’horizon, que les plages se vident et que la mer retrouve son calme, une autre ambiance s’installe sur l’eau. Plus douce, plus silencieuse, presque confidentielle. C’est souvent à ce moment-là que commence l’une des sorties les plus agréables de l’été : la pêche au calmar de nuit.

Quand le soleil disparaît derrière l’horizon, que les plages se vident et que la mer retrouve son calme, une autre ambiance s’installe sur l’eau. Plus douce, plus silencieuse, presque confidentielle. C’est souvent à ce moment-là que commence l’une des sorties les plus agréables de l’été : la pêche au calmar de nuit.

© AdobeStock - antoine

Loin des sessions classiques en plein soleil, des dérives bruyantes et des spots très fréquentés, cette pêche a quelque chose de particulier. On part à la tombée du jour, on prépare quelques turluttes, une lampe, un peu de patience, et l’on se laisse porter par une atmosphère totalement différente. La mer devient noire, les lumières du port scintillent au loin, et chaque touche prend une autre dimension. La pêche au calmar n’est pas seulement une affaire de technique. C’est aussi une sortie de sensations. En été, quand les journées sont longues et parfois étouffantes, partir en soirée permet de profiter d’un moment plus frais, plus calme et souvent plus agréable à vivre à bord. L’ambiance change complètement. Plus besoin de lutter contre la chaleur ou l’agitation de la journée. On navigue dans une lumière rasante, puis dans la nuit, avec seulement quelques repères : le clapot contre la coque, les reflets de la lune, les feux des bateaux, les halos lumineux près des quais ou des digues. La pêche devient presque contemplative.

C’est d’ailleurs ce qui séduit beaucoup de plaisanciers. Même quand les prises ne sont pas au rendez-vous, la sortie reste plaisante. On partage un moment simple, souvent entre amis ou en famille, avec cette impression de vivre la mer autrement.

 

Pourquoi le calmar se pêche-t-il bien la nuit ?

Le calmar est un prédateur opportuniste, attiré par les petits poissons, les crevettes et les zones où la nourriture se concentre. La nuit, il se rapproche volontiers des secteurs éclairés ou des zones où l’activité reprend discrètement sous la surface. Les lumières jouent un rôle important. Près des ports, des digues, des pontons ou des bateaux équipés d’un éclairage adapté, elles attirent d’abord le petit poisson. Et derrière ce petit poisson, il n’est pas rare de voir arriver les calmars. C’est cette chaîne toute simple qui rend la pêche nocturne si intéressante.

En été, les conditions sont souvent favorables pour tenter l’expérience : mer plus maniable en soirée, météo plus stable, températures agréables, navigation courte possible depuis un port ou un mouillage. Même si certaines périodes de l’année peuvent être plus réputées selon les régions, la sortie estivale garde un vrai intérêt, surtout pour son confort et son côté accessible.

 

Le matériel : simple, léger et efficace

L’un des grands avantages de la pêche au calmar, c’est qu’elle ne demande pas un équipement compliqué. Une canne légère, un moulinet garni d’une tresse fine ou d’un nylon adapté, quelques turluttes de tailles et de couleurs différentes, et l’essentiel est déjà là.

La turlutte reste la star de cette pêche. Avec son corps coloré et sa couronne d’aiguilles, elle imite une petite proie et permet de capturer le calmar sans ferrage brutal. Les modèles phosphorescents, roses, oranges, verts ou naturels peuvent fonctionner selon la luminosité, la clarté de l’eau et l’humeur du moment. La clé, c’est souvent de varier. Changer de couleur, de taille, de profondeur, ralentir l’animation, laisser descendre un peu plus longtemps. Le calmar peut être curieux, mais il peut aussi se montrer méfiant. Une animation trop rapide ou trop nerveuse peut parfois le faire fuir. Il faut trouver le bon tempo : quelques tirées souples, une pause, une descente contrôlée, puis à nouveau une animation lente.

 

Où tenter sa chance ?

Les meilleurs secteurs sont souvent ceux où la vie se concentre. Les abords de digues, les entrées de port, les zones rocheuses, les herbiers, les tombants modérés ou les fonds mixtes peuvent offrir de belles surprises. Les calmars aiment les zones où ils peuvent chasser facilement, avec un peu de profondeur et de passage. Depuis un bateau, l’idéal est de se placer en dérive lente ou de prospecter calmement plusieurs zones, sans bruit excessif. Il n’est pas nécessaire de partir loin. Beaucoup de sorties réussies se font à faible distance du port, à condition de choisir un secteur vivant et de rester attentif aux conditions.

Depuis le bord, certains quais, jetées ou digues bien exposés peuvent aussi permettre de pêcher efficacement, à condition que la pratique y soit autorisée. La sécurité doit rester prioritaire : de nuit, les rochers, les enrochements et les zones humides deviennent vite piégeux.

 

Une pêche fine, presque tactile

La touche du calmar n’a rien à voir avec celle d’un poisson combatif. Il n’y a pas toujours de coup sec, pas toujours de départ franc. Parfois, on sent seulement un poids étrange, une résistance molle, comme si la turlutte s’était chargée d’une algue. C’est souvent à ce moment-là qu’il faut rester calme. Le geste doit être souple. On ne ferre pas violemment. On accompagne, on garde la tension, on remonte régulièrement sans à-coups. Le calmar peut se décrocher si la ligne se détend ou si l’on force trop. Toute la pêche repose donc sur la douceur et la régularité. Et puis il y a ce petit suspense au moment où la prise approche de la surface. Une forme claire apparaît dans le faisceau de la lampe, les tentacules se dessinent, l’animal pulse doucement dans l’eau. C’est discret, presque silencieux, mais toujours très satisfaisant.

Ce qui rend cette pêche si agréable en été, c’est qu’elle change complètement des habitudes. On ne part pas pour une grande journée en mer. On ne prépare pas une expédition lourde. On peut improviser une sortie courte après le dîner, profiter de deux ou trois heures sur l’eau, rentrer tranquillement et garder l’impression d’avoir vécu une vraie parenthèse. C’est aussi une pêche très conviviale. Elle se pratique sans stress, sans matériel encombrant, avec un rythme plutôt lent. Chacun peut participer, observer, tenir une canne, changer une turlutte, éclairer la zone ou simplement profiter du moment. Pour des plaisanciers qui veulent varier les sorties estivales, c’est une excellente option.

 

Sécurité et réglementation : les bons réflexes

Comme toujours en mer, la simplicité ne doit pas faire oublier les règles de base. De nuit, la vigilance doit être renforcée : feux de navigation en état, lampe frontale, gilet à portée de main, téléphone chargé, météo vérifiée, retour anticipé si le vent se lève ou si la visibilité se dégrade. Il faut également vérifier la réglementation locale avant de pêcher. Certaines zones sont interdites ou limitées, notamment près des ports, dans les réserves, les parcs naturels ou certains secteurs protégés. Les règles peuvent varier selon les espèces, les périodes et les lieux. Mieux vaut se renseigner avant de partir plutôt que de découvrir une restriction une fois sur place. La pêche au calmar de nuit en été n’est pas forcément la sortie la plus spectaculaire. Ce n’est pas celle des grands combats ni des prises impressionnantes. Mais c’est justement ce qui fait son charme. Elle offre autre chose : une mer plus calme, une lumière différente, un rythme plus lent, une attention plus fine aux détails.

On y va pour pêcher, bien sûr. Mais on y retourne souvent pour l’ambiance. Pour cette sensation de partir quand les autres rentrent. Pour le silence du soir, les reflets sur l’eau, la fraîcheur retrouvée après une journée chaude. Et parfois, au bout de la ligne, pour ce calmar qui apparaît soudain dans la lumière, comme une petite récompense venue de la nuit.

 

Et avant de partir pêcher, ayez les bons réflexes en consultant la météo sur METEO CONSULT Marine et en téléchargeant l'application mobile gratuite Bloc Marine.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.