Eolien en mer: le retard américain

Lundi 11 février 2013 à 12h42

Europe: 1.662. Etats-Unis: zéro. La première éolienne américaine en mer ne commencera à produire de l'électricité qu'en 2015, au large de Cape Cod dans le nord-est du pays. Si tout va bien.

Europe: 1.662. Etats-Unis: zéro. La première éolienne américaine en mer ne commencera à produire de l'électricité qu'en 2015, au large de Cape Cod dans le nord-est du pays. Si tout va bien.

Les Américains sont assis sur une montagne de charbon et de gaz naturel, alors pourquoi financer une énergie nouvelle et plus chère, surtout quand la croissance peine à redémarrer ?


Comme le rappelle Jim Lanard, un vétéran de l'éolien devenu lobbyiste à Washington, les Européens ont très tôt subventionné les énergies renouvelables car en Europe, il n'y a pas d'hydrocarbures.


"Si vous venez d'un Etat riche en charbon, que vous soyez démocrate ou républicain, peu importe, vous soutiendrez une politique énergétique centrée sur le charbon" explique-t-il.


Le charbon fournit 37% de l'électricité américaine, devant le gaz naturel (30%) et, loin derrière, l'éolien (3,4%), qui progresse vite mais exclusivement sur terre.


Ce retard et la modestie des subventions illustrent aussi la relative indifférence des Américains face au changement climatique.
Mais les éoliennes vont bientôt être mieux aidées. Un discret article de l'accord budgétaire voté in extremis le 1er janvier permettra aux chantiers éoliens, en 2013, de toucher -dès la première pierre- une subvention égale à 30% du coût des investissements.


Deux parcs en profiteront: les 130 turbines de la société Cape Wind, au large du Massachusetts, qui alimenteront notamment les maisons de Martha's Vineyard, une île célèbre pour les vacances du président Barack Obama et ses habitants VIP. L'un d'eux, le milliardaire conservateur Bill Koch, a lancé des procès contre le projet pendant des années, en vain.


Un petit parc de cinq éoliennes suivra, à cinq kilomètres de l'île de Block Island, dans le Rhode Island, pour remplacer les générateurs diesel actuels.


Coût supérieur en mer


Mais l'électricité produite par des éoliennes en mer coûte deux à trois fois plus cher que celle produite par des éoliennes terrestres, estime Steve Clemmer, directeur de recherche sur les énergies à l'Union of Concerned Scientists, une ONG écologiste.


Cape Wind vendra la sienne 18,7 cents par kilowattheure la première année. Par comparaison, une usine thermique au charbon peut produire de l'électricité à environ 10 cents/kWh, selon les conditions. Et l'éolien terrestre est encore moins cher.


Le travail de repérage en mer est onéreux: il faut prélever des échantillons à plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Evaluer les risques pour les mammifères marins et la pêche. Affréter des bateaux pour transporter le matériel et les ouvriers.


Certains Etats pourtant bien positionnés comme le New Jersey ont laissé mourir certains projets. Des opérateurs ont jeté l'éponge, faute de financement.


Mais le jeu peut valoir l'investissement. Les vents soufflent plus fort au large. Le gouvernement estime le potentiel à 3.800 mégawatts (MW) pour dix projets, l'équivalent de trois centrales nucléaires, et de quoi alimenter des millions de foyers dans le très dense Nord-Est.


La nouvelle technologie des turbines "flottantes", situées à plusieurs kilomètres des côtes, résout aussi le problème central de l'éolien: les nuisances visuelles et sonores. Le Maine a approuvé un premier contrat.


Les créations d'emplois sont l'ultime carotte pour les gouverneurs les plus frileux. "Si vous êtes le premier, vous serez le premier à recevoir des investissements industriels sur terre, à créer des emplois, à avoir la première usine de construction des turbines", plaide Michael Conathan, du Center for American Progress, un centre de réflexion.


Malgré leur lenteur, les Etats-Unis restent en avance sur un pays européen de taille, la France. Les quatre premiers parcs français d'éolien en mer ne verron&t le jour qu'entre 2016 et 2020.
 

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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