Le surf comme antidote à la misère des township du Cap

Mardi 19 août 2014 à 11h57

Pour fuir la violence de son miséreux township de la banlieue du Cap, Luxolo Ponco plonge dans l'océan avec une planche de surf. Malgré les requins.

Pour fuir la violence de son miséreux township de la banlieue du Cap, Luxolo Ponco plonge dans l'océan avec une planche de surf. Malgré les requins.

"Quand les gangs se battent entre eux, je viens ici pour faire du surf, et je me sens en sécurité", explique un jeune homme de 17 ans sur la plage de Monwabisi, en contrebas du gigantesque township noir de Khayelitsha, un amas de bidonvilles construits sur des dunes, et tristement connu pour sa violence.

La sécurité est pourtant toute relative. Un requin a attaqué un surfeur à quelques kilomètres de là début août, et un pêcheur a été abattu par des voleurs sur la plage en juin.

Luxolo n'en a cure. Il est l'un des 250 habitués de Waves for Change ("des vagues pour changer"), une ONG fondée par le surfeur britannique Tim Conibear qui donne un cadre social aux gamins paumés des townships.

En ce froid matin d'hiver austral, ils sont une trentaine à se préparer dans le local de l'association, un vieux conteneur entouré d'un mur de parpaings - sur lequel ont été peintes des fleurs - surmonté de lames de rasoir, pour éviter les intrusions.

Le plus jeune a 7 ans. Ils ajustent leurs combinaisons offertes par des sponsors, certaines sont un peu larges et laisseront sans doute passer l'eau glacée de l'Atlantique. Plusieurs planches sont plus qu'usées...

Qu'importe! Après un échauffement énergique fait de chants et des danses traditionnelles, ils s'élancent vers l'océan avec une confiance étonnante.

"J'aime trop surfer", rigole Thozamile Nompondo, un svelte garçon de 19 ans qui est maintenant un "jeune leader" du projet après trois ans de surf.

Ado, il reniflait de la colle et fumait des joints, et ses amis du township le poussaient à rejoindre l'un des gangs.

"Depuis que j'ai commencé à surfer, j'ai dit "plus de gangsters!" Ca a changé ma vie."

Les enfants "apprennent à croire en eux-mêmes et se rendent compte qu'ils peuvent atteindre leurs objectifs", se réjouit Nolwazi Makhuluphala, une responsable de l'ONG.


Accros au surf


La plupart des jeunes surfeurs ne savaient pas nager quand ils ont rejoint Waves for Change et avaient à peine vu la plage, pourtant à deux pas de Khayelitsha.

"Il y a cette ressource incroyable à leur porte! Les gens dans d'autres régions paient des millions pour vivre près de la plage", s'enthousiasme Tim Conibear.

Venu en Afrique du Sud avec l'ambition de faire du vin, ce surfeur de 32 ans est tombé amoureux du Cap et d'une femme du coin qu'il a épousée.

Touché par le triste sort des habitants des townships, il a créé l'ONG pour attirer les enfants vers le surf, au point d'en faire leur passion.

Le programme "favorise un apprentissage actif, des discussions ouvertes et une connexion à des soutiens supplémentaires dans le domaine social, la santé ou l'éducation", explique-t-il.

La plupart des garçons et quelques filles présents ont subi traumatisme émotionnel, mauvais traitements, sévices sexuels et/ou violence domestique, ou ont été livrés à eux-mêmes. Beaucoup ont été aiguillés vers le programme par leurs écoles où ils étaient en difficulté.

MacGyver Ngeyakhe, 26 ans, est le responsable des opérations de l'ONG à Khayelitsha. Arborant un grand sourire éclairci par quelques dents manquantes, ce garçon tatoué connaît bien ce qu'ont traversé les enfants dont il a la garde.

"J'ai été un mauvais garçon. La mer m'a aidé à changer", dit-il.

Preuve que la mer est maintenant en train de changer les jeunes qui lui sont confiés, il souligne qu'"ils voulaient encore surfer le jour de l'attaque de requin" au début du mois d'août.

Asenathi, un garçon timide de 13 ans, a une explication très sud-africaine quand on lui demande pourquoi il voulait quand même retourner à l'eau.

"Nous avons peur des requins, mais nous nous sommes dit "aucun Noir n'a jamais été mangé par des requins. C'est toujours des Blancs" (ce qui est faux, ndlr). C'est ce que nous nous sommes dit pour rester forts !"

Sous le régime raciste de l'apartheid, les meilleures plages étaient réservées aux Blancs, et on n'aurait jamais vu un Noir des townships sur une planche de surf.
 

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Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.