Pneumatiques : quel tissu choisir et comment le réparer...

Mardi 12 mars 2019 à 6h27

Si le pneumatique est un équipement incontournable pour un bateau de croisière, son utilisation ne s'arrête pas là. Il est devenu pour beaucoup de plaisanciers une embarcation facile à utiliser, transporter et hiverner. Il faut bien le choisir ! De l'annexe au bateau habitable, il y a cependant un point qui fait toujours débat : le choix du tissu.

Deux tissus se partagent le marché : le PVC et l'Hypalon/néoprène, un caoutchouc synthétique. Le PVC est le matériau le plus présent mais sans aucun doute le plus décrié. ©©Romain Sandt/Zodiac
Si le pneumatique est un équipement incontournable pour un bateau de croisière, son utilisation ne s'arrête pas là. Il est devenu pour beaucoup de plaisanciers une embarcation facile à utiliser, transporter et hiverner. Il faut bien le choisir ! De l'annexe au bateau habitable, il y a cependant un point qui fait toujours débat : le choix du tissu.

Hypalon ou PVC : deux techniques de fabrication différentes

Deux tissus se partagent le marché : le PVC (chlorure de polyvinyle) et l’Hypalon/néoprène, un caoutchouc synthétique. Le PVC est le matériau le plus présent mais sans aucun doute le plus décrié. C’est le plus utilisé pour une raison simple : sa mise en œuvre. Si elle demande de gros moyens techniques qui nécessitent de l’outillage important pour la fabrication, cette dernière est automatisée. La toile est découpée par une machine et l’assemblage des différents éléments est fait par collage sous haute fréquence. Cette technique parfaitement maîtrisée permet d’obtenir une finition parfaite.

L'Hypalon demande pour sa mise en œuvre moins de moyens techniques mais beaucoup de personnel qualifié. Si le découpage du tissu peut être réalisé par une machine, l’assemblage et le collage à froid restent une opération en partie manuelle.

Hypalon et PVC : pas égaux devant les éléments extérieurs

Le soleil, le sel et les hydrocarbures sont des éléments néfastes pour les tissus. On a tendance à dire que les rayons UV et les hydrocarbures sont sans effet sur l’Hypalon et nuisibles au PVC, c’est une image un peu dépassée et qu’il faut nuancer. En pratique, l’Hypalon est peu sensible aux UV mais le reste aux hydrocarbures. En leur présence, il a tendance à gonfler. Le PVC est plus sensible aux UV que l’Hypalon et avec les hydrocarbures, dans des conditions extrêmes, il durcit et peut aller jusqu’à se déplastifier. Mais, dans la pratique, on ne navigue pas nécessairement dans une nappe de pétrole.

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Le soleil, le sel et les hydrocarbures sont des éléments néfastes pour les tissus. L'Hypalon est peu sensible aux UV mais le reste aux hydrocarbures. Le PVC est plus sensible aux UV que l'Hypalon.© © Romain Sandt/Zodiac

Le bon usage d’un pneumatique

Le point le plus important est la pression de gonflage des boudins. Elle est fixée par le constructeur. Un sous gonflage ou une surpression engendreront des dégâts importants qui pourront aller jusqu’aux ruptures des assemblages voire à celles des cloisons internes. Il faut savoir que les bateaux en PVC sont sensibles aux variations de températures. Lorsque le bateau est au soleil, par exemple sur une plage, il est conseillé de légèrement dégonfler les boudins pour éviter les surpressions. L’Hypalon est également sensible à la température mais dans une moindre mesure. L’idéal pour avoir la bonne pression est d’utiliser un manomètre. Il peut être indépendant ou intégré au gonfleur. C’est un équipement peu onéreux qui permet de gonfler à la bonne pression. Avec un peu de pratique, on peut estimer si la pression est correcte en appuyant avec le poing sur l’arrière du boudin. S’il s’enfonce d’une façon importante, le boudin est sous gonflé, s’il ne s’enfonce pas, il est trop gonflé et lorsqu’il s’enfonce légèrement, la pression est bonne. Le gonflage, s’il a son importance sur la durée de vie des flotteurs, a également une part non négligeable sur le comportement du bateau. Sous-gonflé, le bateau est moins manœuvrant et la consommation de carburant est plus importante. Surgonflé, ne pensez pas qu’il déjaugera plus vite et, à régime moteur constant, qu’il aura une vitesse supérieure. Ce sont des idées reçues. La seule conséquence est l’usure prématurée, voire irréversible des boudins. En résumé, respectez la pression indiquée par le constructeur et, en cas de forte chaleur, pensez à le dégonfler légèrement, en particulier pour ceux réalisés en PVC.

Ne pas négliger l’entretien

Laver régulièrement votre bateau avec un produit adapté car le sel et le soleil sont les deux ennemis du PVC et de l’Hypalon. Ce dernier est toutefois moins sensible. Pour l’hivernage, après un nettoyage sérieux, il est conseillé, si vous en avez la possibilité, de le gonfler modérément (simplement mis en forme) et de le stocker dans un endroit sec à l’abri de la lumière et des intempéries.

Réparer un bateau pneumatique

Il est toujours livré avec une trousse de réparation. Dans la pratique, ne comptez pas trop sur elle. Lorsque l’on en a besoin, bien souvent, la colle est périmée. Une petite crevaison (PVC ou Hypalon) est tout à fait réparable par un plaisancier. Mais, attention, les produits utilisés pour le PVC et l’Hypalon sont différents.

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Un PVC doit être réparé avec du PVC, l'Hypalon avec de l'Hypalon. Les colles sont également spécifiques. Pour le PVC, c'est du mono-composant, pour l'Hypalon du bi-composant. Demandez conseil à un spécialiste© ©Albert Brel

Pour une réparation réussie, il faut procéder en cinq phases.

  1. Choisir un jour où le degré d’hygrométrie est faible et, par beau temps, opérer à l’abri du soleil, du vent et de la poussière.

  2. Déterminer l’endroit où se trouve le trou, bien nettoyer la zone et la dégraisser avec un produit adapté. On peut utiliser un dégraissant spécifique, de l’acétone ou mieux du MEK (Méthyl-Ethyl-Cetone ou Butanone). La rustine, beaucoup plus grande que le trou, sera nettoyée avec le même produit.

  3. Effectuer la réparation sur une surface plane.

  4. Enduire la partie à réparer ainsi que la rustine d’une fine couche de colle. Lorsque celle-ci n’adhère plus au doigt en passer une deuxième voire une troisième couche.

  5. En dernier, appliquer la rustine sur le boudin en prenant soin de bien presser la pièce sur celui-ci. On peut utiliser un morceau de bois et un marteau. Une fois l’opération terminée, on peut nettoyer les bords (excès de colle) avec le dégraissant.

Remarques importantes

Un PVC doit être réparé avec du PVC, l’Hypalon avec de l’Hypalon. Les colles sont également spécifiques. Pour le PVC c’est du mono-composant, pour l’Hypalon du bi-composant. Demandez conseil à un spécialiste pour avoir les produits adaptés.

Notre avis 

PVC ou Hypalon ? Un bateau en PVC, compte tenu de l’outillage nécessaire à sa réalisation, ne peut être fabriqué que par une grosse société et sa finition est bien souvent irréprochable. C’est moins évident pour l’Hypalon qui peut être plus facilement mis en œuvre. En pratique, si vous vous tournez vers une société importante reconnue pour son sérieux, que vous optiez pour le PVC ou l’Hypalon, vous aurez en principe peu de problèmes. Car, s’il y a bien sûr les moyens utilisés pour la fabrication, il faut, en premier, tenir compte de la matière première, le tissu. On trouve sur le marché des tissus en PVC comme en Hypalon de bonne qualité, de qualité moyenne et de qualité médiocre et là, le sérieux du constructeur est un atout important. En conclusion, sur deux bateaux, l’un en PVC, l’autre en Hypalon, s’ils sont bien réalisés, un examen visuel ne permet pas de faire la différence. Le seul examen qui permette de lever le doute est l’examen des boudins au niveau des collages ou des pièces rajoutées (mains courantes, taquets, réparation, etc.), sur ceux réalisés en Hypalon, on voit apparaitre des petits fils.

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.