Hivernage moteur : les conseils d’un pro

Mardi 1 novembre 2016 à 15h27

Que vous possédiez un voilier ou un bateau moteur, l’hivernage du moteur est un point qu’il ne faut pas négliger car de lui dépendra son bon fonctionnement à sa remise en service. Pour en savoir plus nous avons interrogé la société Chatelais et Le Gall à Saint-Malo, l’une des plus anciennes dans ce port.


Atelier mécanique

Chatelais et Le Gall une affaire de famille depuis plus de 63 ans
Ce chantier a été fondé par Pierre Chatelais et Roland Le Gall (père) en 1952. A cette époque, la pêche malouine vers Terre-Neuve était florissante. Au retour de campagne, la mécanique avait souffert et demandait une remise en état avant la prochaine campagne. Ces deux hommes ne comptaient pas leur temps et c’était à bicyclette qu’ils se rendaient sur les bateaux. Mais il y avait aussi la pêche locale car les bateaux, nombreux à cette époque, demandaient beaucoup d’entretien.
Le chantier prend de l’ampleur et compte jusqu’à 20 salariés. En 1982, après trente ans passé dans le chantier, Roland Le Gall cède la main à son fils Roland, officier mécanicien sur la Brittany Ferries et le fils de Pierre Chatelais, Daniel, rejoint le chantier qu’il quittera en 2001 pour prendre la responsabilité du service avitaillement à la compagnie des Pêches de Saint-Malo. A partir de cette date, Roland Le Gall devient le PDG de la société.
Cette société d’une surface de 1346 m² avec 20 mètres de ponton emploie une quinzaine salariés. Elle reste l’une des plus connues de Saint-Malo. Il faut dire qu’elle représente les principales marques de motorisation (Volvo, Yanmar, Nanni, Beaudouin, Caterpillar et ZF). Le travail se partage entre 45 % sur les bateaux professionnels (pêche et marchande), 45% de plaisance et 10% d’industrie avec l’usinage de pièces qui peuvent aller d’un arbre d’hélice aux pompes des Thermes Marins. Cette polyvalence, le stock important de pièces (plus de 7000 références) et un dossier de suivi de chaque bateau, sont des éléments qui font la renommée de ce chantier.

Comment réussir son hivernage ?
Pour Roland Le Gall, il faut dissocier un hivernage à terre d’un à flot. Pour lui, si le bateau reste à flot, l’idéal est de faire tourner son moteur régulièrement pendant l’hiver, par exemple, une fois par semaine en prenant la précaution, si on reste à quai d’embrayer le moteur pour éviter de glacer les cylindres. Malheureusement, peu de plaisanciers peuvent se le permettre.

L’hivernage
En premier, il faut impérativement faire tourner le moteur dans l’eau douce et terminer avec un liquide de refroidissement. Ce dernier met le moteur hors gel et protège la turbine de pompe à eau et les Durit. Le réservoir de carburant doit être plein pour éviter la condensation propice aux développements des bactéries. Pour minimiser le risque, il est recommandé de mettre un produit spécifique dans le carburant, par exemple, du Mexpro.

Combattre l’humidité
L’humidité sur un bateau est un mal sournois qui attaque les pièces mécaniques. Pour la minimiser, on peut placer des absorbeurs d’humidité dont l’efficacité est moyenne. L’idéal est de pouvoir chauffer si on dispose d’une borne électrique. Mais, attention, pas avec n’importe quel chauffage, il doit être conçu pour pouvoir rester branché constamment et consommer peu. A cet effet, on trouve sur le marché des chauffages tubulaires, importés par ATMB, et présents dans les catalogues des accastilleurs. Ils présentent de nombreux avantages : consomment peu, suivant le modèle de 45 à 180 watts (0,2 ampères sous 230 volts), se présentent sous la forme d’un tube (305 à 1220 mm), sont protégés contre les surchauffes et les courts-circuits. Un tel chauffage dont le prix n’excède pas 50 € pour le plus puissant, maintient le compartiment moteur sec et hors gel.

Eviter les fuites électriques
Pour éviter les fuites électriques et les problèmes d’électrolyses, il faut lors de l’hivernage charger les batteries à 100% et ensuite les isoler avec les coupes batteries. Avec les nouvelles générations de batteries, il est inutile de laisser branché un chargeur, une éolienne ou un panneau solaire pour les maintenir à pleine charge. Si vous avez à bord un chauffage tubulaire, il est impératif que la ligne 230 volts soit protégée par un disjoncteur différentiel.


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