Faut-il craindre les batteries Lithium à bord ?

Bon nombre de plaisanciers que nous avons rencontré, hésite à s’équiper de batterie Lithium par crainte d’incident grave comme l’incendie. Pour en savoir plus, nous nous sommes rapprochés des constructeurs non seulement de batteries mais aussi des équipementiers qui fabriquent des éléments pour sécuriser l’installation à bord.

Les équipements sensibles à bord

On a tendance à ne parler que des batteries Lithium comme équipement susceptible de prendre feu ou d’exploser à bord des bateaux. L’une des raisons, les informations diffusées sur les incendies survenus sur des véhicules terrestres de la voiture à la trottinette. En réalité, les causes de ces incendies sont bien souvent dues, non pas à la batterie, mais à ses périphériques comme le chargeur ou le câblage. Sur un bateau, il en est de même. D’autres équipements sont également sensibles comme le gaz, le carburant, le chauffage, etc. Sur un équipement au gaz, présent sur la majorité des bateaux, lorsqu’il y a un accident, c’est rarement dû au stockage du gaz (bouteille) mais à sa distribution : tuyauterie non conforme ou périmée, voire à la cuisinière pas entretenue.

Alternateur sur un moteur Volvo
Alternateur sur un moteur Volvo


Pourquoi les batteries au Lithium sont plus sensibles que les autres technologies ?

Les batteries à électrolyte liquide (ouvertes ou fermées), les GEL, les AGM, lorsqu’elles sont en charge que ce soit à l’aide d’un chargeur, d’un alternateur, de panneaux solaires ou d’éoliennes, ne demandent qu’un courant relativement faible. Par exemple, les chargeurs nouvelles générations travaillent en trois phases (boost, absorption, floating). Pendant le boost le courant fournit est maximal, la tension croît vers son maximum, l’absorption maintient la tension maximum et le courant décroît, lors du floating la tension est maintenue constante et le courant minimum, en fonction de la demande. Un cycle de charge complet demande 12 heures. Si on observe la charge lorsque le moteur tourne et que l’alternateur est en service, on constate que le courant est maximum pendant un temps court pour se stabiliser rapidement à quelques ampères. Il est évident que si l’on consomme pendant la charge (chargeur ou alternateur) ces derniers fournissent, en fonction de leur puissance, le courant demandé. Les batteries au Lithium ont un comportement différent ce qui en fait les avantages, mais qui demande certaines précautions. Les batteries standard (électrolyte liquide, GEL, AGM) doivent être rechargées avec un courant moyen qui n’excède pas 10% à 15% de leur capacité et elles ne doivent pas être déchargées à plus de 30% sans risque de la détériorer. Par exemple, sur une batterie de 100 Ah, on ne dispose que de 70 ampères (70%) et le courant de charge moyen est de 10 à 15 ampères (10% à 15%). Une batterie au Lithium peut être déchargée à 100% et être rechargée avec un courant égal à sa capacité. Si on reprend notre batterie de 100 Ah, avec du Lithium, on dispose de 100 ampères et on peut la recharger en une heure. Deux avantages : capacité importante et temps de recharge réduit mais qui nécessite quelques modifications sur le circuit de charge de bord.


Les équipements d’origine sont rarement adaptés au Lithium

Nous avons vu qu’avec une batterie standard, le courant de charge, quel que soit le moyen (chargeur, alternateur, solaire éolienne) est maximum pendant un temps relativement court. Les chargeurs nouvelles générations sont conçus pour fournir une courbe de charge conforme à ces spécificités, courbe qui peut être réglée en fonction de la technologie. Les autres moyens (alternateur, solaire, éolienne) sont équipés d’un régulateur qui ajuste la charge pour éviter toute surcharge. Les batteries au Lithium, à l’inverse des autres technologies, demandent un courant maximum, par exemple sur une batterie de 100 Ah un de 100 ampères. Ce n’est pas un problème sur les chargeurs nouvelles génération (charge UI) une sortie est prévue. Il n’en est pas de même pour les autres moyens de recharge et pour le câblage, comme nous allons le voir. Un alternateur est conçu pour fournir un courant donné. Sur les moteurs de bateaux, suivant la puissance, en standard, ils sont équipés d’alternateur de 50 à 100 ampères. Ils peuvent fournir ce courant pendant un temps relativement court par exemple au démarrage ou lorsque l’on utilise le guindeau. Si on connecte une batterie Lithium déchargée de 100 Ah, elle va demander 100 ampères à l’alternateur pendant une heure. Il va chauffer et peut prendre feu. De même, d’origine, les câbles entre l’alternateur, le chargeur ou les autres équipements de recharge ne sont pas dimensionnés pour laisser passer un courant important pendant un temps long. Ils chauffent et peuvent aussi prendre feu.


Ce qu’il faut modifier

Tout d’abord, il faut vérifier le câblage entre les moyens de recharge et les batteries. En standard, ils sont sous dimensionnés, il faut les changer. Pour éviter une détérioration de l’alternateur, les équipementiers ont imaginé des relais de couplage batteries (RCB). Leurs fonctions sont de limiter le courant vers la batterie Lithium pour prévenir la surcharge et de protéger la batterie de démarrage moteur généralement au plomb. Ce RCB doit posséder une molette de réglage (version ajustable recommandée) qui permet d’ajuster le courant. Par exemple pour un alternateur de 100 ampères, limiter le courant à 60 ampères pour la batterie au Lithium.
En résumé, si vous optez pour le Lithium :
-    Ne jamais mettre en parallèle ou série des batteries Lithium avec des batteries au plomb quelle que soit la technologie.
-    Vérifier le câblage entre les producteurs de courant (alternateur, chargeur, etc.) vers les batteries Lithium. Il doit être dimensionné en fonction du courant.
-    Utiliser un RCB pour limiter le courant et éviter la détérioration de l’alternateur.
             
 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.