Aqua d’Aïa à Beaulieu : « Nous voulons faire vivre une vraie expérience en mer »
Le Figaro Nautisme : Pouvez-vous présenter Aqua d’Aïa et revenir sur la genèse de l’entreprise ?
Virginie Masson : "Aqua d’Aïa est une société toute récente, qui existe depuis 3 ans. Nous sommes installés sur le port de Beaulieu-sur-Mer, un port qui vient d’être entièrement refait et qui est aujourd’hui magnifique. Notre spécialité, c’est la location de bateaux à voile et de catamarans à voile. Nous sommes propriétaires d’un voilier monocoque de 14 mètres.
C’est une aventure familiale. Nous travaillons à 2, mari et femme, et notre fils travaille aussi avec nous sur la partie entretien. Pour nous, c’est une reconversion professionnelle. Mon mari a toujours été passionné par la mer et les bateaux. Il a fait ses classes dans la Marine nationale, à Brest, puis il a toujours eu des voiliers. Moi, je suis niçoise, lui vient de l’Est, et quand nous nous sommes rencontrés, il m’a transmis sa passion. À un moment, nous nous sommes dit que nous allions changer de métier pour faire de la mer notre activité."
Le Figaro Nautisme : Quelles sont aujourd’hui vos principales activités ?
Virginie Masson : "Notre activité principale, c’est la location. Nous faisons du charter à la semaine et à la journée sur la zone Méditerranée, mais sur un périmètre volontairement réduit. En général, nous naviguons de Monaco jusqu’aux îles du Levant, et nous proposons aussi des séjours d’une semaine et nous allons alors jusqu'en Corse.
Notre spécificité, c’est une location premium avec un vrai service client. Nous sommes tous les 2 à bord : Stéphane s’occupe du bateau et de toute la partie technique, et moi je m’occupe davantage des clients et de la cuisine. Les gens arrivent, ils n’ont rien à faire, ils profitent, ils sont chouchoutés. C’est vraiment l’idée.
À côté de cela, nous faisons aussi du coaching sur nos bateaux et sur les bateaux de propriétaires. Nous assurons également de l’entretien, et Stéphane réalise pas mal de convoyages, par exemple pour acheminer des unités neuves jusqu’à leur propriétaire ou pour déplacer des bateaux entre différents salons. Cette diversité nous permet de travailler toute l’année. L’été est plus centré sur la location, et l’hiver davantage sur les convoyages et le coaching."
Le Figaro Nautisme : Combien de bateaux exploitez-vous aujourd’hui ?
Virginie Masson : "À l’année, nous avons notre propre bateau. Ensuite, selon les saisons, nous proposons aussi de la gestion-location, notamment sur les catamarans, qui est une activité en plein développement. Les propriétaires sont très demandeurs et, jusqu’à présent, nous étions assez pionniers dans ce domaine sur le bassin.
C’est une formule très intéressante pour les propriétaires ou les nouveaux acquéreurs, parce que nous proposons à la fois une place de port à Beaulieu, qui est un port haut de gamme, et une gestion-location qui leur permet de rentabiliser immédiatement leur unité. C’est un vrai service supplémentaire. Ce qui fait aussi la différence, c’est que nous travaillons avec nos propres équipes, ce qui permet de garder les bateaux dans un très bon état. Les propriétaires retrouvent leur unité bien entretenue, et cela compte aussi sur le marché de l’occasion."
Le Figaro Nautisme : Sur un bassin aussi concurrentiel que la Côte d’Azur, comment faites-vous la différence ?
Virginie Masson : "Le service, avant tout. C’est vraiment là que se fait la différence. Nous misons sur le côté premium, sur l’attention portée aux clients, mais aussi sur le fait que nous proposons une vraie expérience locale. Stéphane est là depuis très longtemps, et moi je suis du territoire, donc nous partageons vraiment des choses enracinées ici.
Nous pouvons faire découvrir des itinéraires, parler d’astronomie, proposer des rencontres avec les pêcheurs. Nous travaillons quasiment exclusivement au mouillage la nuit, donc l’expérience est très immersive. Nous proposons aussi de l’initiation à la voile. En fait, tout est personnalisé. Les trajets ne sont pas standardisés, nous nous adaptons toujours à ce que les gens ont envie de vivre."
Le Figaro Nautisme : La transmission semble occuper une place importante dans votre activité. Est-ce essentiel pour vous ?
Virginie Masson : "Oui, tout à fait. Nous transmettons à la fois notre passion et une certaine manière de vivre la mer. Il y a aussi une dimension écologique très importante, parce que nous avons 2 labels, et pour nous il est essentiel de transmettre le respect de la mer et l’attention que l’on doit lui porter.
Nous avons la chance d’être dans une zone Natura 2000 et dans le sanctuaire Pelagos, où nous rencontrons souvent des cétacés. C’est une zone privilégiée, et cela nous permet de faire beaucoup de pédagogie, d’information et de sensibilisation auprès des clients."
Le Figaro Nautisme : Pouvez-vous en dire plus sur vos engagements écoresponsables ?
Virginie Masson : "Oui. Nous avons un label RSE qui nous a été attribué par Initiative Nice Côte d’Azur, qui est notre partenaire depuis le début. Nous avons aussi un label délivré par First Mile, dans le cadre d’une initiative européenne visant à mettre en avant les comportements écologiques dans les activités touristiques.
Nous avons participé à cette démarche avec beaucoup de conviction, et cela s’est concrétisé par un vrai succès. Sur la Côte d’Azur, je crois que nous ne sommes que 2 acteurs en mer à avoir cette reconnaissance, aux côtés d’autres structures comme des campings ou des hôtels."
Le Figaro Nautisme : Quel type de clientèle accueillez-vous ?
Virginie Masson : "Nous avons des clientèles assez différentes selon les activités. Sur la location, nous travaillons à environ 90 % avec une clientèle américaine, grâce à un réseau de publication très performant aux États-Unis. Nous travaillons aussi un peu avec l’Asie, puis avec une clientèle européenne. Il y a aussi un peu de clientèle locale, bien sûr.
En revanche, pour le coaching, l’entretien et les autres services, la clientèle est surtout locale. Et oui, nous avons vraiment des profils très variés, du grand débutant à des plaisanciers déjà très expérimentés. Même quand on est confirmé, on ne sait pas toujours tout, et on peut toujours apporter quelque chose de complémentaire."
Le Figaro Nautisme : Qu’apportez-vous précisément sur la partie coaching ?
Virginie Masson : "Stéphane a une expérience très large. Il a beaucoup d’expérience à la voile, bien sûr, mais aussi au moteur et même dans le remorquage. Il a navigué sur différentes mers, donc il a un professionnalisme très étendu. Il ne se limite pas à la croisière ou à une seule pratique de la navigation.
C’est ce qui nous permet d’apporter un regard différent et de nous adapter à des besoins très variés, que ce soit pour une prise en main, pour progresser ou pour répondre à une problématique plus spécifique."
Le Figaro Nautisme : Quand quelqu’un passe une journée ou un séjour avec vous, qu’aimeriez-vous qu’il retienne avant tout ?
Virginie Masson : "Une vraie expérience. C’est vraiment cela qui compte le plus pour nous. Être sur un voilier, c’est déjà quelque chose de très différent de ce que l’on vit à terre. Nous accueillons souvent des gens qui n’y sont pas habitués, donc ils découvrent vraiment un autre rythme et un autre univers.
Notre but, c’est de leur faire découvrir ce qu’il y a dans la mer, de leur apprendre à regarder, à poser les téléphones, à vivre l’instant. Un coucher de soleil, des oiseaux qui passent, des poissons volants, un dauphin... tout cela demande d’être attentif, d’aimer cet environnement et de le respecter. Apprendre à aimer le vent dans les voiles, à apprécier l’absence de bruit, à vivre autrement : c’est cela que nous voulons transmettre."
Le Figaro Nautisme : Pourquoi avoir choisi le nom "Aqua d’Aïa" ?
Virginie Masson : "C’est un jeu de mots qui vient de mes origines niçoises. Il y a une petite expression locale, “d’aqui d’aia”, qui veut dire en quelque sorte “aller d’ici à là”, aller un peu partout. Nous avons joué avec cette expression : “d’aqui” est devenu “Aqua” pour l’eau, et “d’aia” reprend le clin d’œil niçois.
Notre bateau s’appelle aussi Méfi, qui est également un nom niçois. Cela veut dire “attention à toi”, “garde à toi”. C’est aussi le nom de l’aigle, la mascotte de l’OGC Nice. Je suis très ancrée dans ma région, donc j’aime partager tout cela."
Le Figaro Nautisme : Quel axe souhaitez-vous développer davantage dans les prochaines années ?
Virginie Masson : "Nous voulons particulièrement développer la gestion-location des bateaux, aussi bien sur le catamaran que sur le voilier. C’est un axe fort pour nous, parce que nous pensons proposer un modèle très intéressant pour les propriétaires et les nouveaux acquéreurs.
Notre point fort, c’est aussi d’avoir des places sur le port de Beaulieu qui ont été négociées dans le cadre de notre convention, ce qui est assez rare. Et puis nous défendons une gestion de proximité. Nous ne sommes pas une grosse structure éloignée du terrain. Nous sommes présents en permanence, nous connaissons très bien notre environnement, de Monaco jusqu’à Cannes, et nous savons de quoi nous parlons. C’est cette présence quotidienne et cette connaissance du terrain qui font, je pense, notre force."
Plus d'informations sur www.aquadaia.fr
Port de Plaisance
06310 Beaulieu-sur-Mer
06 33 61 11 74





