Yves Lyon-Caen, président de la CNP : « Le Nautic Forum doit permettre à toute la filière de débattre, réfléchir et construire l’avenir du nautisme en France »

Charline David
Par Charline David

À quelques jours de la première édition du Nautic Forum, organisée à Saint-Malo les 28 et 29 mai, Yves Lyon-Caen, président de la Confédération du Nautisme et de la Plaisance, détaille l’ambition de ce nouveau rendez-vous national. Changement climatique, transition industrielle, évolution des usages, protection des écosystèmes marins, rôle des territoires, fiscalité et relations avec l’État : la filière nautique veut se donner un horizon commun à 2035, dans un contexte où les transformations s’accélèrent et où les professionnels souhaitent à nouveau parler d’une seule voix.

Figaro Nautisme : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter, expliquer votre rôle à la tête de la Confédération du Nautisme et de la Plaisance, et rappeler ce qu’est la CNP aujourd’hui ?

Yves Lyon-Caen : "J’ai été pendant 20 ans président du groupe BENETEAU, puis pendant une douzaine d’années président de la Fédération des industries nautiques. En parallèle, j’ai pris la responsabilité de la Confédération du Nautisme et de la Plaisance, qui a été créée en 2016 pour rassembler, au sein d’une association unique, tous les acteurs et tous les professionnels du secteur du nautisme et de la plaisance.

La CNP réunit à la fois la Fédération des industries nautiques, donc les chantiers, les distributeurs et les équipementiers, mais aussi la Fédération française des ports de plaisance, qui représente les ports maritimes comme les ports fluviaux, les fédérations sportives des sports nautiques, au premier rang desquelles la Fédération française de voile, ainsi que les associations de plaisanciers. Depuis peu, elle rassemble également des acteurs territoriaux qui participent au développement du nautisme et de la plaisance en France, notamment France Station Nautique et Nautisme en Bretagne.

Toutes ces organisations ont chacune leur vocation, leur histoire et leur domaine d’intervention. Mais elles ont considéré, dès 2016, qu’elles partageaient un certain nombre d’enjeux communs. Ces enjeux méritaient d’être discutés et approfondis entre nous, puis défendus et promus collectivement. C’est comme cela qu’est née la Confédération. C’est une organisation simple, avec une secrétaire générale et un conseil d’administration, qui fonctionne de manière fluide. Nous sommes aujourd’hui environ 18 membres. Chacun conserve son rôle dans son domaine, et la Confédération n’a pas vocation à empiéter sur les prérogatives de ses membres. Elle intervient lorsque les sujets concernent l’ensemble de la filière ou lorsqu’ils nécessitent une expression collective."

Figaro Nautisme : La CNP organise cette année la première édition du Nautic Forum. Pourquoi avoir créé ce nouveau rendez-vous ?

Yves Lyon-Caen : "L’intérêt manifesté par tous les membres de la Confédération était de pouvoir réunir, cette année, toutes les familles du nautisme et de la plaisance autour d’un événement commun. Le Nautic Forum répond à ce besoin. Il doit permettre aux 17 ou 18 branches que j’évoquais de se retrouver pour traiter ensemble un certain nombre d’enjeux qui les concernent toutes. Pourquoi maintenant ? Parce que notre dernière grande réunion dans cet esprit remonte à 2019, aux Sables-d’Olonne. Depuis, nous n’avons pas pu nous réunir. Il y a d’abord eu le Covid en 2020 et 2021, puis une très forte reprise en 2022 et 2023. À ce moment-là, tout le monde était mobilisé par des enjeux industriels, logistiques et commerciaux très importants. Les entreprises, les ports, les acteurs du nautisme étaient au travail, avec des contraintes opérationnelles fortes. Il n’était donc pas question de s’abstraire de ces priorités. En 2024, le sujet est revenu. Le besoin de se retrouver, de partager des constats et de réfléchir ensemble aux grandes transformations à venir s’est de nouveau imposé. C’est ce projet qui se concrétise aujourd’hui avec le Nautic Forum."

Figaro Nautisme : Pourquoi avoir choisi Saint-Malo pour accueillir cette première édition ?

Yves Lyon-Caen : "Nous voulions d’abord organiser cette première édition en Bretagne, parce que la Bretagne est une terre historique du nautisme et de la plaisance. C’est aussi une région où il existe déjà une très grande maturité de réflexion sur ces sujets. Les acteurs bretons avaient un vrai désir d’accueillir cet événement, d’autant que les thèmes du Nautic Forum sont très présents dans le débat en Bretagne. Ensuite, pourquoi Saint-Malo ? Parce que Saint-Malo est l’une des villes les plus emblématiques de la plaisance. C’est un point de départ de grandes courses au large, un bassin de navigation important, un lieu marqué par une histoire très forte des régates et de la mer. C’est aussi une ville facilement accessible, ce qui permet à des acteurs venus de toute la France de participer."

Figaro Nautisme : Le Nautic Forum veut réfléchir au nautisme à l’horizon 2035. Que représente cette date ?

Yves Lyon-Caen : "Nous voulions donner une vision longue, sans nous limiter aux 2 ou 3 années qui sont devant nous. Il fallait prendre de la profondeur pour analyser les phénomènes qui vont transformer nos activités. Mais cette vision longue ne devait pas être trop éloignée non plus, car elle devait rester compatible avec les horizons d’investissement et de développement des acteurs.

Un port de plaisance, par exemple, prépare ses projets d’investissement sur 10 ans. Une entreprise industrielle comme BENETEAU développe ses innovations sur un rythme qui peut amener un produit à être présent sur le marché dans 7 à 10 ans. L’horizon de 10 ans peut donc paraître lointain, mais il correspond en réalité à l’horizon de travail des acteurs qui doivent prendre des engagements de long terme. 2035 n’est donc pas une date choisie au hasard pour elle-même. C’est surtout une manière de se donner environ 10 ans de visibilité. C’est une échelle pertinente pour réfléchir à des phénomènes longs, comme le changement climatique, le changement générationnel ou la transformation industrielle."

Figaro Nautisme : Quels sont les grands défis que vous souhaitez aborder pendant ce forum ?

Yves Lyon-Caen : " Nous avons essayé d’identifier les facteurs profondément transformants de nos activités à horizon 10 ans. La liste n’est peut-être pas exhaustive, mais certains leviers nous sont apparus évidents.

Le premier, c’est le changement climatique. Sous ce terme, nous réunissons à la fois la montée des eaux, les phénomènes climatiques extrêmes, les déferlantes, les risques d’inondation, de submersion, mais aussi le recul du trait de côte dans certains cas. Ces phénomènes vont impacter les ports de plaisance, un certain nombre de bases nautiques situées en bord de mer, mais aussi certains chantiers qui travaillent à proximité immédiate des bassins de navigation. Toute une économie du nautisme est donc concernée. Nous devons identifier les lieux exposés, mesurer l’ampleur des phénomènes, réfléchir à la manière de les anticiper et élaborer, avec les collectivités qui sont parties prenantes de ces enjeux, les plans d’investissement qui permettront de gérer cette première transformation.

Le deuxième levier est la transformation générationnelle. Dans les 10 prochaines années, notre communauté, nos clubs sportifs, nos bases nautiques, nos concessions et plus largement l’ensemble de la filière vont voir arriver les générations Z et Alpha. La génération Alpha, née à partir de 2012, sera la première à avoir grandi dans l’univers de l’intelligence artificielle, du virtuel, et dans un rapport aux autres comme à la nature en partie influencé par ces nouvelles réalités. L’enjeu, pour nous, est donc de comprendre quel sera le rapport à la mer de ces nouvelles générations. Quel sera leur rapport à la nature ? Comment leur donner le goût de retrouver dans les pratiques nautiques le sens et l’authenticité que les générations actuelles y trouvent ? Est-ce que la mer peut, à l’image du trail aujourd’hui, devenir un nouveau territoire d’expression ? Ce n’est pas seulement un changement de génération. C’est aussi un changement de culture collective et de rapport au monde.

Le troisième levier concerne la conciliation entre la plaisance, les pratiques nautiques et la protection des écosystèmes marins. Le monde de la plaisance assume pleinement l’enjeu que représente la protection des espaces naturels et de la biodiversité. Dans ce cadre, la question du développement des zones de mouillage organisées est centrale. On en parle depuis 2018, à la suite d’une décision gouvernementale, mais très peu de choses se passent sur le terrain. Nous devons comprendre pourquoi il est aussi difficile, en France, de créer une zone de mouillage organisée. Ces zones sont pourtant essentielles. En Bretagne, par exemple, il y a environ 22 000 places dans les ports de plaisance, mais aussi 11 000 mouillages en bordure de côte. Cela signifie qu’un tiers des bateaux de plaisance bénéficie d’un mouillage. Il ne s’agit pas de mouillages sauvages. Ce sont des mouillages autorisés, souvent sur bouées, mais qui ne sont pas toujours organisés au sens où l’État souhaiterait qu’ils le soient. Il faut donc comprendre comment passer d’un état A à un état B, tout en conservant des emplacements de mouillage dans des conditions correctes et à des coûts corrects. C’est un sujet vital pour la plaisance, d’autant qu’il s’inscrit aussi dans les enjeux des aires marines protégées et des zones de protection forte.

Le quatrième enjeu touche directement l’industrie. Il s’agit de la révolution industrielle de la plaisance, autour d’un triptyque : décarboner, éco-concevoir et recycler. Il faut éliminer progressivement les énergies fossiles, développer de nouveaux bateaux plus respectueux de l’environnement par leurs matériaux, leurs systèmes de montage et l’ensemble des équipements embarqués, puis être capable de réinsérer dans l’économie marchande les sous-produits issus de la déconstruction des bateaux de plaisance. L’industrie travaille déjà sur ces sujets depuis presque 10 ans. Il sera intéressant de voir où elle en est, quelles sont les étapes importantes devant elle, où elle peut être en 2035, et de quel horizon de temps elle a besoin pour aller jusqu’au bout de cette transformation. Cette révolution aura un impact sur l’industrie, sur ses équipes, sur ses fournisseurs, mais aussi sur ses clients. Il faut également garder en tête la dimension internationale. Le marché mondial du bateau de plaisance n’est pas uniforme du point de vue des règles environnementales. Aux États-Unis, par exemple, l’enjeu de la décarbonation n’est pas au même niveau qu’en Europe. Dans de nombreux pays, l’utilisation de matériaux non recyclables ne pose pas encore de difficulté particulière. Or les industriels français sont engagés dans une compétition mondiale. Il faut donc tenir compte de cette hétérogénéité.

Enfin, le cinquième enjeu concerne le lien avec les territoires. Aujourd’hui, en France, le nautisme et la plaisance sont au cœur des stratégies de nombreux territoires littoraux. Ces territoires accompagnent le développement de nos activités parce qu’ils les considèrent comme essentielles à leur attractivité. L’économie touristique littorale représente environ 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 350 000 emplois. Les ports de plaisance attirent bien au-delà des seuls pratiquants. Les bases nautiques, les activités nautiques, l’hôtellerie de plein air en bord de mer et l’ensemble des activités liées à ces espaces participent à cette dynamique. Le nautisme est un élément essentiel de l’attractivité des territoires. Nous avons donc besoin de partager avec les élus cette vision, de vérifier qu’elle est toujours stable, et de voir comment nous pouvons surmonter ensemble les défis que j’ai évoqués. Le Nautic Forum intervient aussi à un moment où l’incompréhension avec les services de l’État et les autorités gouvernementales n’a jamais été aussi grande. Nous avons le sentiment que certains acteurs nationaux de la puissance publique ne savent plus vraiment ce que nous sommes, ni ce que représente la plaisance.

Cela crée des tensions très fortes, comme celle que nous vivons autour de la taxe sur les bateaux de plaisance. Il est donc essentiel de réaffirmer le contrat qui nous lie aux collectivités, aux communautés d’agglomération et aux grandes villes littorales. C’est avec elles que nous pourrons faire entendre notre voix auprès de services de l’État qui sont aujourd’hui assez loin de nos réalités et qui agissent parfois de manière inappropriée."

Figaro Nautisme : Est-ce que la filière nautique française est prête à s’engager dans ces transformations et à répondre à ces grands défis ?

Yves Lyon-Caen : "C’est évidemment une question centrale. Aujourd’hui, je n’ai pas la réponse. Ce que je crois, c’est que si nous avons identifié ces 5 enjeux, même s’ils sont de nature différente, c’est d’abord pour faire œuvre pédagogique et pour être capables de construire des constats communs. Il faut que nous puissions partager un diagnostic sur le changement climatique, sur le changement générationnel, sur les enjeux industriels, sur les mouillages, sur les territoires. C’est à partir de ces constats communs que nous pourrons ensuite construire des plans d’action que chacun pourra dérouler et exécuter au rythme de ses capacités.

Il y a évidemment des acteurs plus réservés, d’autres plus enthousiastes. Il y a aussi des entreprises et des start-up qui sentent qu’elles peuvent tirer bénéfice de ces transformations, parce qu’elles sont capables d’agir de manière plus agile et plus rapide face à ces nouvelles situations. Et puis il y a d’autres acteurs pour qui la transformation est plus complexe, plus lourde, parce qu’elle touche à leurs investissements, à leurs outils industriels ou à leur modèle économique. Je ne dis pas que tout le monde va bouger au même rythme. Mais je pense qu’il est de notre responsabilité de faire en sorte que tout le monde partage le constat. Ensuite, chacun avancera selon ce qu’il estime pouvoir faire et selon ses moyens. La bonne première étape, fondamentalement, c’est de partager ce constat."

Figaro Nautisme : À la suite de ces 2 journées d’échanges, attendez-vous des pistes d’action, des engagements, ou s’agit-il d’abord d’un état des lieux partagé ?

Yves Lyon-Caen : "Mon souhait, mon ambition, c’est qu’après le Nautic Forum, le conseil d’administration de la Confédération puisse acter des conclusions. Il pourrait s’agir d’un document d’orientation issu de cette réunion, qui nous lierait et sur lequel nous pourrions conduire notre action collective. Cette démarche est importante, en particulier dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Elle doit nous permettre de jeter les bases d’un ensemble de propositions à partager avec les candidats, mais aussi avec les collectivités, qu’elles soient régionales, locales ou communautaires. L’idée est de construire des plans d’action au niveau national, puis surtout de les décliner dans leurs applications territoriales.

Cela vaut pour le changement climatique, mais aussi pour d’autres sujets. Prenons l’exemple de la décarbonation. Qui dit décarbonation dit effort d’investissement très important pour les ports de plaisance. Il faudra être capable de fournir aux plaisanciers de l’énergie électrique dans de bonnes conditions, à la fois en termes de prix et de puissance. Et cela ne concerne pas seulement la capitainerie, mais aussi les pontons, jusqu’au bout des installations. Ce sont des investissements non négligeables. Il faut donc que nous ayons une réflexion collective sur la façon dont nous allons mobiliser les financements nécessaires à cette transformation. Cela concerne les infrastructures portuaires, les infrastructures des bases nautiques, mais aussi l’industrie. "

Figaro Nautisme : Quand on parle du nautisme de demain, pensez-vous d’abord à un nautisme plus sobre, plus accessible, ou au contraire à un nautisme plus innovant, avec davantage de nouvelles technologies et d’intelligence artificielle ?

Yves Lyon-Caen : "D’abord, je pense que cette évolution sera protéiforme, multiforme. Le nautisme restera un univers très créatif, avec des gens de talent, des artisans de talent, qui auront le goût d’apporter leur patte, leurs idées, leur manière de faire. Je ne crois pas du tout à une plaisance uniforme. Il faut garder cette idée qu’elle restera diverse, et c’est très bien ainsi. Elle est aussi régionale. Il y a des endroits très différents les uns des autres, en termes de navigation, de courant, de conditions de mer, de culture maritime. La plaisance n’est pas exactement la même selon que l’on navigue en Bretagne, en Méditerranée, sur un plan d’eau intérieur ou ailleurs. Cette diversité fait partie de sa richesse.

Si je devais résumer les grands concepts autour desquels cette plaisance de demain va se construire, je dirais que oui, ce seront certainement des bateaux plus sobres. Oui, ce seront aussi des bateaux plus accessibles. Accessibles en termes de manœuvrabilité, de gestion, mais également en termes de prix. Cela pose évidemment les questions de la location par rapport à la propriété, du financement, des nouveaux usages, de la manière dont on entre dans la pratique. Mais il faut aussi garder la part de rêve. L’élégance, le charme, l’espace, le confort doivent rester des dimensions importantes et accomplies. Le nautisme ne peut pas être seulement une réponse technique ou réglementaire. Il doit continuer à porter une émotion, une envie, une forme d’évasion.

À côté de cela, il y aura évidemment des développements de services auxquels l’intelligence artificielle apportera un concours décisif. Elle pourra intervenir dans la gestion des services portuaires, dans la gestion des navigations, dans la maintenance prédictive, et dans beaucoup d’autres domaines. L’univers numérique transformera aussi progressivement toute la relation entre les ports et les plaisanciers. Cette relation deviendra plus fluide, plus légère, plus automatisée. Mais il ne faut pas oublier que l’essentiel n’est pas là. L’essentiel reste d’abord et avant tout le rapport à la mer, le plaisir que l’on a à naviguer, l’authenticité que l’on trouve dans ces pratiques, ainsi que la protection et l’intégrité des milieux marins. Dans un monde qui change, il faut espérer que nous serons capables de conserver cet état du milieu naturel dans lequel nous naviguons et qui rend le plaisir si intense."

Figaro Nautisme : Vous avez évoqué la taxe sur les bateaux de plaisance. On voit aussi que la plaisance est un secteur de plus en plus encadré, avec davantage de règles. Est-ce un sujet qui sera abordé pendant le Nautic Forum ?

Yves Lyon-Caen : "Nous en parlerons en marge du Nautic Forum. Ce ne sera pas nécessairement dans le programme officiel, mais il y aura beaucoup d’occasions de nous retrouver et d’échanger sur ces sujets.

La taxe sur les bateaux de plaisance, par sa brutalité et par son schéma général, traduit selon moi une incompréhension profonde de ce que nous sommes. Plus largement, il y a aujourd’hui des développements réglementaires que nous souhaitons pour simplifier, rendre moins coûteux, moins complexes, moins bureaucratiques, un certain nombre de choses qui ne sont plus justifiées. Or nous nous heurtons à une inertie administrative anormale. Il existe aujourd’hui un carcan, qu’il soit fiscal ou réglementaire, qui doit s’assouplir et redevenir plus fluide, plus naturel. Nous nous heurtons à une difficulté réelle, et ces sujets deviennent extrêmement pesants. Ils peuvent provoquer, au sein du milieu nautique, des réactions très fortes.

Nous n’avons pas encore parlé de la feuille de route du nautisme et de la plaisance, que nous avons signée avec Agnès Pannier-Runacher (NDLR : Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche jusqu’au 12 octobre 2025) en septembre dernier. Cette feuille de route comportait un ensemble de mesures, dont 7 avaient été identifiées comme prioritaires. Nous avions demandé que 2 d’entre elles soient mises en œuvre avant l’été, parce qu’elles devaient constituer le signe d’une volonté de l’administration et de l’État de simplifier et d’alléger le cadre dans lequel la plaisance se développe. Aujourd’hui, nous n’avons rien obtenu. Il y a donc véritablement une crise de confiance avec l’État. Et le Nautic Forum intervient dans ce contexte. C’est aussi pour cela qu’il est important que les acteurs du nautisme se retrouvent, échangent et soient capables de porter une parole collective."

Figaro Nautisme : Le Nautic Forum a-t-il vocation à devenir un rendez-vous régulier ?

Yves Lyon-Caen : "Notre ambition, notre objectif, et le besoin que le milieu ressent, c’est que le Nautic Forum puisse avoir lieu 1 fois par an. Il pourrait se tenir dans des lieux différents, dans des environnements différents, et traiter de thématiques différentes.

Dans notre esprit, le Nautic Forum doit être un moment clé pour tous les acteurs de notre communauté nautisme et plaisance. Un moment pour débattre, réfléchir, construire, puis porter des réponses aux enjeux d’aujourd’hui. Là, nous en traitons quelques-uns, mais il y en a beaucoup d’autres. Nous aurons l’occasion d’y revenir. Comme c’est le premier grand rendez-vous de ce type depuis 5 ans, nous devons d’abord faire la preuve que cela fonctionne. Nous ne voulons pas faire trop vite des plans pour les années à venir. Je pense que cette première édition va très bien fonctionner, je ne suis pas inquiet. Mais attendons les 28 et 29 mai. Si, comme je le pense, cela fonctionne, alors bien sûr, nous en organiserons d’autres, avec des thèmes nouveaux et différents. J’aimerais aussi ouvrir cette réflexion à nos collègues des pays voisins, notamment les Italiens, les Espagnols, mais aussi les Britanniques. Je pense que la mer est un trait d’union. Il faut sortir du cadre trop franco-français dans lequel nous avons parfois tendance à réfléchir, car ce cadre n’est ni bon ni sain.

Lorsque l’on passe de Menton à Portofino, c’est la même mer. Lorsque l’on passe de la Corse à la Sardaigne, de Bonifacio à La Maddalena ou à Santa Teresa, ce sont les mêmes enjeux, les mêmes risques, parfois les mêmes pratiques. Et pourtant, nous avons parfois l’impression que le regard doit s’arrêter au milieu des bouches de Bonifacio. Ce n’est pas vrai. La mer dépasse les frontières, et notre réflexion doit aussi les dépasser."

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.