La Transat Paprec repartira de Concarneau le 18 avril 2027 à 13h02, direction Saint-Barthélemy, via La Palma. Devenue la première transatlantique en double mixte et à armes égales, l’épreuve poursuit sa montée en puissance, portée par un plateau de plus en plus dense et une ambition claire : ouvrir davantage la course au large aux navigatrices.

La date est désormais cochée dans les agendas des Figaristes : la 18e édition de la Transat Paprec s’élancera de Concarneau, dans le Finistère, le 18 avril 2027 à 13h02. L’avis de course vient d’être publié par OC Sport Pen Duick, ouvrant officiellement les inscriptions pour cette nouvelle traversée de l’Atlantique en double mixte, entre la Bretagne et Saint-Barthélemy.
Depuis sa création en 1992, l’épreuve n’a cessé d’évoluer. Anciennement Transat en double Concarneau – Saint-Barthélemy, puis Transat AG2R La Mondiale, elle a pris un virage majeur en 2023 en devenant la première transatlantique disputée obligatoirement en équipage mixte. Un choix fort, confirmé par les chiffres : 11 duos avaient pris le départ en 2023, ils étaient 19 en 2025. La dynamique est là, et elle installe un peu plus la Transat Paprec parmi les grands rendez-vous de la Classe Figaro Beneteau.
Pour Julie Coutts, directrice générale d’OC Sport Pen Duick, ce format a désormais fait ses preuves. « Quatre ans après l’introduction du double mixte obligatoire sur la Transat Paprec, nous constatons que ce choix était le bon », souligne-t-elle, rappelant que la progression du nombre d’équipages engagés traduit « l’attractivité croissante de l’épreuve auprès des navigatrices et des jeunes skippers, français comme internationaux ». L’objectif, pour cette 18e édition, reste clair : poursuivre cette dynamique et faire de la course « un véritable révélateur de talents ».
Une transatlantique exigeante, mais pensée pour former
Le parcours restera inchangé en 2027. Les duos devront parcourir 3 890 milles nautiques, soit environ 7 204 kilomètres, entre Concarneau et Saint-Barthélemy, avec un passage obligatoire à La Palma, aux Canaries. Une marque de parcours à laisser à tribord, qui oblige les équipages à descendre vers le sud avant d’attaquer la grande traversée. Ce choix n’est pas anodin. Il permet de proposer une route engagée, mais moins radicale qu’une option plus nord, souvent plus dure pour les marins les moins expérimentés. Francis Le Goff, directeur de course de la Transat Paprec, résume bien l’enjeu stratégique : « Le parcours est ouvert, avec un seul waypoint qui forcera les concurrents à faire un choix orthodromie, la route directe, ou descendre très sud en longeant les côtes de l’Afrique avant de mettre le clignotant à droite en espérant toucher un alizé plus soutenu. »
Autrement dit, la course ne se jouera pas seulement à la vitesse pure. Il faudra lire la météo, choisir son tempo, ménager le bateau, trouver le bon compromis entre prudence et audace. Une vraie transat de formation, mais aussi une épreuve où les écarts peuvent se creuser très vite.
Le double mixte, plus qu’un symbole
Depuis 2023, la Transat Paprec revendique un rôle particulier dans l’accès des femmes au plus haut niveau de la course au large. Le principe du double mixte ne se limite pas à une contrainte réglementaire : il modifie les équilibres, les trajectoires de carrière et les opportunités offertes aux navigatrices. La Britannique Ellie Driver, engagée en 2025 avec Oliver Hill sous les couleurs de Women’s Engineering Society, y voit un levier essentiel. « Je trouve ça vraiment intéressant que la course soit en double mixte. Ça apporte un autre élément à la course, et ça donne beaucoup plus d’opportunités à plein de filles d’avoir la chance de naviguer sur ces bateaux, alors qu’elles n’en auraient peut-être pas eu l’occasion autrement », témoigne-t-elle.
Pour la navigatrice, ce format crée aussi une dynamique sportive différente. « Un binôme mixte est aussi très équilibré. C’est un excellent moyen d’exploiter les forces et les faiblesses des différents genres, mais aussi de chaque personne en soi », poursuit-elle, insistant sur l’importance de former une équipe capable de se compléter pendant près de 17 jours de mer.
Même conviction du côté de Paprec, partenaire titre de l’épreuve. Sébastien Petithuguenin, directeur général du groupe, rappelle que la course incarne « le dépassement de soi, l’égalité des chances et le respect de l’environnement ». Pour lui, l’arrivée de Paprec en 2023 a permis d’accompagner une évolution majeure : faire de cette transat « la première transatlantique en double mixte » et permettre « à davantage de femmes d’accéder au plus haut niveau de la course au large ». La double victoire de Charlotte Yven, lauréate en 2023 avec Loïs Berrehar puis en 2025 avec Hugo Dhallenne, est venue donner du poids à cette ambition. Elle est devenue la première skippeuse à remporter deux fois consécutivement la Transat Paprec, rejoignant ainsi le cercle très fermé des doubles vainqueurs de l’épreuve.

Concarneau, fidèle port de départ
Comme depuis 2006, Concarneau accueillera le départ. La Ville Bleue connaît bien cette montée en tension qui précède les grandes traversées : les pontons qui s’animent, les derniers réglages, les familles sur les quais, le village de course et l’attente du signal libérateur.
Pour Quentin Le Gaillard, maire de Concarneau, ce lien avec la Transat Paprec dépasse le simple accueil d’un événement sportif. « Concarneau et la Transat Paprec, c’est une histoire qui dure depuis près de vingt ans et qui ne cesse de rassembler », rappelle-t-il. Il évoque une ville « terre de marins et de bâtisseurs », profondément liée à la mer, mais aussi un rendez-vous populaire : « Pendant une semaine, le port se transforme en village de course, la Ville-Close sert d’écrin à une fête populaire unique, et ce sont des milliers de visiteurs qui partagent avec les Concarnoises et les Concarnois la fièvre du grand départ. » En avril 2027, Concarneau réaffirmera donc sa place dans le paysage de la course au large française, entre tradition maritime, ferveur populaire et préparation d’un grand saut vers l’Atlantique.
Saint-Barthélemy, l’arrivée en carte postale
À l’autre bout du parcours, Saint-Barthélemy retrouvera son rôle de terre d’arrivée. Les skippers franchiront la ligne avant de rejoindre Gustavia, où sera installé le village arrivée. Un décor bien différent de la Bretagne du départ : eaux cristallines, plages de sable blanc, lumière antillaise et ambiance chaleureuse.
Xavier Lédée, président du Conseil territorial de Saint-Barthélemy, rappelle l’attachement de l’île à cette course « unique en son genre », capable selon lui de « se réinventer » tout en restant « un véritable révélateur de talents ». Il insiste aussi sur le respect porté aux marins par les habitants de l’île : « Saint-Barthélemy sera une nouvelle fois prête pour accueillir comme il se doit ces marins pour lesquels les gens de mer que sont les habitants de l’île ont le plus grand respect. »
Un record toujours dans le viseur
La Transat Paprec porte aussi une histoire sportive solide. Depuis 1992, elle a vu passer de grands noms de la course au large : Jacques Caraës, Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam, Roland Jourdain, Alain Gautier, Jimmy Pahun, Karine Fauconnier, Lionel Lemonchois, Armel Le Cléac’h ou encore Nicolas Troussel. Le record de l’épreuve reste détenu par Nils Palmieri et Julien Villion, vainqueurs en 2021 sur TeamWork, avec un temps de 18 jours, 5 heures, 8 minutes et 3 secondes. Depuis le passage aux Figaro Beneteau 3 à foils, les chronos se sont resserrés et les éditions 2023 et 2025, disputées en double mixte, ont confirmé le très haut niveau du plateau.
En 2027, ce record sera forcément dans un coin de la tête des équipages. Mais au-delà du chrono, la Transat Paprec continue surtout de jouer un rôle à part : celui d’une grande traversée formatrice, accessible aux talents émergents, exigeante dans sa stratégie et désormais centrale dans la féminisation de la course au large.
Les inscriptions sont ouvertes, avec un tarif « early birds » jusqu’au 23 septembre 2026, puis un tarif préférentiel jusqu’au 31 octobre 2026. La date limite de demande d’inscription pour bénéficier des conditions tarifaires préférentielles est fixée au 31 décembre 2026. Le rendez-vous est pris : le 18 avril 2027, à 13h02, Concarneau regardera une nouvelle flotte de duos mixtes mettre le cap vers Saint-Barthélemy. Une traversée de 3 890 milles, une course de stratégie et d’endurance, et peut-être, une nouvelle page à écrire dans l’histoire du Figaro.
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