Baie de Pampelonne : les grands yachts mieux encadrés pour protéger les fonds marins

Règlementation
Par Le Figaro Nautisme avec Bloc Marine

Lieu mythique de la presqu’île de Saint-Tropez, la baie de Pampelonne attire chaque été des milliers de plaisanciers et certaines des plus grandes unités de Méditerranée. Pour préserver ses herbiers de posidonie sans freiner l’activité nautique, la réglementation du mouillage évolue avec des zones plus clairement définies pour la grande plaisance.

Lieu mythique de la presqu’île de Saint-Tropez, la baie de Pampelonne attire chaque été des milliers de plaisanciers et certaines des plus grandes unités de Méditerranée. Pour préserver ses herbiers de posidonie sans freiner l’activité nautique, la réglementation du mouillage évolue avec des zones plus clairement définies pour la grande plaisance.

© AdobeStock - Gabrielle

 

Pampelonne n’a jamais été une baie comme les autres. À quelques encablures de Saint-Tropez, ce long ruban de sable bordé d’établissements emblématiques concentre tout ce qui fait rêver la Côte d’Azur : eaux turquoise, clubs de plage, restaurants les pieds dans le sable, yachts au mouillage et ballet permanent d’annexes entre la côte et les bateaux.

Mais derrière l’image de carte postale, la baie est aussi un espace sous pression. En haute saison, la fréquentation explose. Les grandes unités s’y croisent, les mouillages se multiplient et les fonds marins, eux, encaissent. C’est précisément pour trouver un équilibre entre attractivité, sécurité et protection de l’environnement que la réglementation continue d’être ajustée.

Une baie très fréquentée, un écosystème fragile

Pampelonne est un moteur économique majeur pour le golfe de Saint-Tropez. Avec ses établissements de plage, ses activités nautiques, ses emplois saisonniers et la présence régulière de la grande plaisance, la baie fait vivre tout un écosystème local. Mais cette réussite a un revers : la pression exercée sur les herbiers de posidonie.

Ces prairies sous-marines ne sont pas de simples herbes au fond de l’eau. Elles jouent un rôle essentiel dans l’équilibre du littoral méditerranéen : elles abritent une biodiversité importante, stabilisent les fonds, limitent l’érosion et contribuent à la qualité des eaux. Lorsqu’une ancre les arrache, les dégâts peuvent être très longs à réparer. Par endroits, les herbiers sont déjà dégradés, avec des zones de matte morte et des surfaces fragilisées par les mouillages répétés.

L’enjeu est donc clair : continuer à accueillir les plaisanciers et les grandes unités, mais en évitant que chaque saison estivale n’aggrave un peu plus l’état des fonds.

Deux zones distinctes selon la taille des navires

Le nouvel arrêté préfectoral vient préciser l’organisation du mouillage dans le secteur compris entre le cap Pinet et la pointe de la Bonne Terrasse. La logique est simple : mieux répartir les grands navires en fonction de leur taille, dans des zones obligatoires clairement identifiées.

Les navires de 80 mètres et plus doivent désormais utiliser une zone spécifique. Une autre zone est réservée aux navires de 45 mètres à moins de 80 mètres. Cette distinction permet d’adapter le mouillage à la taille des unités, à leurs contraintes de manœuvre et à leur impact potentiel sur le plan d’eau.

Sur le papier, la modification peut sembler technique. En mer, elle change pourtant beaucoup de choses. Pour les capitaines, elle clarifie les règles. Pour les autorités, elle facilite le contrôle. Pour l’environnement, elle limite les mouillages improvisés dans les secteurs les plus sensibles. Et pour les autres usagers de la baie, elle contribue à organiser un espace très fréquenté où cohabitent yachts, annexes, pêcheurs, baigneurs et activités nautiques.

Une réglementation née du retour d’expérience

Cette évolution ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans la continuité de la Zone de Mouillages et d’Équipements Légers mise en place à Pampelonne, pensée pour canaliser la grande plaisance dans des secteurs compatibles avec la protection des fonds marins. Après une première saison d’exploitation, les autorités ont tiré les enseignements du terrain. Fréquentation, sécurité, organisation des mouillages, protection des zones sableuses, respect des périmètres : autant de points qui permettent aujourd’hui d’affiner le dispositif.

L’objectif n’est pas de mettre Pampelonne sous cloche. Il s’agit plutôt d’éviter le mouillage au hasard, notamment par les plus grandes unités, dont les ancres et les lignes de mouillage peuvent avoir un impact considérable sur les herbiers. En guidant les navires vers des zones adaptées, la baie conserve son rôle d’escale phare tout en protégeant ce qui fait aussi sa beauté : la richesse de ses fonds et la transparence de ses eaux.

Préserver sans exclure

La difficulté, à Pampelonne, consiste à concilier des intérêts parfois contradictoires. Les professionnels du littoral veulent maintenir une activité économique forte. Les plaisanciers cherchent un mouillage agréable et sûr. Les pêcheurs professionnels doivent pouvoir continuer à travailler. Les pouvoirs publics, eux, doivent garantir la sécurité du plan d’eau tout en répondant aux exigences environnementales.

La nouvelle réglementation s’inscrit dans cette recherche d’équilibre. Elle ne ferme pas la baie aux grandes unités, mais impose un cadre plus strict. Elle ne remet pas en cause l’attractivité de Pampelonne, mais rappelle qu’un site naturel aussi fréquenté ne peut plus fonctionner sans règles précises.

Des sanctions sont d’ailleurs prévues en cas de non-respect. Les contrôles doivent permettre de vérifier que les navires utilisent bien les zones qui leur sont réservées et que les mouillages ne mettent pas en danger les herbiers de posidonie.

Un signal pour toute la Méditerranée

Pampelonne n’est pas un cas isolé. De la Côte d’Azur à la Corse, en passant par les calanques, les îles varoises ou certains golfes très fréquentés, la Méditerranée française cherche depuis plusieurs années à mieux encadrer le mouillage des grandes unités. La pression touristique, l’augmentation de la taille des yachts et la fragilité des herbiers imposent une gestion plus fine des plans d’eau. Ce qui se joue à Pampelonne dépasse donc la seule baie tropézienne. Le site pourrait servir d’exemple à d’autres secteurs confrontés au même défi : rester attractifs sans sacrifier leur patrimoine naturel.

Pour les plaisanciers, le message est simple : avant de jeter l’ancre, il faut vérifier la réglementation locale, consulter les cartes et respecter les zones dédiées. À Pampelonne plus qu’ailleurs, la beauté du mouillage dépend désormais de la manière dont chacun accepte de le partager.

Entre prestige nautique, économie balnéaire et protection de la posidonie, la baie de Pampelonne entre dans une nouvelle étape. Moins de liberté totale, sans doute. Mais davantage de clarté, de sécurité et de responsabilité pour préserver l’un des mouillages les plus emblématiques de Méditerranée.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.
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