Bohuslän, la côte suédoise qui donne envie de passer l’été au nord

Entre villages de pêcheurs, rochers polis par la mer, ports animés et îles accessibles en bateau, Bohuslän offre une autre idée de l’été. Sur la côte ouest de la Suède, cette région tournée vers le Skagerrak séduit par son climat plus respirable, ses paysages marins très découpés et son art de vivre sans excès, où l’on passe naturellement de la baignade au kayak, du ponton au restaurant de fruits de mer.

Une côte du nord qui a tout d’une destination d’été

Bohuslän ne cherche pas à rivaliser avec les rivages brûlants du sud de l’Europe. C’est précisément ce qui fait son charme. Ici, l’été se vit autrement, avec des journées longues, une lumière douce, des maisons en bois colorées, des criques rocheuses et cette impression très suédoise d’avoir de l’espace, même quand les villages se remplissent en pleine saison.

La région s’étire au nord de Göteborg jusqu’à la frontière norvégienne. Elle déroule une côte très découpée, où la mer s’infiltre entre les îles, les presqu’îles et les anciens villages de pêcheurs. Le décor est immédiatement reconnaissable : des rochers de granit rose ou gris, des cabanes rouges au bord de l’eau, des pontons en bois, des bateaux de plaisance et, partout, cette proximité constante avec la mer. L’été, Bohuslän devient l’un des grands refuges balnéaires des Suédois. On y vient pour se baigner depuis les rochers, manger des crevettes fraîches sur un quai, embarquer vers une île, louer un kayak ou simplement suivre la côte de village en village. L’ambiance reste vivante sans devenir pesante. Le tourisme existe, bien sûr, mais il garde souvent une forme de retenue qui rend le voyage agréable.

De Marstrand à Fjällbacka, des villages qui donnent envie de ralentir

Un itinéraire sur la côte de Bohuslän commence souvent par Marstrand, l’une des escales les plus connues de la région. L’île, reliée par une courte traversée en ferry, offre un condensé très réussi de la côte ouest suédoise : ruelles bordées de maisons en bois, port de plaisance, forteresse de Carlsten, sentiers au bord de l’eau et rochers parfaits pour une pause face à la mer. L’endroit attire les amateurs de voile, mais reste assez facile à apprécier même sans programme précis.

Plus au nord, Lysekil offre une autre atmosphère, davantage tournée vers les paysages marins et les balades côtières. La promenade sur les rochers de Stångehuvud permet de mesurer toute la beauté minérale de Bohuslän, avec ses blocs polis, ses vues ouvertes sur l’archipel et cette mer qui semble toujours à portée de main. C’est aussi une bonne base pour explorer les îles voisines ou partir sur l’eau.

Smögen joue une carte plus animée, surtout autour de son célèbre ponton. Les façades colorées, les boutiques, les restaurants et les bateaux alignés composent une image plus estivale, presque festive, mais le village garde un vrai pouvoir d’attraction. Pour retrouver une ambiance plus naturelle, il suffit souvent de s’éloigner un peu du cœur touristique ou de prendre le bateau vers Hållö, petite île rocheuse connue pour ses eaux claires et son phare.

Fjällbacka, plus au nord, possède un charme différent. Le village est adossé à la roche, ouvert sur un archipel spectaculaire, avec des ruelles agréables et des départs en bateau vers les îles alentour. Sa notoriété doit beaucoup à son décor très cinématographique, entre maisons en bois, falaise et horizon marin. C’est une étape très plaisante pour alterner balade, baignade, excursion en mer et soirée sur le port.

© AdobeStock - Danita Delimont

Une destination idéale pour vivre la mer

Bohuslän se découvre très bien depuis la terre, mais la région prend toute sa dimension depuis l’eau. La navigation de plaisance y est profondément ancrée. Les ports se succèdent, les chenaux sont nombreux et l’archipel offre une multitude de paysages à petite distance. Pour les plaisanciers, l’intérêt est évident : les distances restent raisonnables, les escales sont variées et le cadre naturel donne une vraie sensation de navigation nordique, loin des standards méditerranéens.

Le kayak de mer est sans doute l’une des meilleures façons d’approcher cette côte. Le relief protège certains passages, les îles permettent de composer des sorties courtes ou plus ambitieuses, et les rochers offrent des pauses très naturelles. Plusieurs secteurs sont particulièrement réputés, notamment autour de Fjällbacka, Grebbestad, Strömstad et des îles Koster. L’expérience reste accessible aux débutants accompagnés, mais la météo marine doit être prise au sérieux, car le vent peut rapidement changer la lecture du plan d’eau.

Au nord, le parc national marin de Kosterhavet donne à Bohuslän une dimension encore plus forte. C’est un territoire maritime remarquable, à explorer en bateau, en kayak, en randonnée ou en snorkeling selon les conditions. Les îles Koster, sans voitures ou presque, permettent de passer une journée très différente, entre vélo, marche, baignade et observation du littoral. On y retrouve cette Suède estivale très simple dans ses usages, mais très forte dans ses paysages.

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Fruits de mer, baignades et longues soirées d’été

La côte de Bohuslän est aussi l’une des grandes régions de fruits de mer en Suède. Crevettes, langoustines, huîtres, moules et poissons tiennent une place importante dans les restaurants comme dans les habitudes locales. Le plaisir est souvent assez direct : une assiette au bord de l’eau, un verre en terrasse, la lumière qui descend lentement sur le port et les bateaux qui rentrent en fin de journée.

La baignade fait partie du voyage, mais il faut l’imaginer à la suédoise. Ici, on ne cherche pas forcément une longue plage de sable. On s’installe sur un rocher plat, on descend dans l’eau par une échelle ou une petite crique, puis on remonte se réchauffer au soleil. L’eau reste fraîche, même en été, mais l’expérience a quelque chose de très agréable, surtout lors des journées lumineuses où la côte semble presque méditerranéenne dans les couleurs, sans la chaleur écrasante.

Les amateurs de marche trouvent aussi de beaux itinéraires le long du littoral. Les sentiers passent entre rochers, bois, ports, plages discrètes et points de vue sur l’archipel. L’intérêt de Bohuslän tient justement à cette facilité de mouvement : une matinée en bateau, une baignade sur un îlot, une balade en fin d’après-midi, puis un dîner dans un village de pêcheurs. Rien n’a besoin d’être spectaculaire pour fonctionner.

Un climat estival plus frais, mais très agréable

Choisir Bohuslän en été, c’est aussi choisir un climat différent. Les journées sont généralement douces à agréablement chaudes, sans les excès que connaissent de plus en plus souvent les destinations du sud de l’Europe. En juillet et en août, les températures permettent de profiter de l’extérieur, de marcher, de naviguer ou de faire du kayak sans subir une chaleur lourde. Les soirées peuvent être fraîches, et la météo garde une part de variabilité typique des côtes nordiques.

Il faut donc prévoir une valise un peu plus intelligente qu’un simple sac de plage. Un maillot de bain, bien sûr, mais aussi une veste coupe-vent, un pull pour le soir et de bonnes chaussures pour marcher sur les rochers. Cette fraîcheur relative fait partie du voyage. Elle donne à l’été une autre texture, moins torride, plus active, avec cette lumière tardive qui prolonge les journées et donne envie de rester dehors.

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Comment s’y rendre et organiser son séjour

Depuis la France, l’accès le plus naturel se fait par Göteborg, grande ville de la côte ouest suédoise. Des vols avec correspondance permettent de rejoindre son aéroport, puis de gagner la côte en voiture de location, en bus ou en train selon l’itinéraire choisi. Pour un premier voyage, louer une voiture reste confortable, surtout si l’objectif est de relier plusieurs villages et de s’arrêter librement en chemin. Il est toutefois possible de composer un séjour sans voiture, en s’appuyant sur les transports publics régionaux. Göteborg est bien reliée à plusieurs destinations du Bohuslän, notamment vers le nord en direction de Strömstad. Des bus, trains et ferries permettent ensuite d’organiser des étapes côtières, même si certaines îles ou petites localités demandent un peu plus d’anticipation.

Un séjour de 5 à 7 jours permet déjà de bien sentir la région. On peut commencer par Göteborg, rejoindre Marstrand, poursuivre vers Lysekil ou Smögen, puis remonter vers Fjällbacka, Grebbestad et les îles Koster. Les voyageurs qui préfèrent ralentir peuvent aussi choisir deux bases seulement, avec des sorties en bateau, des balades côtières et quelques excursions à la journée.

Une autre idée de l’été européen

Bohuslän n’est pas une destination qui cherche à impressionner à chaque instant. Sa force vient plutôt de son équilibre : des paysages marins très purs, une vraie culture nautique, des villages vivants, une cuisine tournée vers la mer et un climat qui permet de respirer. C’est une côte pour ceux qui aiment marcher, naviguer, prendre le temps, regarder la lumière changer sur les rochers et sentir que l’été peut exister autrement qu’à travers la chaleur.

À l’heure où beaucoup de voyageurs cherchent des destinations plus tempérées, plus nature et moins saturées, la côte suédoise de Bohuslän coche de nombreuses cases sans en faire trop. Elle donne envie de monter vers le nord, non par défaut, mais pour découvrir une version plus douce, plus marine et plus lumineuse de l’été.

 

 

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Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock - Mikael

 

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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.