Cát Bà et la baie de Lan Ha en octobre : entre jungle tropicale et pitons calcaires du Vietnam

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Charline David
Par Charline David

Au nord du Vietnam, octobre marque un tournant sur l’île de Cát Bà et dans la baie de Lan Ha. Les pluies de la mousson commencent à nettement reculer, les températures restent estivales et la mer demeure chaude. Une période particulièrement intéressante pour naviguer entre les pitons calcaires, explorer les lagons en kayak, randonner dans la forêt tropicale et découvrir l’un des paysages maritimes les plus spectaculaires d’Asie.

À une centaine de kilomètres à l’est de Hanoï, au large de Hai Phong, l’île de Cát Bà forme la porte d’entrée d’un immense paysage de roche et d’eau. Sur sa façade orientale s’étend la baie de Lan Ha, où des centaines de reliefs calcaires couverts de végétation émergent d’une mer vert émeraude. Le décor évoque immédiatement la baie d’Ha Long voisine, avec laquelle Cát Bà partage d’ailleurs la même histoire géologique. Depuis 2023, la baie d’Ha Long et l’archipel de Cát Bà sont réunis au sein d’un même ensemble classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Falaises verticales, grottes, petites plages, lacs marins et pitons rocheux composent ici un paysage spectaculaire, façonné par des millions d’années d’érosion.

 

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En octobre, une météo encore chaude mais beaucoup moins humide

Octobre constitue une période de transition climatique dans le nord du Vietnam. La saison estivale, chaude et très humide, touche progressivement à sa fin, tandis que l’influence de la mousson d’hiver commence à se mettre en place. À Cát Bà, cette évolution se traduit surtout par une baisse sensible des précipitations et des températures légèrement plus respirables.

Les températures restent agréables, avec des moyennes qui tournent autour de 26 °C en journée. Les maximales peuvent encore approcher 28 °C, tandis que les nuits restent douces, autour de 24 °C. La mer conserve également une température élevée, proche de 28 °C, ce qui permet encore de profiter pleinement des baignades.

Le véritable changement se joue surtout du côté des pluies. Après les mois estivaux marqués par une forte humidité et des épisodes orageux fréquents, octobre devient progressivement plus sec. Les journées entièrement pluvieuses sont moins nombreuses, même si des averses tropicales restent possibles. Le ciel n’est donc pas nécessairement bleu en permanence. La région conserve un climat maritime et peut encore connaître du vent, des pluies ou le passage d’une perturbation tropicale. Pour les excursions en bateau, mieux vaut donc garder une certaine souplesse dans le programme. Dans l’ensemble, octobre offre cependant un compromis très intéressant : la chaleur reste bien présente, sans atteindre les niveaux étouffants de l’été, tandis que les périodes sèches deviennent plus fréquentes. Pour une destination où l’on alterne navigation, randonnée et baignade, cette transition automnale est particulièrement agréable.

 

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Naviguer dans la baie de Lan Ha, au milieu des falaises

Impossible de venir à Cát Bà sans consacrer au moins une journée à Lan Ha. La baie constitue le prolongement naturel du paysage d’Ha Long, mais son organisation en chenaux, petites criques et lagons donne rapidement le sentiment d’évoluer dans un immense labyrinthe minéral. Depuis le port de Cát Bà, les bateaux s’enfoncent entre des îlots dont les parois tombent presque verticalement dans l’eau. Certains passages sont larges de plusieurs centaines de mètres, tandis que d’autres se resserrent jusqu’à former de véritables couloirs entre les falaises.

Au fil de la navigation apparaissent de petites plages, des anses abritées et des zones où la mer devient parfaitement calme. Le paysage change constamment, au rythme des reliefs et de la lumière. Une excursion à la journée permet déjà d’en découvrir une bonne partie, mais passer une nuit à bord change sensiblement l’expérience. En fin d’après-midi, lorsque les bateaux de journée regagnent progressivement leurs embarcadères, les reliefs se découpent dans une lumière plus douce. Le lendemain matin, les premières heures permettent de retrouver la baie dans une atmosphère beaucoup plus paisible.

Explorer les lagons en kayak

Le kayak est probablement le moyen le plus intéressant d’approcher Lan Ha. Il permet de quitter les principaux chenaux de navigation pour rejoindre des passages étroits, longer les falaises et pénétrer dans des lagons presque totalement enfermés par la roche. Certains itinéraires passent par des grottes marines qui fonctionnent comme de véritables portes naturelles. Lorsque la marée le permet, on traverse un tunnel creusé dans le calcaire avant de déboucher sur un bassin entouré de falaises couvertes de végétation.

Les secteurs des grottes claire et sombre font partie des passages les plus connus, mais l’intérêt réside surtout dans cette sensation d’explorer la baie au ras de l’eau, loin du bruit des plus grosses embarcations. L’expérience est particulièrement agréable en octobre, lorsque les températures restent suffisamment élevées pour passer plusieurs heures sur l’eau tout en étant plus supportables qu’en plein été.

 

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Quitter la mer pour randonner dans le parc national de Cát Bà

L’intérêt de Cát Bà tient justement à cette possibilité de passer très rapidement de la mer à la forêt. Une grande partie de l’intérieur de l’île est occupée par le parc national de Cát Bà, où les mêmes formations calcaires que celles observées dans la baie forment cette fois un relief couvert de jungle. Plusieurs itinéraires permettent d’explorer le massif. L’ascension vers Ngu Lam constitue l’une des randonnées les plus accessibles. Après une montée parfois raide à travers la végétation, le sentier rejoint les hauteurs et offre une vue remarquable sur les collines karstiques de l’intérieur de l’île.

Pour ceux qui souhaitent marcher davantage, des parcours plus longs traversent la forêt en direction de Viet Hai ou s’enfoncent vers des secteurs plus isolés du parc. Octobre convient particulièrement bien à ces randonnées. La chaleur commence à diminuer et les précipitations deviennent moins abondantes, même si l’humidité reste importante sous la végétation et que les sentiers peuvent demeurer glissants après une averse.

Descendre sous terre dans la grotte de Trung Trang

Les reliefs calcaires de Cát Bà ne se découvrent pas uniquement depuis leurs sommets. L’érosion a également creusé tout un réseau de cavités souterraines, dont la grotte de Trung Trang constitue l’un des exemples les plus accessibles. À l’intérieur, le parcours traverse plusieurs centaines de mètres de galeries ponctuées de stalactites, stalagmites et concrétions. L’ambiance contraste totalement avec la forêt tropicale située quelques mètres au-dessus : la lumière disparaît progressivement, la température baisse et les passages se resserrent parfois entre les parois calcaires.

La visite s’intègre facilement à une journée consacrée au parc national. Elle permet surtout de comprendre que le paysage spectaculaire visible dans la baie n’est que la partie émergée d’un massif karstique beaucoup plus complexe.

Rejoindre Viet Hai, le village caché derrière les montagnes

Sur la côte orientale de l’île, Viet Hai occupe une vallée isolée entre les montagnes du parc national et la baie. Longtemps difficile d’accès, le village peut aujourd’hui être rejoint par bateau, puis à vélo ou à pied, mais également au terme d’une randonnée à travers la forêt. Le trajet vaut presque autant que la destination. Depuis l’embarcadère, une petite route se glisse entre les reliefs calcaires avant de rejoindre une vallée cultivée, où l’atmosphère tranche avec celle du centre de Cát Bà. Les visiteurs peuvent poursuivre à vélo, marcher dans les environs ou intégrer Viet Hai à une journée mêlant randonnée et navigation. Cette excursion constitue aussi une manière intéressante d’appréhender Cát Bà au-delà de ses paysages les plus connus.

 

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Prendre de la hauteur sur la baie

Pour comprendre la géographie particulière de Cát Bà, il faut aussi l’observer d’en haut. Plusieurs points de vue permettent d’embrasser simultanément les reliefs de l’île, le port et les premiers îlots de Lan Ha. Les hauteurs dominant Cát Bà offrent notamment une lecture spectaculaire du paysage au coucher du soleil. À mesure que la lumière baisse, les dizaines de pitons rocheux se superposent jusqu’à l’horizon et prennent différentes nuances de gris et de bleu.

Après une journée passée au niveau de l’eau, le panorama permet de mesurer l’ampleur de cet enchevêtrement d’îles, de chenaux et de montagnes. Les plages de Cát Cò, proches du centre principal de l’île, constituent quant à elles une option plus tranquille pour terminer la journée. En octobre, la température de l’eau reste suffisamment élevée pour profiter facilement de la mer entre deux excursions.

Cát Bà et Lan Ha, une destination à découvrir sur plusieurs jours

Réduire Cát Bà à une simple étape avant une croisière serait passer à côté de l’essentiel. La baie de Lan Ha justifie évidemment le voyage, mais l’île permet d’y ajouter la randonnée, les grottes, les plages, les villages et un patrimoine historique inattendu. Deux ou trois jours constituent un minimum confortable pour alterner une journée sur l’eau et une journée dans l’intérieur de l’île. Rester davantage permet surtout d’adapter son programme aux conditions météorologiques et de découvrir les lieux avec moins de précipitation.

En octobre, cette diversité prend tout son sens. La mousson estivale s’efface progressivement, la mer reste chaude et les températures demeurent agréables. Entre une matinée en kayak au pied des falaises, une randonnée dans la jungle et une fin de journée face aux îlots de Lan Ha, Cát Bà dévoile alors ce qui fait toute sa singularité : un territoire où la montagne et l’océan semblent ne jamais vraiment se séparer.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.