Con Dao : au cœur du printemps, le Vietnam révèle son archipel le plus secret

À près de 230 kilomètres au large de Vung Tau, dans le sud du Vietnam, Con Dao cultive une singularité rare en Asie du Sud-Est. Loin des grandes stations balnéaires et du tourisme de masse, cet archipel de seize îles combine plages désertes, reliefs couverts de jungle, eaux claires et mémoire historique dense. Ici, le voyage prend des airs d’échappée lointaine : on vient pour ralentir, marcher, plonger, observer les tortues et retrouver un Vietnam plus brut, plus silencieux, presque insulaire au sens premier du terme.

Con Dao n’est pas une destination de carte postale figée. C’est un territoire qui se mérite un peu, mais qui offre en retour une expérience à part, entre nature protégée, routes côtières spectaculaires et ambiance de bout du monde. La majorité de l’archipel est d’ailleurs intégrée à un parc national qui protège environ 6 000 hectares de forêt tropicale et 14 000 hectares d’espace marin, ce qui explique la sensation très intacte qui domine dès l’arrivée.

 

Un Vietnam insulaire, sauvage et inattendu

À Con Son, l’île principale où se concentrent hébergements, petits restaurants et quelques services, le décor change vite dès qu’on quitte le centre. Les routes longent des baies lumineuses, contournent des montagnes boisées et débouchent sur des plages presque vides. Con Dao séduit justement par cette sobriété : pas de front de mer suraménagé, peu de constructions massives, et une nature qui reste partout au premier plan. 
L’archipel a aussi une profondeur historique rare. Con Dao abrite l’un des anciens bagnes les plus connus du Vietnam, utilisé successivement sous la colonisation française puis durant la guerre. Aujourd’hui, la visite du musée et des prisons apporte une lecture plus complète du lieu : derrière la douceur tropicale, l’archipel raconte aussi une part essentielle de l’histoire vietnamienne.

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Le parc national, cœur battant de l’archipel

C’est le grand atout de Con Dao. Randonnées en forêt, points de vue sur les caps rocheux, snorkeling, sorties en bateau vers les îlots périphériques : le parc national structure largement le séjour. Sur terre, les sentiers permettent d’entrer dans un environnement tropical encore préservé. En mer, les eaux autour des îles offrent parmi les plus belles expériences de snorkeling et de plongée du Vietnam, avec coraux, poissons tropicaux et une visibilité souvent favorable entre le printemps et le début de l’été. 
Parmi les expériences les plus marquantes, l’observation des tortues marines reste le grand moment signature de Con Dao. L’archipel est considéré comme le principal sanctuaire de ponte des tortues marines au Vietnam, avec des excursions strictement encadrées par les gardes du parc, notamment vers l’île de Bay Canh. La meilleure période s’étend globalement de mai à octobre, avec un pic souvent observé entre juillet et septembre selon les sources.

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Des journées entre plages, plongée et routes côtières

Con Dao se découvre très bien à scooter ou à vélo électrique. C’est même l’une des meilleures façons d’apprécier le rythme de l’île principale : rouler le matin le long de la côte, s’arrêter pour une baignade, déjeuner de fruits de mer puis repartir vers une plage plus discrète. Dam Trau, souvent citée parmi les plus belles plages de l’archipel, attire pour son sable blond et sa proximité avec l’aéroport, tandis qu’An Hai ou Lo Voi offrent des pauses plus accessibles depuis la ville. Les amateurs d’activités nautiques ont ici de quoi composer un vrai séjour nature. Les sorties en mer permettent de rejoindre des îlots plus isolés, de faire du snorkeling ou de plonger sur des sites réputés. La saison de plongée est généralement donnée de mars à octobre, avec des conditions particulièrement appréciées entre mars et juin. C’est à ce moment que Con Dao montre son visage le plus limpide, entre jungle verte et mer presque translucide.

 

Quand partir pour profiter pleinement de Con Dao
Le climat de Con Dao ne se lit pas tout à fait comme celui du reste du sud vietnamien. Plusieurs sources locales et touristiques considèrent que la période allant de mars à septembre est idéale pour profiter de la destination, avec une mer souvent praticable et des fenêtres météo favorables aux excursions nautiques. D’autres rappellent que la saison sèche s’étend plutôt de décembre à avril, tandis que la saison humide court de mai à novembre. En pratique, tout dépend donc de ce que l’on cherche : mer, snorkeling et tortues marines entre le printemps et la fin de l’été ; atmosphère plus fraîche et plus calme entre l’automne et l’hiver. 
Le meilleur compromis reste souvent mars à juin : les conditions sont généralement agréables, la fréquentation reste plus contenue qu’en plein été, et l’on profite à la fois des plages, des balades et des activités sous-marines. Pour vivre l’expérience tortues, il faut viser mai à octobre, en réservant les excursions très en amont.

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Comment rejoindre Con Dao
C’est l’un des points clés de l’organisation. Con Dao se rejoint soit par avion, soit par ferry. L’option la plus simple reste l’avion, avec des liaisons mentionnées depuis Hô Chi Minh-Ville et, selon les périodes, depuis d’autres villes du sud. Il existe aussi une liaison héliportée depuis Vung Tau, donnée à 60 minutes de vol par Vietnam Airlines dans son guide de destination. 
Par la mer, plusieurs routes sont possibles selon les saisons et les opérateurs, notamment depuis Vung Tau et Tran De (province de Soc Trang). Le trajet depuis Vung Tau dure généralement autour de 3 h 30 à 4 h, tandis que la liaison depuis Soc Trang est souvent présentée comme la plus rapide, autour de 2 heures. Les rotations pouvant varier selon l’état de la mer et la saison, il faut impérativement vérifier les horaires juste avant le départ.

 

Où dormir et pour quel type de voyage
Con Dao s’adresse à plusieurs profils. Les voyageurs en quête d’un séjour nature simple peuvent viser les petites adresses de Con Son, pratiques pour louer un deux-roues et rayonner facilement. Les couples recherchant une parenthèse plus exclusive trouveront aussi sur l’archipel une offre haut de gamme bien installée, portée notamment par quelques resorts confidentiels. L’esprit du lieu fonctionne particulièrement bien pour un séjour de 3 à 5 jours : assez long pour prendre le rythme de l’île, visiter les sites historiques, prévoir une sortie en mer et consacrer du temps aux plages.

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Infos pratiques avant de partir
Pour les ressortissants français, le Vietnam accorde une exemption de visa pour les séjours de 45 jours maximum, à condition notamment de disposer d’un passeport valable au moins six mois à l’entrée sur le territoire. Au-delà, un e-visa est nécessaire. Sur place, mieux vaut prévoir du liquide en complément de la carte bancaire, surtout pour les petites dépenses, les locations de scooter ou certains restaurants. Il faut aussi garder à l’esprit que Con Dao est une destination protégée : certaines activités, notamment autour des tortues, sont encadrées, et des règles locales récentes rappellent l’importance de limiter certains déchets et de respecter les sites naturels et mémoriels.

 

Pourquoi Con Dao mérite le voyage
Con Dao ne cherche pas à séduire par le spectaculaire facile. Sa force vient d’ailleurs : une sensation d’isolement rare, une nature omniprésente, une mer superbe, une histoire forte et une vraie cohérence d’ensemble. On y vient moins pour “cocher” une île de plus que pour vivre quelques jours de déconnexion active, entre baignades, excursions, forêts, mémoire et horizons très ouverts.
À l’heure où une partie de l’Asie littorale s’uniformise, l’archipel vietnamien conserve quelque chose de précieux : l’impression d’arriver dans un endroit encore préservé, encore un peu à l’écart, où le voyage reprend des allures d’aventure douce.

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.