Que voir au Cap-Vert pour réussir un premier voyage dans l’archipel ?

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Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Plages de sable blanc, volcans, vallées agricoles, ports et villes créoles : le Cap-Vert ne se résume pas à une seule île. Pour une première découverte, le principal défi consiste à choisir un itinéraire réaliste parmi dix îles aux personnalités très différentes.

Combien d’îles peut-on réellement découvrir lors d’un premier séjour ?

Le Cap-Vert s’étire dans l’Atlantique, au large du Sénégal, et réunit dix îles dont neuf sont habitées. Elles se répartissent entre Barlavento, au nord, et Sotavento, au sud. Cette géographie explique la diversité du voyage : Sal et Boa Vista sont arides et balnéaires, Santo Antão est montagneuse, São Vicente cultive une forte identité musicale, Santiago concentre une grande partie de la population et Fogo s’organise autour d’un volcan actif.

Une erreur fréquente consiste à vouloir enchaîner quatre ou cinq îles en une semaine. Les vols intérieurs et ferries existent, mais les horaires peuvent évoluer et les conditions maritimes perturber certaines traversées. Pour un premier séjour de sept jours, une île suffit souvent ; avec dix à quatorze jours, deux ou trois îles bien reliées composent un voyage beaucoup plus équilibré.

Sal ou Boa Vista : quelle île choisir pour les plages et le grand large ?

Sal accueille une part importante des vols internationaux. Autour de Santa Maria, les hôtels, restaurants et activités nautiques rendent l’arrivée facile. La longue plage convient au repos, tandis que Pedra de Lume, installé dans le cratère d’un ancien volcan, rappelle l’histoire du sel qui a donné son nom à l’île. Buracona et les paysages pierreux de l’intérieur se découvrent en excursion, sans imaginer pour autant une île verdoyante.

Boa Vista propose une sensation d’espace encore plus forte : dunes de Viana, plages immenses, villages isolés et routes parfois très dégradées. Les excursions doivent être choisies avec soin, notamment sur les zones de ponte des tortues, strictement encadrées en saison. La baignade appelle de la prudence sur les deux îles : vent, vagues et courants peuvent être puissants même devant une plage en apparence paisible. Les consignes locales priment toujours.

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Pourquoi Mindelo est-elle la meilleure porte d’entrée culturelle du Cap-Vert ?

Mindelo est souvent présentée comme la capitale culturelle de l’archipel. Son port naturel, ses maisons colorées, son marché et ses salles de musique donnent à São Vicente un visage urbain que n’offrent pas les îles balnéaires. La morna, rendue célèbre par Cesária Évora, n’est pas un simple décor touristique : elle fait partie d’une scène musicale active qui se découvre dans les bars et lors des festivals.

L’île elle-même est sèche et spectaculaire, avec des reliefs nus dominant l’océan. Une journée suffit pour rejoindre Monte Verde, Salamansa ou la baie de São Pedro, mais Mindelo mérite des soirées sans programme rigide. Les liaisons avec Santo Antão font de São Vicente une excellente porte d’entrée pour un séjour combinant culture et randonnée.

Pourquoi Santo Antão est-elle l’île préférée des marcheurs ?

Depuis Mindelo, le ferry rejoint Porto Novo, sur Santo Antão. La route traverse ensuite des paysages presque minéraux avant de basculer vers des vallées plus vertes. Ribeira Grande, Paul et Ponta do Sol constituent les bases habituelles des marcheurs. Les sentiers pavés montent entre cultures en terrasses, villages accrochés aux pentes, bananiers et cannes à sucre. Le contraste avec Sal ou Boa Vista est saisissant.

La randonnée la plus connue relie Cova à la vallée de Paul, mais sa longue descente sollicite les genoux et le brouillard peut réduire la visibilité. Un guide local apporte une vraie valeur sur les itinéraires moins évidents et permet de mieux comprendre l’agriculture, l’eau et l’exode rural. Les aluguers, minibus collectifs, sont économiques mais ne suivent pas toujours un horaire fixe ; réserver un transfert facilite les journées les plus ambitieuses.

Que raconte Santiago de l’histoire créole et maritime de l’archipel ?

Santiago est l’île la plus peuplée et l’une des plus riches pour comprendre l’histoire du pays. Praia, la capitale, ne cherche pas à ressembler à une station balnéaire. Le quartier du Plateau, les marchés et les lieux culturels révèlent une ville africaine et atlantique, animée mais parfois déroutante pour qui n’a connu que les complexes de Sal.

À quelques kilomètres, Cidade Velha fut un port majeur de la traite transatlantique et la première ville coloniale européenne durable sous les tropiques. Son inscription au patrimoine mondial invite à regarder en face cette histoire. L’intérieur de Santiago, plus rural, mène vers Assomada puis Tarrafal, connue à la fois pour sa baie et pour l’ancien camp de détention du régime portugais. Cette combinaison de paysages et de mémoire donne à l’île une profondeur particulière.

Faut-il ajouter l’île volcanique de Fogo à un premier voyage ?

Fogo est dominée par le Pico do Fogo, sommet de l’archipel. Dans la caldeira de Chã das Caldeiras, les maisons, vignes et cultures semblent posées sur la lave. L’éruption de 2014 a détruit une partie des villages, reconstruits depuis au milieu des coulées. L’ascension du volcan est exigeante, très matinale et doit être envisagée avec un guide connaissant les conditions.

Même sans atteindre le sommet, dormir dans la caldeira permet d’observer les changements de lumière et de rencontrer les producteurs de vin et de café. São Filipe, avec ses sobrados colorés, constitue une autre étape importante. Fogo demande davantage de logistique que Sal, mais récompense les voyageurs prêts à ralentir.

Quelles formalités et précautions faut-il anticiper avant le départ ?

Les voyageurs doivent effectuer le pré-enregistrement EASE avant l’arrivée, en principe au moins cinq jours à l’avance, et régler la taxe de sécurité aéroportuaire lorsqu’elle s’applique. Le passeport doit répondre aux conditions de validité exigées ; les règles de visa dépendent de la nationalité et de la durée du séjour. Les portails officiels capverdiens et France Diplomatie doivent être consultés avant le départ, sans passer par un intermédiaire imitant le site officiel.

La monnaie est l’escudo capverdien. Les cartes fonctionnent dans de nombreux hôtels et restaurants, mais les espèces restent nécessaires sur les îles rurales. Il faut boire de l’eau en bouteille ou traitée, se protéger du soleil et des moustiques, et souscrire une assurance incluant rapatriement et activités prévues. Les infrastructures médicales sont limitées hors des principaux centres.

Quel itinéraire choisir pour ne pas passer son séjour dans les transports ?

Le Cap-Vert se découvre mieux lorsque l’on accepte ses temps de déplacement. Pour une première fois, le duo São Vicente–Santo Antão est idéal pour associer culture et marche ; Sal ou Boa Vista conviennent à un séjour reposant ; Santiago et Fogo offrent une approche plus historique et volcanique. Il n’existe pas une île qui résumerait toutes les autres.

Cette diversité est la force de l’archipel. En limitant le nombre d’étapes, en gardant une nuit de marge avant le vol international et en réservant les liaisons essentielles, on évite de transformer le séjour en course. Le Cap-Vert révèle alors sa vraie richesse : moins une collection de plages qu’un monde créole dispersé dans l’Atlantique.

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.