Les épaves les plus mystérieuses du monde

Culture nautique

Certaines épaves répondent à une question et en font naître dix autres. Un mécanisme astronomique retrouvé dans un navire antique, deux bâtiments de l’expédition Franklin conservés sous la glace ou un charbonnier américain disparu sans message : chaque site oblige les chercheurs à distinguer les indices, les hypothèses et les légendes. Voici six énigmes maritimes dont une partie résiste encore aux archives et à l’archéologie.

Certaines épaves répondent à une question et en font naître dix autres. Un mécanisme astronomique retrouvé dans un navire antique, deux bâtiments de l’expédition Franklin conservés sous la glace ou un charbonnier américain disparu sans message : chaque site oblige les chercheurs à distinguer les indices, les hypothèses et les légendes. Voici six énigmes maritimes dont une partie résiste encore aux archives et à l’archéologie.

L'Erebus et le Terror en Nouvelle-Zélande, août 1841
L'Erebus et le Terror en Nouvelle-Zélande, août 1841© Wikipédia

Erebus et Terror, les deux navires disparus dans les glaces de l'Arctique

En mai 1845, l'explorateur britannique sir John Franklin quitte l'Angleterre à la tête de 129 hommes embarqués sur deux navires, le HMS Erebus et le HMS Terror. Leur mission est aussi ambitieuse que dangereuse : découvrir un passage maritime permettant de relier l'Atlantique au Pacifique en traversant les eaux glacées de l'Arctique canadien. Les bâtiments ont été spécialement renforcés pour affronter la banquise et disposent de provisions pour plusieurs années. Pourtant, aucun des marins ne reviendra de cette expédition. Après une dernière rencontre avec deux baleiniers dans la baie de Baffin, en août 1845, les navires disparaissent progressivement des radars de l'époque. Ce n'est que plusieurs années plus tard que les premières recherches permettent de reconstituer une partie de leur parcours. En septembre 1846, les deux bâtiments se retrouvent prisonniers des glaces près de l'île du Roi-Guillaume. Malgré les efforts des équipages, la banquise ne se disloque pas suffisamment pour leur permettre de reprendre la mer. Les hommes passent ainsi deux hivers successifs immobilisés dans un environnement où les températures peuvent descendre très largement sous zéro.

La situation devient dramatique. Franklin meurt le 11 juin 1847, sans que les circonstances exactes de son décès soient connues. Le 22 avril 1848, les 105 survivants décident finalement d'abandonner les navires. Leur objectif est de rejoindre à pied la région de la rivière Back, plusieurs centaines de kilomètres plus au sud. Affaiblis par le froid, le manque de nourriture et probablement différentes maladies, ils entreprennent une marche désespérée en traînant leurs équipements et leurs dernières provisions. Aucun ne survivra. Pendant plus de 150 ans, le destin des deux bâtiments reste une énigme. Des tombes, des ossements et des objets personnels sont progressivement retrouvés dans l'Arctique. Certains ossements portent des traces de découpe, alimentant l'hypothèse d'actes de cannibalisme dans les derniers moments de l'expédition. Mais où les navires ont-ils terminé leur voyage ? La réponse n'arrive qu'en 2014, lorsque des chercheurs canadiens découvrent l'épave de l'Erebus. Deux ans plus tard, en 2016, celle du Terror est localisée à son tour.

Ces découvertes ont été rendues possibles notamment grâce aux récits transmis par les Inuit, qui avaient conservé la mémoire de navires immobilisés et de marins aperçus dans la région. Aujourd'hui encore, les archéologues explorent les épaves, remarquablement préservées par les eaux froides. Une question majeure demeure : que s'est-il passé entre l'abandon officiel des navires en 1848 et leur naufrage définitif ? Leur position laisse envisager une histoire plus complexe que celle d'une simple disparition dans les glaces.

Anticythère, l'épave antique qui cachait une machine vieille de 2 000 ans

 

Fragment principal de la machine d'Anticythère.
Fragment principal de la machine d'Anticythère. © Wikipédia

 

En 1900, des pêcheurs d'éponges grecs découvrent par hasard une épave au large de la petite île d'Anticythère, entre la Crète et le Péloponnèse. À plusieurs dizaines de mètres de profondeur, les plongeurs aperçoivent des statues, des amphores et les vestiges d'un navire marchand ayant sombré au Ier siècle avant notre ère. Les opérations de récupération, menées à partir de 1900, permettent de remonter à la surface une cargaison exceptionnelle : sculptures de bronze et de marbre, verreries, bijoux et objets précieux. Mais une découverte, passée presque inaperçue au départ, va bouleverser l'histoire des sciences. Parmi les vestiges figure un étrange bloc de bronze fortement corrodé. Lorsqu'il commence à se fragmenter, les chercheurs découvrent à l'intérieur de minuscules roues dentées, des inscriptions grecques et un ensemble complexe d'engrenages. L'objet ne ressemble à rien de connu pour cette période. Il faudra plusieurs décennies d'études pour comprendre que cette machine, aujourd'hui appelée mécanisme d'Anticythère, était capable de reproduire mécaniquement certains cycles astronomiques.

Grâce à une trentaine d'engrenages conservés et à des systèmes de cadrans, l'appareil pouvait notamment représenter les mouvements du Soleil et de la Lune, suivre des calendriers et prévoir certaines éclipses. Son degré de sophistication est stupéfiant pour une machine fabriquée il y a plus de 2 000 ans. Aucun dispositif mécanique d'une complexité comparable n'est actuellement connu pour les siècles qui ont immédiatement suivi sa création.

Mais comment un instrument aussi élaboré s'est-il retrouvé au fond de la Méditerranée ? Le navire qui le transportait était probablement engagé dans le commerce maritime entre le monde grec et l'Italie romaine. Sa cargaison d'objets de luxe laisse supposer qu'il devait approvisionner de riches commanditaires. Les circonstances exactes de son naufrage demeurent inconnues : une tempête ou un accident de navigation dans les eaux difficiles entourant Anticythère sont des explications envisageables, mais aucune n'est définitivement démontrée. Le mécanisme lui-même conserve plusieurs secrets. Qui l'a fabriqué ? Était-il destiné à un savant, à une école ou à un riche collectionneur ? Quelles fonctions supplémentaires possédaient les parties aujourd'hui disparues ? Les 82 fragments conservés ne représentent qu'une partie de la machine originale. Les chercheurs utilisent désormais l'imagerie tridimensionnelle et la tomographie aux rayons X pour reconstituer son fonctionnement. Plus de deux millénaires après le naufrage, cette épave continue ainsi de révéler l'étendue des connaissances scientifiques de l'Antiquité.

L'USS Cyclops, le géant américain disparu avec 306 personnes à bord

 

© Wikipédia

 

Le 4 mars 1918, en pleine Première Guerre mondiale, l'USS Cyclops, un imposant navire auxiliaire de la marine américaine de près de 165 mètres de long, quitte la Barbade pour rejoindre Baltimore, sur la côte est des États-Unis. À son bord se trouvent 306 personnes, membres d'équipage et passagers, ainsi qu'une importante cargaison de minerai de manganèse chargée au Brésil. Le navire doit atteindre sa destination quelques jours plus tard. Pourtant, il n'arrivera jamais à Baltimore. Aucun appel de détresse, aucun message signalant une avarie, aucun survivant : le bâtiment semble s'être volatilisé au milieu de l'Atlantique. Cette disparition est d'autant plus troublante que l'USS Cyclops n'est pas un petit bateau vulnérable aux caprices de la mer. Construit pour transporter d'importantes quantités de charbon, il possède une structure massive et appartient à la marine américaine. Pourtant, plusieurs éléments auraient pu fragiliser le bâtiment. Avant son dernier voyage, son commandant avait signalé une avarie sur l'un des moteurs, obligeant le navire à poursuivre sa route avec une propulsion réduite. Sa cargaison de manganèse, particulièrement dense, soulevait également des interrogations sur sa stabilité et sur la répartition des charges dans ses cales.

Lorsque le navire ne se présente pas à Baltimore, les autorités américaines tentent de comprendre ce qui s'est passé. Les premières hypothèses évoquent une attaque allemande, puisque les États-Unis sont alors engagés dans la guerre. Mais aucun sous-marin ennemi ne revendique la destruction du bâtiment et les archives allemandes ne fournissent aucune preuve d'une telle opération.

D'autres explications sont avancées. Une violente tempête aurait pu surprendre le navire déjà fragilisé par ses problèmes mécaniques. Une mauvaise répartition du minerai aurait également pu compromettre sa stabilité, voire provoquer un chavirement brutal. La combinaison d'une mer difficile, d'une propulsion dégradée et d'un chargement particulièrement lourd constitue aujourd'hui l'une des pistes les plus sérieuses. Mais sans épave, il reste impossible de déterminer précisément les circonstances du drame. Au fil du XXe siècle, la disparition de l'USS Cyclops est devenue l'un des récits les plus célèbres associés au triangle des Bermudes, cette zone de l'Atlantique à laquelle sont attribuées de nombreuses disparitions mystérieuses. Certains auteurs ont même évoqué des phénomènes surnaturels. Aucune preuve scientifique ne vient pourtant étayer ces théories. Plus d'un siècle après son dernier départ, le Cyclops demeure introuvable. Avec ses 306 disparus, il représente l'une des pertes humaines les plus importantes de l'histoire de la marine américaine survenues hors combat, sans qu'aucune cause certaine ait jamais pu être établie.

Le San José, le galion espagnol englouti avec un trésor colossal

 

© Colombian Presidency

 

Le 8 juin 1708, au large de Carthagène des Indes, dans l'actuelle Colombie, un imposant galion espagnol navigue dans les eaux des Caraïbes. Baptisé San José, ce navire de guerre transporte une cargaison exceptionnelle : de grandes quantités d'or, d'argent, de monnaies et de pierres précieuses provenant des territoires américains de la Couronne espagnole. Ces richesses doivent rejoindre l'Europe, alors que l'Espagne est engagée dans la guerre de Succession d'Espagne. Mais les Britanniques connaissent l'importance de ces convois et cherchent à s'emparer de leurs précieuses cargaisons. Ce jour-là, une escadre britannique commandée par Charles Wager intercepte la flotte espagnole. Un affrontement s'engage et le San José, armé de dizaines de canons, se retrouve au cœur des combats. Le galion affronte notamment le navire britannique HMS Expedition. Dans la soirée, alors que les tirs se poursuivent, le bâtiment espagnol sombre brutalement, emportant avec lui la majeure partie de son équipage et de ses passagers, soit plusieurs centaines de personnes. Le trésor disparaît lui aussi sous les eaux.

Pendant longtemps, le récit dominant attribue la destruction du San José à une explosion spectaculaire, probablement provoquée par l'embrasement de sa réserve de poudre après un tir ennemi. Mais cette explication, souvent présentée comme une certitude, est aujourd'hui discutée. Les recherches archéologiques menées sur le site suggèrent que le navire n'a peut-être pas été détruit par une explosion massive. Une importante voie d'eau ou des dommages structurels provoqués pendant la bataille pourraient également expliquer son naufrage. Durant plus de trois siècles, l'emplacement exact du galion reste inconnu. Sa cargaison, dont la valeur potentielle est parfois estimée à plusieurs milliards de dollars, alimente les rêves des chasseurs de trésors. Il faut attendre 2015 pour que les autorités colombiennes annoncent la découverte de l'épave, à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Des images sous-marines révèlent des canons de bronze, des pièces de monnaie, des porcelaines et de nombreux objets dispersés sur le fond marin.

La découverte ouvre cependant un nouveau chapitre, aussi complexe que la recherche elle-même. À qui appartient ce trésor ? La Colombie revendique le patrimoine archéologique découvert dans ses eaux, tandis que l'Espagne fait valoir le statut de navire d'État du galion. Des communautés autochtones et une société privée de recherches ont également défendu leurs intérêts. Au-delà des richesses transportées, le San José constitue surtout une sépulture maritime et un témoignage exceptionnel du commerce colonial. Les campagnes archéologiques récentes tentent désormais de reconstituer les circonstances exactes de sa disparition. En 2024, les chercheurs ont répertorié plus de 6 700 éléments archéologiques sur le site, dont la disposition pourrait remettre en cause la théorie de l'explosion. Le véritable mystère du San José ne concerne donc plus seulement son trésor, mais également les dernières minutes de ce géant des mers, englouti au cours d'une bataille il y a plus de trois siècles.

Le Mary Rose, le navire d'Henri VIII qui a sombré sous les yeux du roi

 

Restes de la coque de la Mary Rose.
Restes de la coque de la Mary Rose. © Wikipédia

 

Le 19 juillet 1545, au large de Portsmouth, dans le sud de l'Angleterre, une bataille navale oppose la flotte anglaise aux forces françaises. Parmi les bâtiments britanniques figure le Mary Rose, l'un des navires de guerre les plus prestigieux du roi Henri VIII. Construit au début du XVIe siècle, ce bâtiment lourdement armé a participé à plusieurs campagnes militaires et constitue un symbole de la puissance maritime anglaise. Pourtant, ce jour-là, il va sombrer en quelques instants, sous les yeux du souverain qui observe les opérations depuis la côte. Alors que les navires anglais affrontent les galères françaises dans le Solent, le bras de mer séparant Portsmouth de l'île de Wight, le Mary Rose effectue une manœuvre pour repositionner son artillerie. Selon le témoignage d'un marin ayant survécu à la catastrophe, le bâtiment vient de tirer avec ses canons d'un bord et s'apprête à présenter son autre flanc à l'ennemi. Mais une forte rafale de vent s'engouffre dans ses voiles et provoque une importante inclinaison de la coque. Les sabords inférieurs, restés ouverts pour permettre les tirs, passent alors sous la ligne de flottaison. L'eau envahit brutalement les ponts et le navire chavire avant que l'équipage puisse réagir.

Le naufrage est catastrophique. Sur les quelque 500 hommes qui auraient été présents à bord, seule une trentaine parvient à survivre, selon les estimations retenues par le musée consacré au navire. De nombreux marins se retrouvent piégés à l'intérieur, incapables de rejoindre les ouvertures alors que le bâtiment se couche sur le flanc. Le Mary Rose disparaît dans les eaux du Solent avec son artillerie, ses équipements et une grande partie de son équipage. Mais pourquoi un navire aussi expérimenté a-t-il chaviré lors d'une manœuvre qui aurait dû être relativement ordinaire ? L'explication des sabords ouverts et de la rafale de vent reste la plus fréquemment avancée. D'autres facteurs ont cependant été évoqués, notamment la surcharge du bâtiment, les modifications apportées à sa structure et les difficultés de coordination au sein de l'équipage. Certains récits contemporains mentionnent également des problèmes de discipline. Malgré les témoignages historiques, les spécialistes ne peuvent toujours pas déterminer avec une certitude absolue l'enchaînement des événements ayant conduit au naufrage.

Pendant plus de quatre siècles, le Mary Rose repose au fond de la mer, progressivement recouvert par les sédiments. Son épave est redécouverte en 1971, avant qu'une spectaculaire opération de renflouement permette de remonter une grande partie de sa coque le 11 octobre 1982. Les archéologues découvrent alors une véritable capsule temporelle : armes, vêtements, chaussures, instruments de navigation, objets personnels et même des restes humains remarquablement conservés. Au total, près de 19 000 objets ont été récupérés et étudiés, offrant un témoignage exceptionnel sur la vie quotidienne des marins du XVIe siècle. Aujourd'hui exposé à Portsmouth, le Mary Rose continue de fasciner les historiens. Si les vestiges ont permis de mieux comprendre l'organisation d'un navire de guerre de la Renaissance, ils n'ont pas entièrement résolu l'énigme de son naufrage. Près de cinq siècles plus tard, les dernières minutes du bâtiment d'Henri VIII suscitent encore des interrogations.

Le Baltic Ace, un naufrage moderne provoqué par une collision fatale

 

© wikipédia

 

Le 5 décembre 2012, en mer du Nord, le Baltic Ace, un navire transportant 1 417 voitures, quitte le port belge de Zeebruges à destination de la Finlande. En début de soirée, alors qu'il traverse une zone de trafic maritime particulièrement fréquentée, sa route croise celle du Corvus J, un porte-conteneurs qui se dirige vers Anvers. Les deux équipages repèrent pourtant la présence de l'autre navire, mais une succession de mauvaises décisions va transformer cette rencontre en catastrophe.

Peu après 19 h 15, heure locale, les deux bâtiments entrent violemment en collision. Le Corvus J éventre le flanc tribord du Baltic Ace, provoquant une importante voie d'eau. Le roulier commence immédiatement à s'incliner. L'équipage reçoit l'ordre d'abandonner le navire, mais tout se déroule à une vitesse terrifiante : en une quinzaine de minutes, le Baltic Ace sombre dans les eaux glaciales de la mer du Nord. Sur les 24 marins présents à bord, seuls 13 survivent. Le naufrage fait 11 victimes.

Comment deux navires équipés de radars et de systèmes modernes de navigation ont-ils pu entrer en collision alors qu'ils s'étaient détectés plusieurs minutes auparavant ? L'enquête maritime révèle des manœuvres contradictoires et des échanges radio confus. Alors que le Corvus J vire à tribord, le Baltic Ace modifie sa trajectoire vers bâbord, rapprochant dangereusement les deux bâtiments. Aucun des équipages ne parvient à éviter l'impact.

Contrairement aux épaves anciennes dont les circonstances du naufrage restent parfois inconnues, celle du Baltic Ace a livré une grande partie de ses secrets grâce aux enregistrements de navigation et aux investigations. Son histoire demeure néanmoins un exemple tragique des limites de la technologie face aux erreurs humaines : même au XXIe siècle, quelques minutes de confusion peuvent suffire à faire disparaître un navire.

L’Ourang Medan, le navire fantôme dont personne n’a retrouvé la trace

 

© DR

 

C’est l’une des histoires les plus troublantes de la littérature maritime. À la fin des années 1940, un cargo néerlandais baptisé Ourang Medan aurait été retrouvé à la dérive dans le détroit de Malacca, entre la Malaisie et l’île indonésienne de Sumatra. Tout aurait commencé par un mystérieux message de détresse capté par plusieurs navires naviguant dans la région. L’opérateur radio signalait que le capitaine et les officiers étaient morts, avant d’indiquer que l’ensemble de l’équipage semblait avoir subi le même sort. Puis, après quelques signaux incohérents, un dernier message aurait été transmis : « Je meurs. » Alerté, un navire américain nommé Silver Star se serait rendu sur place. À son arrivée, le cargo semblait intact, mais aucun signe de vie n'était visible à bord. Lorsque les sauveteurs seraient montés sur le pont, ils auraient découvert une scène terrifiante : les marins gisaient sans vie, certains à leur poste, d'autres sur le pont, les yeux ouverts et le visage figé dans une expression d'effroi. Même le chien du bord aurait été retrouvé mort. Plus étrange encore, aucun corps ne présentait de blessure apparente susceptible d'expliquer ces décès simultanés.

Alors que les sauveteurs s'apprêtaient à remorquer le bâtiment, un incendie se serait déclaré dans les cales. Contraints d'évacuer précipitamment, ils auraient assisté à une violente explosion avant de voir l'Ourang Medan disparaître sous les flots. Avec lui auraient sombré tous les indices permettant de comprendre ce qui avait pu se produire. Au fil des décennies, plusieurs hypothèses ont circulé, notamment celle d'une cargaison clandestine de produits chimiques toxiques, dont les émanations auraient asphyxié l'équipage avant de provoquer l'explosion.

Mais cette histoire spectaculaire présente un problème majeur : rien ne permet d'affirmer qu'elle s'est réellement produite. Aucune trace fiable du navire n'a été retrouvée dans les registres maritimes, aucun rapport d'enquête ne confirme la découverte des corps et aucune épave n'a jamais été identifiée. Plus troublant encore, des versions du récit circulaient déjà dans la presse dès 1940, plusieurs années avant la date généralement avancée pour le naufrage. Les descriptions et les lieux supposés de l'accident ont également changé au fil des publications. L'Ourang Medan est donc probablement davantage une légende maritime qu'une véritable épave mystérieuse. Son histoire illustre néanmoins la fascination qu'exercent les navires disparus et la facilité avec laquelle un récit spectaculaire, répété pendant des décennies, peut finir par être considéré comme un fait historique.

Des mystères que la mer n'a pas fini de révéler

Qu'elles aient disparu sans laisser de traces ou qu'elles reposent depuis des siècles au fond des océans, ces épaves continuent de fasciner. Certaines ont livré une partie de leurs secrets grâce aux progrès de l'archéologie sous-marine, tandis que d'autres demeurent de véritables énigmes. Chaque nouvelle exploration peut apporter des réponses, mais aussi soulever de nouvelles questions. Une chose est certaine : les fonds marins recèlent encore bien des histoires qui ne demandent qu'à être découvertes.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.