Majorque au printemps : 5 criques sauvages à découvrir avant l'afflux touristique
Lorsque la saison redémarre doucement aux Baléares, Majorque retrouve une atmosphère presque méditative. La lumière est plus douce, les vents restent généralement modérés et les reliefs de la Serra de Tramuntana conservent encore des teintes vertes. Pour les navigateurs, cette période est idéale : la mer est déjà accueillante, les criques ne sont pas saturées et l’île dévoile des paysages que l’on ne retrouve plus en plein été. Certaines anses, difficiles voire impossibles d’accès par la terre, prennent alors toute leur dimension maritime.
1. Cala en Gossalba, la discrète de Formentor
Située sur la spectaculaire péninsule de Formentor, à l’extrême nord de l’île, Cala en Gossalba est l’une des criques les plus isolées du secteur. Encerclée par des falaises calcaires abruptes, elle ne dispose d’aucune route directe ; l’accès par la mer s’impose naturellement, renforçant son caractère confidentiel. L’arrivée en bateau est impressionnante : les parois blanches plongent dans une eau d’un bleu profond qui s’éclaircit progressivement à l’approche de la plage de galets. Les fonds alternent sable et roches, avec une profondeur qui augmente assez rapidement en quittant le rivage. Le mouillage peut s’envisager par 6 à 10 m sur fond sableux, en veillant à bien positionner l’ancre entre les zones rocheuses. La tenue est correcte par temps stable, mais l’exposition aux vents de nord et à la houle associée impose de surveiller attentivement les prévisions. Au printemps, la crique conserve une atmosphère presque intacte. Le trafic maritime reste modéré et le silence n’est troublé que par le ressac et le vent dans les pins accrochés aux falaises. C’est un mouillage à privilégier pour quelques heures ou une nuit bien choisie, lorsque les conditions sont favorables.
2. Cala Varques, la sauvage de la côte Est
Sur la côte orientale de Majorque, Cala Varques se distingue par son cadre minéral spectaculaire. Bien qu’un sentier permette d’y accéder à pied après une longue marche, l’arrivée par la mer reste la plus cohérente pour les plaisanciers. La crique s’ouvre largement entre des falaises ocre et une végétation méditerranéenne dense. Le contraste entre la roche chaude et l’eau turquoise est particulièrement marqué au printemps, lorsque la luminosité met en valeur les reliefs. Le mouillage se pratique sur un vaste fond sableux par 5 à 8 m, avec une tenue généralement satisfaisante. Les parois offrent une protection relative contre les vents dominants d’ouest et de sud-ouest, mais l’exposition à l’est doit être prise en compte en cas de houle formée. Les grottes marines creusées dans les falaises ajoutent une dimension d’exploration supplémentaire. En annexe ou en paddle, il est possible d’approcher ces cavités naturelles qui témoignent de l’érosion continue de la côte. Avant l’été, la crique reste respirable, loin de la concentration de bateaux et d’embarcations de location qui caractérise la haute saison.
3. Cala Tuent, l’alternative confidentielle face à Sa Calobra
À l’ouest, au cœur de la Serra de Tramuntana, Cala Tuent offre un décor radicalement différent des plages de carte postale. Encadrée par des montagnes abruptes, cette anse de galets dégage une impression de puissance et d’isolement. Plus discrète que la célèbre Sa Calobra située à proximité, elle séduit les navigateurs qui recherchent un mouillage moins fréquenté. Les fonds sont mixtes, composés de sable et de zones d’herbiers de posidonies. L’ancre doit être posée avec précision par 6 à 12 m pour éviter d’endommager ces herbiers protégés. La tenue est généralement bonne par mer stable, mais l’ouverture vers le large impose prudence en cas de changement de vent. Au printemps, les montagnes encore verdoyantes plongent directement dans la mer, créant un décor presque dramatique. L’absence d’urbanisation massive renforce le sentiment d’être dans une enclave naturelle préservée. Ce mouillage s’adresse aux plaisanciers attentifs aux conditions météo et soucieux de naviguer dans un environnement encore brut.
4. Cala en Basset, le bout du monde face à Sa Dragonera
Sur la façade sud-ouest, côté Sant Elm Andratx, Cala en Basset donne exactement ce que l’on cherche au printemps : une anse brute, encaissée, avec Sa Dragonera en ligne de mire, et une sensation d’isolement qu’on ne retrouve plus dès que l’île se remplit. Elle n’a pas d’accès routier direct, ce qui explique pourquoi on la vit surtout comme un vrai coin de bateau, loin des plages “faciles”. À l’approche, le décor est très minéral, avec une eau claire sur roches et plaques plus claires : c’est le genre d’endroit où l’on met l’annexe à l’eau juste pour aller voir ce qu’il y a derrière la pointe et profiter du bord rocheux pour une baignade. Le mouillage demande simplement de choisir soigneusement sa zone selon la profondeur et le relief sous-marin, et de rester vigilant si la brise se renforce, parce que la côte ouest peut vite bouger dès qu’il y a de la mer.
5. Cala Marmols, la plus méridionale
Au sud-est de Majorque, Cala Marmols apparaît comme une entaille claire dans la côte rocheuse. Accessible uniquement après plusieurs kilomètres de marche ou par la mer, elle incarne parfaitement l’idée d’une crique préservée. Les falaises blanches encadrent une plage de sable blond baignée d’une eau cristalline. L’approche en bateau met en valeur les contrastes entre le calcaire clair et le bleu intense de la Méditerranée. Le mouillage se pratique par 5 à 9 m sur fond sableux, avec une tenue généralement satisfaisante lorsque la météo est stable. L’exposition au sud implique toutefois de choisir une fenêtre météorologique favorable. Au printemps, la lumière rasante accentue les reliefs et magnifie les couleurs. L’absence d’infrastructures et la relative rareté des embarcations renforcent le sentiment d’exclusivité. Cala Marmols figure parmi les escales les plus marquantes pour ceux qui parcourent la côte sud de l’île.
Une fenêtre privilégiée avant l’été
Explorer ces criques au printemps permet de profiter d’un équilibre rare à Majorque. Les températures sont déjà agréables, la mer commence à se réchauffer et la pression nautique reste mesurée. Les mouillages sont plus faciles à organiser, la navigation plus fluide et les paysages conservent une dimension presque intacte. À mesure que la saison avance, ces anses deviennent plus fréquentées et perdent une partie de leur caractère sauvage. Choisir le printemps, c’est donc privilégier une expérience maritime plus authentique, où la relation entre le bateau, la mer et la côte reprend toute son intensité.
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