Majorque au printemps : 5 criques sauvages à découvrir avant l'afflux touristique

Au printemps, Majorque révèle un visage plus confidentiel. Avant l’arrivée massive des visiteurs, certaines criques uniquement accessibles par la mer offrent aux plaisanciers un décor brut, minéral et préservé. Tour d’horizon de 5 mouillages sauvages à explorer en bateau, loin de l’agitation estivale.

Lorsque la saison redémarre doucement aux Baléares, Majorque retrouve une atmosphère presque méditative. La lumière est plus douce, les vents restent généralement modérés et les reliefs de la Serra de Tramuntana conservent encore des teintes vertes. Pour les navigateurs, cette période est idéale : la mer est déjà accueillante, les criques ne sont pas saturées et l’île dévoile des paysages que l’on ne retrouve plus en plein été. Certaines anses, difficiles voire impossibles d’accès par la terre, prennent alors toute leur dimension maritime.

 

1. Cala en Gossalba, la discrète de Formentor

© AdobeStock


Située sur la spectaculaire péninsule de Formentor, à l’extrême nord de l’île, Cala en Gossalba est l’une des criques les plus isolées du secteur. Encerclée par des falaises calcaires abruptes, elle ne dispose d’aucune route directe ; l’accès par la mer s’impose naturellement, renforçant son caractère confidentiel. L’arrivée en bateau est impressionnante : les parois blanches plongent dans une eau d’un bleu profond qui s’éclaircit progressivement à l’approche de la plage de galets. Les fonds alternent sable et roches, avec une profondeur qui augmente assez rapidement en quittant le rivage. Le mouillage peut s’envisager par 6 à 10 m sur fond sableux, en veillant à bien positionner l’ancre entre les zones rocheuses. La tenue est correcte par temps stable, mais l’exposition aux vents de nord et à la houle associée impose de surveiller attentivement les prévisions. Au printemps, la crique conserve une atmosphère presque intacte. Le trafic maritime reste modéré et le silence n’est troublé que par le ressac et le vent dans les pins accrochés aux falaises. C’est un mouillage à privilégier pour quelques heures ou une nuit bien choisie, lorsque les conditions sont favorables.

 

2. Cala Varques, la sauvage de la côte Est

© AdobeStock


Sur la côte orientale de Majorque, Cala Varques se distingue par son cadre minéral spectaculaire. Bien qu’un sentier permette d’y accéder à pied après une longue marche, l’arrivée par la mer reste la plus cohérente pour les plaisanciers. La crique s’ouvre largement entre des falaises ocre et une végétation méditerranéenne dense. Le contraste entre la roche chaude et l’eau turquoise est particulièrement marqué au printemps, lorsque la luminosité met en valeur les reliefs. Le mouillage se pratique sur un vaste fond sableux par 5 à 8 m, avec une tenue généralement satisfaisante. Les parois offrent une protection relative contre les vents dominants d’ouest et de sud-ouest, mais l’exposition à l’est doit être prise en compte en cas de houle formée. Les grottes marines creusées dans les falaises ajoutent une dimension d’exploration supplémentaire. En annexe ou en paddle, il est possible d’approcher ces cavités naturelles qui témoignent de l’érosion continue de la côte. Avant l’été, la crique reste respirable, loin de la concentration de bateaux et d’embarcations de location qui caractérise la haute saison.

 

3. Cala Tuent, l’alternative confidentielle face à Sa Calobra

© AdobeStock


À l’ouest, au cœur de la Serra de Tramuntana, Cala Tuent offre un décor radicalement différent des plages de carte postale. Encadrée par des montagnes abruptes, cette anse de galets dégage une impression de puissance et d’isolement. Plus discrète que la célèbre Sa Calobra située à proximité, elle séduit les navigateurs qui recherchent un mouillage moins fréquenté. Les fonds sont mixtes, composés de sable et de zones d’herbiers de posidonies. L’ancre doit être posée avec précision par 6 à 12 m pour éviter d’endommager ces herbiers protégés. La tenue est généralement bonne par mer stable, mais l’ouverture vers le large impose prudence en cas de changement de vent. Au printemps, les montagnes encore verdoyantes plongent directement dans la mer, créant un décor presque dramatique. L’absence d’urbanisation massive renforce le sentiment d’être dans une enclave naturelle préservée. Ce mouillage s’adresse aux plaisanciers attentifs aux conditions météo et soucieux de naviguer dans un environnement encore brut.

 

4. Cala en Basset, le bout du monde face à Sa Dragonera

© AdobeStock

Sur la façade sud-ouest, côté Sant Elm Andratx, Cala en Basset donne exactement ce que l’on cherche au printemps : une anse brute, encaissée, avec Sa Dragonera en ligne de mire, et une sensation d’isolement qu’on ne retrouve plus dès que l’île se remplit. Elle n’a pas d’accès routier direct, ce qui explique pourquoi on la vit surtout comme un vrai coin de bateau, loin des plages “faciles”. À l’approche, le décor est très minéral, avec une eau claire sur roches et plaques plus claires : c’est le genre d’endroit où l’on met l’annexe à l’eau juste pour aller voir ce qu’il y a derrière la pointe et profiter du bord rocheux pour une baignade. Le mouillage demande simplement de choisir soigneusement sa zone selon la profondeur et le relief sous-marin, et de rester vigilant si la brise se renforce, parce que la côte ouest peut vite bouger dès qu’il y a de la mer.

 

5. Cala Marmols, la plus méridionale

© AdobeStock


Au sud-est de Majorque, Cala Marmols apparaît comme une entaille claire dans la côte rocheuse. Accessible uniquement après plusieurs kilomètres de marche ou par la mer, elle incarne parfaitement l’idée d’une crique préservée. Les falaises blanches encadrent une plage de sable blond baignée d’une eau cristalline. L’approche en bateau met en valeur les contrastes entre le calcaire clair et le bleu intense de la Méditerranée. Le mouillage se pratique par 5 à 9 m sur fond sableux, avec une tenue généralement satisfaisante lorsque la météo est stable. L’exposition au sud implique toutefois de choisir une fenêtre météorologique favorable. Au printemps, la lumière rasante accentue les reliefs et magnifie les couleurs. L’absence d’infrastructures et la relative rareté des embarcations renforcent le sentiment d’exclusivité. Cala Marmols figure parmi les escales les plus marquantes pour ceux qui parcourent la côte sud de l’île.

 

Une fenêtre privilégiée avant l’été

Explorer ces criques au printemps permet de profiter d’un équilibre rare à Majorque. Les températures sont déjà agréables, la mer commence à se réchauffer et la pression nautique reste mesurée. Les mouillages sont plus faciles à organiser, la navigation plus fluide et les paysages conservent une dimension presque intacte. À mesure que la saison avance, ces anses deviennent plus fréquentées et perdent une partie de leur caractère sauvage. Choisir le printemps, c’est donc privilégier une expérience maritime plus authentique, où la relation entre le bateau, la mer et la côte reprend toute son intensité.
 

Et avant de partir en mer, ayez les bons réflexes en consultant la météo sur METEO CONSULT Marine et en téléchargeant l'application mobile gratuite Bloc Marine.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.