La Vendée Globe Fondation récompense le projet d'ADN environnemental porté par Fabrice Amedeo
C’est une belle reconnaissance pour le navigateur journaliste qui a fait, depuis 2019, le pari de transformer son bateau en navire d’opportunité pour la communauté scientifique : équiper de capteurs océanographiques son Imoca qui se rend sur des routes sur lesquelles les bateaux scientifiques ne vont pas. Fabrice Amedeo navigue ainsi avec un capteur de CO2, salinité et température, des données qui aident les scientifiques à mieux comprendre les conséquences du réchauffement climatique sur l’océan, un capteur de microplastiques, pour mieux connaitre les pollutions anthropiques, et un capteur d’ADN environnemental qui permet de mesurer le vivant sur les routes empruntées par son Imoca FDJ UNITED. C’est ce dernier capteur et le projet mis en place avec Xavier Pochon, scientifique Néozélandais, la fondation Citizens of the Sea et l’institut Cathrown qui a été récompensé ce mercredi par la Vendée Globe Fondation qui finance des projets engagés au service de la science et de la protection des océans.
Le projet porté en France par Fabrice Amedeo a amené le skipper à réaliser une campagne unique de mesure du vivant sur la route du Vendée Globe durant l’hiver 2024-2025. Tout organisme vivant laisse une trace ADN de son passage dans l’océan, des plus petites bactéries jusqu’aux plus gros cétacés. En piégeant l’ADN des organismes vivants, ce capteur permet de scanner le vivant, de recenser des espèces connues ou inconnues, de construire la mémoire génétique de l’océan et de mieux comprendre d’éventuelles migrations d’espèces dans un contexte de dérèglement climatique.
Après avoir collaboré à l’élaboration d’un capteur prototype, Fabrice Amedeo va tester une nouvelle génération de capteur lors de la prochaine Route du Rhum. L’ambition est ensuite d’équiper d’autres bateaux qui prendront le départ du prochain Vendée Globe, en novembre 2028, aux côtés de Fabrice Amedeo, afin de réaliser une campagne de mesure massive autour de la planète. Le tout sera financé et soutenu par la Fondation Vendée Globe.
Fabrice Amedeo : « C’est une belle reconnaissance pour mon projet et pour mon engagement en faveur de la préservation des océans. J’ai été un peu pionnier l’hiver dernier avec ce premier capteur d’ADN environnemental. L’objectif est maintenant que d’autres marins l’utilisent lors du prochain Vendée Globe mais aussi d’élargir cette démarche un jour à la flotte de pêche et aux navires de commerce. Les ressources heuristiques de l’ADN environnemental sont infinies et c’est en connaissant mieux les océans qu’on pourra mieux les protéger. Nous allons également travailler sur une nouvelle génération de capteur encore plus facile d’utilisation, pour que même un vainqueur potentiel du Vendée Globe puisse s’engager dans cette démarche. On ne peut plus aujourd’hui dissocier performance sur les océans et écologie. Je remercie la Vendée Globe Fondation et le docteur Franck Zal, président du comité scientifique, pour leur confiance et Alain Leboeuf, président du Vendée Globe et de la Vendée, pour cet engagement et pour sa volonté de faire de la plus grande des courses au large, un événement utile à la planète ».
Xavier Pochon, Membre fondateur & Responsable scientifique de Citizens of the Sea : « Ce projet vise à révéler la dimension biologique de l’observation des océans grâce à la collecte d’ADN environnemental (ADNe) lors des courses au large. S’appuyant sur les données recueillies durant le Vendée Globe 2024, le projet analysera les grands motifs de la biodiversité marine, développera un tableau de bord interactif destiné au grand public et testera une nouvelle génération de préleveurs automatiques d’ADNe, ouvrant la voie à leur déploiement sur plusieurs bateaux lors du Vendée Globe 2028. Je remercie la Vendée Globe Fondation pour sa confiance ».
