Phare de Point Amour : cap sur le géant du Labrador, entre été boréal, baleines et icebergs

Culture nautique
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Sur la côte sud du Labrador, face au détroit de Belle-Isle, le phare de Point Amour domine l’un des passages maritimes les plus saisissants de l’est canadien. Construit au XIXe siècle pour guider les navires transatlantiques vers le golfe du Saint-Laurent, ce géant blanc veille encore sur une mer froide, changeante, parcourue par les brouillards, les courants, les baleines et parfois les icebergs. Une escale rare, à la fois maritime, historique et sauvage, idéale pour les voyageurs qui rêvent d’un Canada plus brut, loin des grands itinéraires classiques.

Sur la côte sud du Labrador, face au détroit de Belle-Isle, le phare de Point Amour domine l’un des passages maritimes les plus saisissants de l’est canadien. Construit au XIXe siècle pour guider les navires transatlantiques vers le golfe du Saint-Laurent, ce géant blanc veille encore sur une mer froide, changeante, parcourue par les brouillards, les courants, les baleines et parfois les icebergs. Une escale rare, à la fois maritime, historique et sauvage, idéale pour les voyageurs qui rêvent d’un Canada plus brut, loin des grands itinéraires classiques.

© AdobeStock

Un phare au bout de la route

Point Amour n’est pas une destination que l’on atteint par hasard. Le phare se dresse sur la côte sud du Labrador, dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador, au bord du détroit de Belle-Isle. Ce bras de mer sépare Terre-Neuve de la péninsule du Labrador et constitue l’une des portes nord du golfe du Saint-Laurent. Sur la carte, le lieu semble déjà à part. Sur place, cette impression devient évidente.

Pour y arriver, il faut quitter les grands axes, suivre la côte, traverser des paysages dégagés et rejoindre un territoire où la mer impose immédiatement sa présence. Le décor est dépouillé, presque minéral, avec des falaises calcaires, des dunes, des landes rases et cet horizon large qui donne au Labrador son caractère si particulier. Ici, l’été est court, intense, lumineux. La saison touristique se concentre sur quelques mois, lorsque la route est praticable, que les glaces se retirent et que le détroit reprend son rôle de passage maritime.

 

Le gardien du détroit de Belle-Isle

Construit entre 1854 et 1857, le phare de Point Amour a été conçu pour sécuriser la navigation dans le détroit de Belle-Isle, alors que le trafic transatlantique augmentait fortement au XIXe siècle. Les vapeurs venus d’Europe empruntaient cette route plus directe vers le golfe du Saint-Laurent, mais le secteur restait dangereux : brouillards fréquents, courants, glaces dérivantes, côtes rocheuses et visibilité parfois très réduite.

Avec ses 33,2 m, Point Amour est aujourd’hui le plus haut phare de Terre-Neuve-et-Labrador et le 2e plus haut du Canada. Parcs Canada le classe parmi les phares patrimoniaux du pays et rappelle sa construction en pierre calcaire et en brique, avec une tour effilée attenante à une ancienne maison de gardien. Le site a été bâti pour servir la grande navigation transatlantique, mais aussi les marins locaux de la côte du Labrador. Au sommet, après 132 marches, le regard embrasse le détroit de Belle-Isle, la côte du Labrador et, par temps clair, les eaux qui mènent vers Terre-Neuve. Cette hauteur donne tout son sens au lieu : Point Amour n’est pas seulement un monument, c’est un poste d’observation sur l’une des grandes portes maritimes du Canada atlantique.

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Une construction isolée, pensée pour durer

Bâtir un phare à Point Amour au milieu du XIXe siècle relevait de la prouesse logistique. Le site était isolé, exposé aux vents et éloigné des grands centres d’approvisionnement. Les matériaux ont dû être acheminés par bateau, puis transportés jusqu’au chantier. Le choix de la pierre calcaire et de la brique répondait à une nécessité : construire une tour capable de résister au climat, au sel, au froid et aux tempêtes.

Le phare a été achevé en 1857, puis allumé pour la 1ère fois en 1858. À l’époque, il figurait parmi les installations les plus modernes de la côte. Sa fonction dépassait largement le simple signal lumineux. Avec sa maison de gardien, ses bâtiments annexes et son isolement, il incarnait une présence humaine permanente dans un paysage où les conditions pouvaient devenir extrêmes.

Avant l’arrivée des routes modernes, le phare servait aussi de repère pour les habitants de la région, qui se déplaçaient le long de la côte à pied ou en traîneau à chiens. Le site n’était donc pas seulement tourné vers les navires du large. Il faisait partie de la vie quotidienne d’un territoire où la mer, la glace et la distance structuraient tout.

 

Une visite entre patrimoine et bout du monde

Aujourd’hui, le phare de Point Amour se visite comme un site patrimonial majeur du Labrador. On y découvre l’histoire de sa construction, la vie des gardiens, le rôle du détroit de Belle-Isle dans la navigation transatlantique et l’importance des phares pour les communautés côtières. Mais l’expérience dépasse largement le cadre historique.

La montée au sommet, la vue sur le détroit, le vent, le silence, les falaises et la sensation d’espace donnent au lieu une intensité particulière. Ce n’est pas une visite de monument classique. C’est une rencontre avec un territoire. Le phare impose sa silhouette blanche dans un décor presque vide, mais ce vide n’a rien d’inerte : il est traversé par les migrations, les saisons, les glaces, les navires et les mémoires.

 

Point Amour, une escale pour l’été canadien

Le meilleur moment pour découvrir Point Amour reste l’été, lorsque la côte du Labrador devient plus accessible et que la vie marine anime le détroit. Les journées sont longues, les paysages ouverts, les excursions plus faciles à organiser et les chances d’observer baleines ou icebergs plus intéressantes selon les conditions de l’année.

C’est aussi une période précieuse parce qu’elle ne dure pas. Dans cette partie du Canada, la saison favorable a quelque chose d’intense et de fragile. Le voyage se prépare, les distances se respectent, et la météo garde toujours le dernier mot. Point Amour n’est pas une escale de hasard, mais une destination pour celles et ceux qui aiment les lieux puissants, marqués par la mer et l’histoire.

 

Le phare de Point Amour résume à lui seul une partie de l’histoire maritime canadienne : la conquête des routes transatlantiques, la nécessité de sécuriser les approches du Saint-Laurent, la vie rude des gardiens, les dangers du détroit de Belle-Isle et l’immensité du Labrador. Il est à la fois repère, monument, balcon sur la mer et témoin d’un monde où la navigation se jouait souvent dans le brouillard, le froid et l’incertitude.

Et avant de vous y rendre, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.