
À Guarapari, sur la côte brésilienne, certaines plages sont connues pour un phénomène aussi spectaculaire qu’inattendu : leur sable est naturellement radioactif. À Praia da Areia Preta, cette particularité géologique attire depuis des décennies scientifiques, curieux… et autrefois des visiteurs convaincus de ses supposées vertus thérapeutiques. À première vue, Praia da Areia Preta ressemble à beaucoup d’autres plages de la côte brésilienne. Une baie ouverte sur l’Atlantique, des immeubles en front de mer et des vacanciers venus profiter du littoral de Guarapari, dans l’État d’Espírito Santo.
Mais sous les serviettes se cache une curiosité géologique assez rare. Une partie du sable de cette plage contient d’importantes concentrations de monazite, un minéral naturellement riche en éléments radioactifs, notamment en thorium, mais aussi en uranium. Résultat : dans certaines zones, un compteur Geiger peut afficher des niveaux de radioactivité nettement supérieurs à ceux relevés sur une plage classique.
Une radioactivité qui varie selon les zones
Le phénomène est connu depuis longtemps et a fait l’objet de plusieurs travaux scientifiques. Les mesures montrent toutefois que toute la plage n’est pas exposée de la même manière. Les concentrations en minéraux lourds peuvent évoluer avec les courants, les vagues et les mouvements du sable. Certaines portions d’Areia Preta présentent ainsi des valeurs nettement plus élevées que d’autres.
Guarapari fait d’ailleurs partie des régions du monde régulièrement citées dans les études consacrées aux zones de forte radioactivité naturelle. Mais cette singularité n’a pas toujours inquiété les visiteurs. Bien au contraire.
Pendant plusieurs décennies, la radioactivité naturelle de Guarapari a participé à la réputation touristique de la ville. Des visiteurs venaient volontairement s’allonger ou s’enfouir partiellement dans le sable noir, auquel étaient prêtées des vertus contre les douleurs articulaires ou les rhumatismes. Une pratique parfois présentée comme une forme de « thérapie » naturelle. Cette réputation a contribué à faire de Guarapari une destination très connue au Brésil, même si aucun bénéfice médical de ce type n’est aujourd’hui solidement établi.
Un risque sanitaire encore difficile à mesurer
Une forte radioactivité naturelle ne signifie pas pour autant qu’un simple passage sur la plage entraîne automatiquement un danger pour la santé. Les doses réellement reçues dépendent notamment du temps passé sur place, de la zone fréquentée et de la concentration locale en minéraux radioactifs.
Les scientifiques continuent donc d’étudier Guarapari. Une étude récente comparant la ville à plusieurs autres communes côtières brésiliennes n’a notamment pas mis en évidence d’augmentation significative du nombre de cancers ou d’anomalies congénitales dans la population locale. Le site reste néanmoins particulièrement surveillé et étudié en raison de ses niveaux inhabituels de rayonnement naturel.
À Guarapari, le sable noir est ainsi devenu bien plus qu’une simple curiosité de plage : un laboratoire naturel à ciel ouvert, où géologie, tourisme et radioactivité se côtoient à quelques mètres seulement de l’océan Atlantique.
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