
Les bloqueurs sont de plus en plus présents sur les bateaux. Les deux raisons principales sont : faciliter la manœuvre et réduire le nombre de winchs.
Dans les catalogues d’accastillage, bien souvent, on utilise indifféremment les termes coinceur ou bloqueur pour définir le même produit. Pourtant la différence est importante. Le coinceur est conçu pour retenir un cordage sous tension alors que le bloqueur peut non seulement le maintenir mais il permet aussi de le régler. En résumé, un coinceur est un système simple qui retient un cordage mais qui ne le laisse pas filer progressivement sous charge. Il ne travaille que dans le sens tirant. On trouve des coinceurs sur les poulies, des taquets coinceurs ou encore, pour la voile légère, des coinceurs sifflet. Tous ces systèmes ont une mécanique simple sous forme de mâchoires crantées. Le bloqueur est beaucoup plus technique.
Les fonctions d’un bloqueur
Le bloqueur doit assurer deux fonctions. Il doit pouvoir libérer automatiquement la pression sur le cordage lorsque l’on reprend ce dernier manuellement ou à l’aide d’un winch et assurer le maintien lorsque l’on applique plus de force sur le cordage côté manœuvre (winch) sans pour autant le relâcher. Le levier de commande n’est utilisé que pour libérer le cordage sous charge. La mécanique interne qui assure ces fonctions doit le faire sans attaquer le cordage et fonctionner sur tous les textiles y compris sur les fibres exotiques. Pour maintenir le cordage, les constructeurs ont imaginé plusieurs systèmes. Lewmar a retenu des anneaux mobiles dans lesquels passe le cordage. Lorsque l’on actionne la poignée, ceux-ci s’inclinent et compressent le cordage pour le maintenir. Chez Antal c’est une came mobile dont la gorge est en forme de V. Quand on actionne le levier de maintien, la came mobile en V compresse le cordage tout en s’adaptant à son diamètre.
Comprendre les chiffres
Un bloqueur n’est pas conçu pour retenir un cordage unique mais pour une fourchette de diamètre, par exemple 4 à 8 mm voire trois valeurs 8, 10 et 12 mm. Pour éviter que le cordage ne glisse ou se détériore rapidement, il est prudent de prendre la valeur moyenne. Un modèle sur lequel est indiqué 4 à 8 mm aura une retenue optimum sans risque de glisse ou d’attaque du cordage pour du 6 mm. Certains fabricants, tout en donnant une fourchette, précisent en gras le diamètre le mieux adapté. Pour un modèle sur lequel est indiqué 8 - 10 - 12, le 10 mm est le mieux adapté. La charge de travail est une donnée importante. Elle correspond à la charge que peut retenir le bloqueur mais pas à celle du largage manuel avec le levier. Pour larguer un cordage sous charge importante, il faut le reprendre sur un winch pour pouvoir ouvrir son levier. En pratique, lorsque l’on reprend un cordage avec un winch, au moment où on le libère du winch, il y a un léger retrait. Suivant le modèle de bloqueur, il est compris entre 1 et 4 cm. Une valeur dont on doit tenir compte lorsque l’on étarque la drisse d’une voile. L’ouverture sous charge n’est jamais celle indiquée pour la charge de travail. Elle est inférieure et dépend de la construction du bloqueur.
Cordages exotiques, prenez garde au diamètre
Les cordages, dits exotiques (Dyneema, Aramstar, etc…), sont de plus en plus présents sur les bateaux. L’un de leurs avantages est que la résistance à diamètre égal par rapport à un cordage standard est beaucoup plus importante. On peut donc être amené à changer pour s’orienter vers ces cordages exotiques de diamètres plus petits. Attention, vérifiez que vos bloqueurs sont à même de les retenir.
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