Multicoques voile : standard plus options, l'addition s'il vous plaît !

Equipements
Mercredi 6 avril 2022 à 11h35

C’est une habitude, bonne ou mauvaise nous ne nous prononcerons pas, qui ne concerne pas que la nautisme, mais aussi l’automobile, l’habitat et même l’informatique ! Entre le prix « d’appel », qui porte bien son nom, et la facture finale pour un bateau réellement prêt à naviguer, voire à partir en grande croisière, l’écart en euros est plus que significatif. À deux semaines de l’ouverture du salon international du multicoque de La Grande Motte, Figaro Nautisme a mené l’enquête sur deux et trois coques.

©Salon International du Multicoques
C’est une habitude, bonne ou mauvaise nous ne nous prononcerons pas, qui ne concerne pas que la nautisme, mais aussi l’automobile, l’habitat et même l’informatique ! Entre le prix « d’appel », qui porte bien son nom, et la facture finale pour un bateau réellement prêt à naviguer, voire à partir en grande croisière, l’écart en euros est plus que significatif. À deux semaines de l’ouverture du salon international du multicoque de La Grande Motte, Figaro Nautisme a mené l’enquête sur deux et trois coques.

Répondant à une stratégie qui échappe parfois à nos réflexions de simples plaisanciers, avec un catamaran au prix standard affiché par les chantiers, il est tout simplement impossible de naviguer. Exagérons-nous ? Malheureusement non, car avant même de parler d’équipement, le transport de l’usine à la mer et la mise à l’eau sont le plus souvent des options. Selon la localisation du chantier, les prix peuvent grimper très haut si le forfait ‘livraison’ inclue un transport routier voire maritime pour les chantiers étrangers, mais ils se situent majoritairement entre 3 500 à 15 000 euros. Le nivellement par le bas de l’équipement présent en standard répond à une logique commerciale imparable et une concurrence féroce pour attirer les futurs propriétaires et briller dans les premiers comparatifs de prix. Conscients de l’incongruité de la situation et voulant éviter des listes d’options vraiment trop longues, la plupart des chantiers ont proposent des Packs qui permettent très rapidement de satisfaire 80% des besoins. Alors que le prix moyen d’un multicoque de 45 pieds neuf aujourd’hui est de 480 000 Euros HT, le prix des packs que l’on pourrait qualifier d’essentiels, varie de 20 000 à 70 000 Euros.

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La magie des packs

À ce tarif, il faudra encore ajouter un pack électronique complet incluant traceur, radar avec son antenne, ais, loch, sondeur, speedo et VHF, soit 15 000 à 23 000 euros selon les marques et les spécificités. Antifouling : un incontournable là-encore qui mériterait d’être partout en standard. Voir l’annexe et son indispensable moteur hors-bord en option est en revanche tout sauf une surprise tant les goûts et les modèles varient en la matière. Sachez qu’il faut quand même compter sur un budget de 6 000 à 12 000 euros pour un semi-rigide d’environ 3.50m avec un moteur de 10 à 15 CV équipiers indispensables d’une croisière réussie. Obligatoire quant à lui, le coût du radeau de survie est très prévisible, soit entre 1 500 et 2 000 euros, malgré quelques choix possibles entre le format en sac ou en conteneur, la catégorie (coastal ou offshore) et le nombre de personnes maximum prévu.

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Moteurs et voiles à upgrader

Mais à de rares exceptions près, et surtout si le programme est de naviguer loin et longtemps, cela ne contentera pas les marins exigeants. Si une option pour des moteurs plus puissants est proposée, c’est qu’elle est très probablement presque indispensable (coût : 2 000 à 6 000 euros). Qui plus est, pour manœuvrer en sécurité dans les ports, même par vent fort, et sans trainer trop d’eau sous voiles, une paire d’hélices repliables ou à mise en drapeau, est plus que cohérente, mais le coût vient doubler l’option précédente. Mais à bord d’un voilier, il serait dommage de négliger… les voiles. Si la résistance intrinsèque du tissu dacron de série n’est pas remis en cause, de l’Hydranet ou équivalent, sera plus résistant à l’usure et à la déformation même si le surcoût peut atteindre 20 000 euros pour le cumul Grand-Voile et Génois. Il faudra dans tous les cas compléter la garde-robe d’une ou deux voiles de portant à choisir entre gennaker, code zéro ou spi asymétrique, soit 5 000 à 9 000 euros avec l’emmagasineur ou la chaussette indispensables. Mais que ferez-vous de ces voiles si vous n’avez pas l’accastillage idoine (bout-dehors, sous-barbe, écoutes, poulies, bloqueurs…) feront monter l’addition de 2 500 à 7 000 euros selon les modèles. Enfin, le winch électrique s’est imposé ces dernières années comme l’équipier idéal. Un seul est vraiment indispensable, continuons à mouliner un peu c’est bon pour la santé, mais en avoir un pour la drisse de grand-voile par exemple est presque un élément de sécurité pour ne jamais hésiter à prendre ou renvoyer un ris. (de 2 000 à 4 000 euros).

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Confort et sécurité en sus

Dans plaisance il y a plaisir, alors il ne s’agit pas que d’avancer vite sous voile ou au moteur, mais de le faire confortablement. À ce titre, la sellerie de cockpit est indispensable, en navigation comme au mouillage c’est le cœur de vie du bateau, même s’il faudra pour cela débourser 2 000 à 6 000 euros). Et comme au XXI° siècle qui dit confort dit électricité, les panneaux solaires, source d’énergie verte inépuisable, sont devenus incontournables, mais l’addition peut atteindre 10 000 euros. Pour ceux qui ont des envies de longue route en toute autonomie, un dessalinisateur vient s’ajouter à cette (déjà) longue liste, même s’il est sensible, demande un entretien rigoureux, et surtout onéreux, de 12 000 à 20 000 euros selon sa capacité de production. Il ne faudrait pourtant pas oublier l’essentiel, à savoir qu’un bateau passe plus de 80% de son temps au mouillage. Alors difficile de se passer d’un guindeau électrique et d’un mouillage complet (1 000 à 2 000 euros), d’amarres et pare-battages (600 à 2 500 euros).

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Anticiper 30% d’options

Voilà, nous avons presque fait le tour de l’indispensable, même si on aurait pu inclure des WC électriques devenus fiables et pratiques (environ 800 euros posé). Nous éviterons tant que possible l’onéreuse, lourde, énergivore et complexe climatisation (24 000 euros) et préfèrerons opter pour un hydrogénérateur (8 000 euros pour un Watt&Sea), un pour un four micro-ondes (1 710 Euros intégré) voire pour le must, une cave à vin à 2 927 €. Finalement, entre prix standard et équipé, il faut anticiper 20 à 25% d’options quasi-obligatoires, plus 5 à 10% de choix plus personnels ou liés à un programme spécifique. La facture finale pourrait donc atteindre 130% du prix affiché initialement, c’est mieux de le savoir avant.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…