Vendée-Arctique : les réactions des trois premiers

Course au large
Mercredi 15 juillet 2020 à 12h00

Sur le podium de la Vendée-Arctique on retrouve Jérémie Beyou, Charlie Dalin et Thomas Ruyant. Sur les pontons du port vendéen, ils ont refait le match et raconté leur histoire. Dix jours intenses émaillés d’innombrables péripéties et qui semblent être passés à la vitesse de l’éclair. Au delà des sentiments personnels, un dénominateur commun : l’expérience inégalable engrangée pendant cette course à moins de quatre mois du Vendée Globe.

Sur le podium de la Vendée-Arctique on retrouve Jérémie Beyou, Charlie Dalin et Thomas Ruyant. Sur les pontons du port vendéen, ils ont refait le match et raconté leur histoire. Dix jours intenses émaillés d’innombrables péripéties et qui semblent être passés à la vitesse de l’éclair. Au delà des sentiments personnels, un dénominateur commun : l’expérience inégalable engrangée pendant cette course à moins de quatre mois du Vendée Globe.

ILS ONT DIT 

Jérémie Beyou, Charal - 1er

« C’était vraiment intense. C’est sûr que chaque victoire en solitaire et en particulier en IMOCA se mérite, mais là, c'était particulier. C’était un format inédit. Le parcours n’a jamais été fait. Forcément il y avait mal d’inconnues et de pression, de savoir si toi et ton bateau, vous êtes prêts pour le Vendée Globe parce que c’est demain ! Je m’étais mis sous pression tout seul, c’était important pour moi de bien naviguer… j’étais tendu tout le début de course et je me suis relâché petit à petit. Mais ça n’a pas été tout le temps facile à vivre. Le "rien lâcher" du Figaro, ça sert. Je suis de nature grognon, ça me fait du bien de râler, de manifester qu’à chaque fois que j’étais en tête, il y avait un retournement de situation, ça revenait de derrière. C’est aussi une manière de pas lâcher l’affaire. Le jour où tu baisses les bras, et que tu dis c’est pas grave, ben il faut aller faire autre chose ! Il y a eu des retournements de situation entre nous trois, avec Charlie et Thomas. On a fait la course ensemble. On ne s’est quasiment jamais quitté de vue. Un coup à toi, un coup à moi, ils ont aussi super bien navigué. Mais il fallait faire le dernier petit coup, l’empannage que j’ai initié hier et que tout le monde a suivi. Ensuite, il fallait bien caler la dernière trajectoire. Il fallait en vouloir. Et moi, j’en voulais énormément. J’ai appris sur moi, sur ma confiance dans le bateau, sur la façon d’engager les manœuvres. Tu sors de là, les manœuvres, tu sais les faire, t’es en osmose avec le bateau. Quand le bateau va vite et que ça tape, tu n’es pas trop effrayé. C’était une bonne manière de relier le binôme entre Charal et son skipper, parce que ça faisait longtemps et que l’année dernière, ce n’était que des courses en double. Et le solo, c’est radicalement différent. Or, cette confiance dans le bateau sur le Vendée Globe, si tu ne l’a pas, tu ne peux pas faire un résultat. Cette victoire, c’est une grosse satisfaction. Je m’étais mis beaucoup de pression. Je suis quelqu’un qui a besoin de beaucoup naviguer, de faire beaucoup en compet’, d’être en contact avec mon bateau et c’est vrai que là, depuis la Transat Jacques Vabre, entre le chantier et le confinement, je n’avais plus mes repères et je m’étais mis beaucoup de pression. Là, arriver à faire bien les choses et à gagner, je pose un peu mes valises. Je n’ai plus cette pression à la veille du départ du Vendée Globe. Je sais où je vais, comment il faut y aller, et ça, c’est une grande victoire. Une image que je retiens de cette course : le dernier bord vers l’arrivée, c’était du champagne ! Il y avait 17/20 nœuds, à 120/130 degrés du vent, le bateau sur le foil, la mer plate et là, Charal était vraiment génial. C’était fantastique. » 

Charlie Dalin - Apivia, 2ème

« C’était une fin de course engagée. J’ai décidé, hier après-midi de faire un décalage pour me placer pour la bascule de vent mais au final, ça n’a pas super bien payé. J’étais pas loin de la gagner celle-là.. Je suis un peu déçu, mais en même temps, je suis content de moi parce que je ne savais pas ce que j’allais donner en IMOCA en solitaire. C’était ma première course en solitaire et au final, j’ai l’impression d’avoir réussi mon baptême du feu. J’ai été de nombreuses fois en tête, j’ai eu de bonnes phases de vitesse. J’ai appris beaucoup de choses et ma courbe de progression est encore pentue. Je suis content de partir de cette base. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait de compétition – depuis la Transat Jacques Vabre – alors merci aux organisateurs d’avoir réussi à monter cette course, parce que ça commençait sérieusement à me manquer. Ça a été génial de se battre avec Thomas, Jérémie et les autres. Je ne me sentais pas de partir sur le Vendée Globe sans avoir fait une course en solitaire. Là-dessus, cette épreuve a parfaitement rempli son rôle. Il y a eu énormément de choses à gérer, des transitions, des changements de voile : une course d’entraînement parfaite pour valider beaucoup de choses sur le bateau. C’est sûr qu’on ne s’est pas lâché. On n’était sur un rythme Solitaire du Figaro, on était toujours à L’AIS. On pouvait faire de la performance en permanence, vérifier qu’on était bien réglé par rapport aux autres. J’y passais beaucoup de temps. C’était intéressant dans les phases de très haut vitesse en allant vers l’Islande par exemple. Nous avons pu tirer sur les bateaux, on a pu voir beaucoup de choses. C’était fatiguant mais super ! Tout ce qui est choix de voile, comment on fait la manœuvre, il y a différentes façon de manœuvrer… J’ai appris plein de choses, j’ai essayé plein de versions différentes. La grosse question est quand même que ces bateaux vont très vite mais le coût demeure l’inconfort à bord. C’est un travail en cours pour trouver des solutions, pour accepter la vitesse sur de longues périodes. Un Vendée Globe, c’est 7 fois plus long, il va falloir tenir le choc.

Thomas Ruyant - LinkedOut, 3ème

« Intense est l’adjectif qui qualifiera le mieux cette course. C’était étonnant, je n’ai jamais fait une course aussi longue avec autant de rebondissements, de coups à faire, de choses à voir, de choses à faire, d’allures, de voiles différentes, de changements de classement. C’était vraiment l’ascenseur à tous les niveaux, niveau météo, émotionnel et jusqu’à l’arrivée. A ce moment-là précis, je suis un peu déçu de la fin, on matche tous les trois pendant 10 jours et je suis le dernier des trois donc forcément j’ai une petite frustration mais je sais que j’ai un bon bateau qui va vite, j’ai appris plein de choses et ça me donne confiance pour la suite des événements. Avec un peu de recul j’apprécierai plus cette arrivée. Ce sont des bateaux référence qui sont devant et j’arrive à bien les accrocher donc j’essaierai de faire pareil sur le Vendée Globe. Des courses comme cela, ça aide à être prêt, c’est une course qui a été intense. J’espère que le Vendée Globe sera intense aussi mais pas avec la même intensité parce là, les gars, je ne suis pas, je ne fais pas 70 jours comme ça ! Le parcours voulait ça, avec beaucoup de systèmes météo qui nous traversaient. Cela demande de l’énergie à chaque instant, et puis il y a toujours un truc à aller chercher, un changement de voile à prévoir. Je suis bien cuit, j’ai l’impression de ne pas avoir dormi du tout, j’ai dû faire des sommeils par ci, par là. Concernant les bateaux, j’ai senti la vraie transition par rapport au Imoca d’avant, si on n’est pas dessus, ça n’avance pas. Les phase de repos sont d’autant plus difficiles à trouver et elles vont faire encore plus partie qu’avant de la stratégie et de la façon dont on va mener les courses. Parce que si n’on est pas dessus, on perd vite des nœuds de vitesse. Je suis content d’être monté là-haut, et d’être passé en tête là-bas (waypoint COI-UNESCO), c’est ma petite victoire sur la course. Je suis ravi d’avoir navigué aux côtés de Jérémie et de Charlie. J’ai appris plein de choses sur mon bateau, sur la façon de mener une course. » 

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.