Bataille dans l'Atlantique Sud

Vendée Globe
Vendredi 20 novembre 2020 à 7h29

Au cœur de la moiteur du Pot au Noir, dans leur habitacle étouffant ou sur la danse brésilienne effrénée à laquelle se livre la tête de course, cette journée s’annonce chaude pour toute la flotte du 9eme Vendée Globe. Alex Thomson, toujours en pôle position à la latitude de Salvador de Bahia, mais d’une courte tête devant Thomas Ruyant, est aussi le plus décalé dans l’ouest. Il est clair que les stratégies se mettent en place pour rejoindre le cap de Bonne Espérance. L’enjeu est de taille : la météo dans l’Atlantique Sud se montre d’humeur chiffon.

©Jean-Marie Liot/Alea/Disobey/Apivia
Au cœur de la moiteur du Pot au Noir, dans leur habitacle étouffant ou sur la danse brésilienne effrénée à laquelle se livre la tête de course, cette journée s’annonce chaude pour toute la flotte du 9eme Vendée Globe. Alex Thomson, toujours en pôle position à la latitude de Salvador de Bahia, mais d’une courte tête devant Thomas Ruyant, est aussi le plus décalé dans l’ouest. Il est clair que les stratégies se mettent en place pour rejoindre le cap de Bonne Espérance. L’enjeu est de taille : la météo dans l’Atlantique Sud se montre d’humeur chiffon.

14 IMOCA naviguent désormais dans les alizés de l’hémisphère Sud, 14 skippers bienheureux d’avoir été épargnés par la Zone de Convergence Intertropicale et de glisser maintenant à belle vitesse le long des côtes brésiliennes. Un particulièrement : « J’ai bien avancé depuis 24h, j’ai repris du terrain, je suis super heureux d’avoir raccroché le wagon ! » confiait ce matin à la vacation de 5h Sébastien Simon. Le skipper d’ARKÉA PAPREC ne croit pas si bien dire : il est le plus rapide de la flotte avec 507,3 milles engloutis depuis 24h. A entendre le bruit de fond à l’autre bout du fil, son foiler semblait ce matin cavaler à vive allure, cognant parfois les vagues, volant à plus de 22 nœuds sur une mer formée. Mais le marin n’en avait visiblement cure : « J’ai bien dormi, je me suis mis des bouchons dans les oreilles, je vais d’ailleurs y retourner ! » racontait-il la voix claire. Sébastien, 10e ce matin, compte bien continuer sur la lancée : il trace sa route à 20 milles du tableau arrière de Sam Davies (Initiatives-Cœur), toujours sans girouette, donc sans donnée de vent.

Orages, oh désespoir !

Pour Stéphane Le Diraison entré dans le Pot au Noir hier soir, ce n’est pas la même chanson. Encalminé dans la Zone de Convergence Intertropicale, le skipper de Time for Oceans mange son pain noir et se gratte la peau irritée par le sel et l’humidité ambiante. « C’est dingue, il fait une chaleur étouffante. Je slalome entre les nuages et les orages. Je soupçonne le Pot de se refermer sur moi. Je ne vais pas avoir la chance des premiers, je m’y vois encore bloqué pendant une quinzaine d’heures » racontait le skipper de Time for Oceans ce matin. Philosophe et adepte des bons mots, Stéphane parle de patience et décrit le ciel comme un feu d’artifice. « Juste un moment à passer » ajoute le solitaire qui navigue en cavalier seul, entre deux « paquets » : à 150 milles de La Fabrique (Alan Roura) et à 260 milles de One Planet One Ocean (Didac Costa).

Plus haut, au Cap-Vert, tandis que Nicolas Troussel a été rejoint par son équipe à Mindelo, 7 IMOCA filent vers le Sud, dont Clément Giraud sur son plan Farr de 2007. « Ca y’est je prends la mesure de mon bateau, j’ai quelques soucis de pilote automatique, mais je me sens de plus en plus serein. J’ai quand même l’impression que le pot ne sera pas folichon, je m’en méfie ! ». Ici aussi, la régate bat son plein. « Je n’avais pas regardé les classements depuis 4 jours pour ne pas me mettre de pression. J’ai vu ce matin que j’étais dans le coup avec mon groupe de bateaux, c’est bien, cela me donne de l’énergie » confie le skipper de Compagnie du Lit – Jiliti. Une énergie qui doit manquer cruellement à Jérémie Beyou, bien seul au grand large des côtes portugaises, à 3 000 milles de là où il devrait être…

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.