Charlie Dalin creuse l'écart !

Vendée Globe
Lundi 23 novembre 2020 à 15h54

Le skipper d’Apivia a joué juste. Son petit décalage sous le vent de LinkedOut au plus près du petit front froid lui a permis de toucher un peu plus d’air que son adversaire et de prendre ainsi la tête du classement de 9h ce matin.

©Charlie Dalin / Apivia
Le skipper d’Apivia a joué juste. Son petit décalage sous le vent de LinkedOut au plus près du petit front froid lui a permis de toucher un peu plus d’air que son adversaire et de prendre ainsi la tête du classement de 9h ce matin.

Poussés par vent léger pour 10 nœuds, les deux hommes de tête mouillent le maillot comme deux grimpeurs en pleine canicule sur une route de montagne : manœuvres d’empannages, réglages, affinage des trajectoires. Une chose est sûre : le record établi en 2016 par Alex Thomson entre les Sables d’Olonne et Bonne Espérance (17 jours 22 heures) ne sera pas battu !

Ils se sont engouffrés dans le couloir sous l’anticyclone de Sainte-Hélène laissant la meute dans l’embarras. « Chacun va devoir trouver sa route, la nôtre est plus pénible. Cette affaire va nous occuper trois ou quatre jours, avec très peu de vent. » soupirait ce matin Boris Herrmann, 6e, à bord de son Seaexplorer – Yacht Club de Monaco. Son concurrent le plus proche, Yannick Bestaven sur Maître CoQ IV, à 5 milles de son tableau arrière, n’est pas plus avancé : « Les prochaines heures vont être compliquées, il va falloir se dépatouiller de ce système météorologique qui nous englue. Il va falloir basculer vers le Sud pour aller chercher de l’air tout en évitant l’anticyclone de Sainte-Hélène pour ne pas y rester coincé. »

Pour les poursuivants de Charlie Dalin et de Thomas Ruyant, cette journée du 23 novembre s’annonce en effet cruciale en termes de choix de route. Il se dessine un chemin de traverse, plus long de 200 milles qui les ferait descendre vers le sud avant de pouvoir faire de l’est vers le cap africain. Autant dire que les écarts risquent d’être importants dès l’entrée dans l’Océan Indien.

Propres et frais

C’est à croire qu’ils se sont tous passés le mot ! Ce 15e jour de course fut celui du grand ménage à tous les étages. L’inoxydable Jean Le Cam, 3eme au pointage, mène d’une main de maître son IMOCA à dérives, de l’autre la lessive de ses chaussettes et caleçons. Six skippers entrés dans le Pot au Noir ce matin (Fabrice Amedeo, Miranda Merron, Clément Giraud, Ari Huusela, Alexia Barrier et Sébastien Destremau) font contre mauvaise fortune bon cœur : les grains gorgés de pluie diluvienne ne sont-ils pas la meilleure des douches après 15 jours à baigner dans le sel et l’humidité ? Bref, le moral est bon à tous les étages du long pendentif de 2 969 milles : le temps passe à toute allure, le mode tour du monde est bien activé, le rythme de la mer est pris. Et parfois un rien illumine la journée : « Je suis passé à côté des îles Trindade et Martin Vaz, ça paraît improbable de trouver un caillou ici au milieu de nulle part. C’était le petit cadeau du matin, au milieu des rayons du soleil, j’ai presque failli m’arrêter ! » souriait Damien Seguin (Groupe APICIL) ce midi.

Alex Thomson et Jérémie Beyou : une autre course pour deux grands favoris

« La bonne nouvelle, c’est que je suis parvenu à réparer avec tout le matériel que j’avais et que le bateau est même probablement plus solide qu’avant. Je vais repartir le plus rapidement possible ! » confiait cet après-midi Alex Thomson dans une vidéo envoyée du bord. Il y montre les réparations en cours sur des cloisons structurelles à l’avant d’HUGO BOSS, arrêté au milieu de l’Atlantique Sud depuis 36h maintenant. En tête de course plus de 6 jours avec un unique objectif de victoire, le Britannique accuse maintenant 300 milles de retard, mais il sait mieux que quiconque combien la route est longue lui qui court pour la 5ème fois l’Everest des mers. Jérémie Beyou fonce le long des côtes mauritaniennes pour rattraper son retard de 9 jours. Le compétiteur, faute de bagarre avec ses camarades de jeu, bataille avec lui-même pour trouver l’énergie positive et un sens à cette nouvelle démarche. « Je découvre une facette plus empreinte d’humain que je ne l’imaginais » confiait le skipper de Charal ce matin.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
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Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.