Le match nord-sud, le « classico » de la Transat

Course au large
Vendredi 28 mai 2021 à 18h22

Martin Le Pape (Gardons la vue) a trouvé une formule pour définir le duel nord - sud : le « classico de la Transat ». Au-delà des mots, c’est la guerre des nerfs. Les nordistes semblent légèrement avantagés, les sudistes ne lâchent rien et il ne reste « que » 460 milles avant de connaître le dénouement, forcément incroyable, de cette Transat en double – Concarneau – Saint-Barthélemy.

Martin le Pape à bord de Gardons la vue
Martin Le Pape (Gardons la vue) a trouvé une formule pour définir le duel nord - sud : le « classico de la Transat ». Au-delà des mots, c’est la guerre des nerfs. Les nordistes semblent légèrement avantagés, les sudistes ne lâchent rien et il ne reste « que » 460 milles avant de connaître le dénouement, forcément incroyable, de cette Transat en double – Concarneau – Saint-Barthélemy.

Il faut tenter de comprendre, depuis la terre, ce qu’induit le suspense au cœur d’une course au milieu de l’océan. Les sentiments s’entremêlent entre excitation, extrême concentration, envie de se relâcher enfin, besoin de bien se reposer, nécessité d’étudier à la loupe chaque fichier météo… Certes, les Figaristes sont des durs à cuire par essence mais ils restent avant tout des femmes et des hommes de mer que les doutes affleurent parfois. Ce ressenti, Martin Le Pape (Gardons la vue) a tenté de le décrire : « on sait que ça va se jouer à rien. On a hâte d’y être et en même temps, on trouve le temps long, c’est stressant… »

Les nordistes confirment leur avantage

À 460 milles de l’arrivée, hors de question de laisser les esprits divaguer aux petits plaisirs qui les attendent à Saint-Barthélemy, l’accueil chaleureux, les plages de sable fin et les gorgées de Rhum... Il y a une course à terminer et à gagner aussi. Et après 16 jours de mer, le match qui mobilise la tête de la course est toujours aussi indécis. Ils sont 6 duos sur la route nord, 8 duos sur la route sud. Si les sudistes avaient ces derniers jours un avantage, la balance s’est inversée. Depuis hier, les routages sont désormais favorables aux nordistes et l’actuel leader est d’ailleurs positionné au nord : TeamWork du duo Nils Palmieri - Julien Villion.

« Les sudistes ont été confrontés à de la molle ce vendredi, confirme Yann Château à la direction de course. Ils sont donc toujours en retard par rapport à leur routage ». Seuls Bretagne - CMB Océane et MonAtoutEnergie.fr, situés le plus au sud, ont eu une vitesse plus conséquente dans ce groupe. Les nordistes, eux, sont « dans le timing » et gagnent même légèrement du temps sur les routages. En cette fin de journée néanmoins, le groupe du sud a retrouvé des vitesses en accord avec les prévisions météorologiques alors qu’une zone de molle est prévue ces prochaines heures au nord.

« Ne rien lâcher jusqu’au bout »

Dans les témoignages du bord, l’enthousiasme semble aussi avoir changé de camp. Chez les nordistes, c’est l’optimisme qui prédomine : « on le sent bien », confie Violette Dorange (Devenir) même si son acolyte, Alan Roberts, préconise de « rester prudent et ne rien lâcher jusqu’au bout ». Côté sudiste, on perçoit pour la première fois une pointe d’appréhension. « Je pense que ça va peut-être passer au Nord », souffle Martin Le Pape. « C’est très serré, la météo est compliquée, ça va se jouer sur des petits détails » corrobore Pep Costa (associé à Will Harris à bord de CYBELE VACANCES - TEAM PLAY TO B).

Les circonstances de course ne font qu’aiguiser l’intérêt pour ce sprint final depuis la terre. Et comme les skippers ont pris l’habitude d’envoyer des nouvelles en audio et en vidéo, une pointe de nostalgie se ferait presque ressentir à se dire que dans quelques jours, ces moments de vie feront déjà partie des souvenirs. Dans la playlist des instantanées du bord ce vendredi – et pour faire le plein de bonne humeur avant le week-end – il y a la « pasta party » organisée à bord de Bretagne - CMB Océane avec sauce tomate, parmesan et charcuterie pour Elodie Bonafous et Corentin Horeau.

Il y a aussi le coucher de soleil capté à bord de Guyot Environnement - Ruban Rose, « un des derniers de la course » rappellent Pierre Leboucher et Thomas Rouxel. Et puis il y a l’humeur de Tanguy Le Turquais et Corentin Douguet (Queguiner - Innovéo). Corentin : « je suis sorti de la cave, je ramène un bon Bordeaux. Un Saint-Estèphe de 1989 ». « Tu vas encore faire une bonne nuit », réplique Tanguy. Ainsi va la Transat à coup de sourires, de petits moments de plaisir et d’envie de tout donner à 460 milles d’un dénouement qui s’annonce aussi chaud que le mercure de Saint-Barthélemy.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.