Fabrice Amedeo vient à bout de la Vendée Arctique

Course au large
Lundi 20 juin 2022 à 15h28

Alors que la course a été raccourcie à cause d’une forte dépression qui balayait la flotte au large de l’Islande, Fabrice Amedeo est parvenu à franchir la ligne d’arrivée à la 19e place ce samedi à 21h12 après 6 jours 04 heures 12 minutes de course. En allant au bout de la première course qualificative pour le Vendée Globe 2024, le skipper Nexans – Art & Fenêtres a surtout pu éprouver son ‘foiler’ et gagner en expérience dans des conditions dantesques.

©Figaro Nautisme
Alors que la course a été raccourcie à cause d’une forte dépression qui balayait la flotte au large de l’Islande, Fabrice Amedeo est parvenu à franchir la ligne d’arrivée à la 19e place ce samedi à 21h12 après 6 jours 04 heures 12 minutes de course. En allant au bout de la première course qualificative pour le Vendée Globe 2024, le skipper Nexans – Art & Fenêtres a surtout pu éprouver son ‘foiler’ et gagner en expérience dans des conditions dantesques.

L’apprentissage à marche forcée. Depuis le départ des Sables d’Olonne, dimanche dernier, le skipper de Nexans - Art & Fenêtres a poursuivi son apprentissage à bord de son foiler même si rien ne lui a été épargné. Après quelques heures lancé comme un boulet de canon, dans des conditions particulièrement propices à voler, il a dû faire face à plusieurs soucis. Un filet de pêche pris dans sa quille, puis un pilote automatique tout neuf un poil récalcitrant. Fabrice parle alors de « premières 24 heures agitées » sans perdre son enthousiasme.

« Le coucher de soleil vient de m’apporter l’espoir d’heures meilleures », écrit-il. La suite, c’est une dorsale, une longue zone de vent erratique qui bloque la flotte. « C’est une zone d’air compliquée à traverser », explique Fabrice qui s’évertue alors à « faire route à la perpendiculaire de l’axe de la dorsale pour en sortir le plus vite possible ». Il profite de cette accalmie pour « essayer de remettre d’aplomb » son pilote automatique. Puis, la course a repris du rythme, Nexans - Art & Fenêtres aussi. Direction l’Islande, à 64° Nord afin de « monter plus Nord qu’on descend au Sud lors du Vendée Globe », s’amuse Fabrice.

"UNE CONFIANCE TOTALE DANS MON BATEAU"

Sauf que les conditions se gâtent, la faute à une forte dépression venue du Sud-Ouest et qui s’apprête à déferler sur la flotte. La direction de course décide d’annuler le contournement de l’Islande jeudi puis de neutraliser la course vendredi avant de l’arrêter à la porte d’Islande, au Sud-Est de l’île. Mais pour la deuxième partie de la flotte, là où se situe Fabrice, les conditions y sont particulièrement délicates. Il faut y faire face pour aller au bout.

Avant de l’affronter, Fabrice avait expliqué « avoir une confiance totale » dans son bateau. Le duo qu’il forme avec son IMOCA a donc été mis à rude épreuve avec des vents de plus de 50 nœuds et des rafales jusqu’à 65 nœuds ! « C’est un peu chaud » explique-t-il vendredi, les yeux marqués par la fatigue. Ce samedi matin, il ajoute : « cette tempête, ça a été une sacrée expérience. Je me suis même posé la question de faire demi-tour en me demandant si c’était raisonnable de la traverser ». Il a été convaincu par son team manager, Éric Lamy, de poursuivre la course. Et au moment d’un passage de ligne à valeur de délivrance, il tient à le remercier. Car la mission est accomplie : Fabrice est allé au bout et il sait, au fond de lui, à quel point cette expérience a été précieuse pour lui. « Ça y est la ligne est franchie et le soleil revient. Je suis super fier d’avoir bouclé cette Vendée Arctique. Ça a été dur jusqu’au bout mais quelle récompense ! »

RÉACTION

« Forcément, je suis un peu déçu d’un point de vue comptable de ma place (19e). Ce n’est pas au niveau que j’ambitionnais et des efforts que j’ai fournis pendant cette course. Cette place en demi-teinte, je l’attribue notamment au fait que je ne maîtrise pas encore assez bien les plages d’utilisation des voiles. Et faute d’expérience et de recul, je commets des erreurs. Par ailleurs, j’utilise mes logiciels de routage (et ses polaires de vitesse) mais je n’arrive pas encore à exploiter le bateau à son plein potentiel. Donc il m’envoie sur des options qui m’induisent en erreur. Il y a donc un travail à faire sur le fait de mieux connaitre le potentiel du bateau et progresser.

Par ailleurs, je termine cette course de façon très positive. Je ne me suis pas découragé, j’ai pris cette tempête. C’était dantesque, en montant jusqu’à 65 nœuds. Je n’ai jamais eu autant de vent dans ma vie ! Le plus fort que j’avais eu, c’était 55 nœuds, au Cap Horn, en décembre 2017. Là, c’était une autre dimension ! Le fait de s’en sortir, d’aller au bout malgré ces conditions engagées, ça me donne une expérience de plus très importante pour l’avenir et énormément de confiance pour la suite. Sur la Guyader Bermudes 1000 Race en mai, je voulais retrouver du plaisir. Sur celle-ci, je voulais retrouver de la confiance et ça a été le cas. Maintenant, il va falloir capitaliser là-dessus pour continuer à travailler. »

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…