
Figaro Nautisme : Pouvez-vous en quelques mots nous présenter votre société OC Sport ?
Joseph Bizard : « Le groupe OC Sport est une société d’événementiel et de marketing sportif spécialisée dans les sports de plein air. Depuis plus de 20 ans, nos équipes travaillent avec passion pour créer et déployer des expériences uniques pour les athlètes — qu'ils soient amateurs ou professionnels. Organisateurs de manifestations de premier plan, nous mettons notre expérience et notre savoir-faire au service du développement et de la croissance du sport, et plaçons la durabilité au cœur de nos actions.
OC Sport Pen Duick, quant à elle, est la filiale française du groupe OC Sport en charge des événements de course au large. Initialement créée pour gérer les campagnes sportives d’Éric Tabarly d’une part, et de Dame Ellen MacArthur de l’autre, figures emblématiques du sport international, notre entreprise perpétue fidèlement l’esprit et les valeurs qui animaient ces pionniers fondateurs : vivre et partager des expériences uniques avec le public, les sportifs et les partenaires, sur le plus beau terrain de jeu au monde.
Historiquement engagés dans la course au large, nous avons, chez OC Sport Pen Duick, développé une expertise unique dans la voile professionnelle en nous appuyant sur un double savoir-faire dans la gestion d’équipes et dans l’organisation des courses les plus prestigieuses. Nous sommes aujourd’hui organisateurs de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe, de The Transat CIC, de la Solitaire du Figaro, de la Transat Paprec, de l’ARKEA ULTIM CHALLENGE – Brest ainsi que du Tour de Belle-Île. »
F. N. : Concernant le tour du monde en solitaire sur des bateaux Ultimes en 2024, quel est le plus gros défi pour vous ?
J. B. : « La création du tour du monde Ultim en solitaire, l’ARKEA ULTIM CHALLENGE – Brest, a concrétisé un rêve vieux de 15 ans : celui de voir les trimarans océaniques les plus rapides s’affronter, en solitaires, autour de la planète. Une épreuve inédite par son format et son ambition, qui s’impose comme l’un des derniers grands défis sportifs et humains.
Le 7 janvier prochain, ils seront potentiellement six « Géants des mers » à s’élancer de Brest, avec à leur bord un skipper solitaire qui tentera de boucler un tour du monde d’Ouest en Est, par les trois caps (Bonne-Espérance, Leeuwin et Horn). Certains d’entre eux ont déjà effectué le parcours en multicoque et en solitaire : Francis Joyon, Dame Ellen MacArthur, Thomas Coville, François Gabart, notamment dans le cadre de campagnes de record du tour du monde à la voile en solitaire, mais jamais aucun ne l’a fait en course ! C’est dire si l’ARKEA ULTIM CHALLENGE – Brest porte bien son nom.
Au-delà du défi sportif, humain et technologique pour les marins et leurs équipes, c’est pour nous, organisateurs et partenaires, un engagement de tous les instants afin de permettre à ce grand événement d’être à la hauteur de nos ambitions. Car si la course est au cœur du projet, il faut aussi que ce rendez-vous majeur soit partagé avec le plus grand nombre.
Que ce soit sur le village de course à Brest ou dans les grands médias qui raconteront avec nous cette épopée, nous devons créer les conditions du rayonnement de cette course. Il faut être à la hauteur de l’Histoire et nous sommes prêts ! »
F. N. : Comment voyez-vous l’avenir de la mythique Solitaire du Figaro ?
J. B. : « Voilà plus de 53 ans que la très prestigieuse « Solitaire du Figaro » est inscrite au panthéon de notre sport. C’est un monument ! Épreuve reine du Championnat de France Élite de Course au Large, c’est la course en solitaire par excellence, celle qui a révélé les plus grands noms de notre discipline, celle qui vient sacrer de grands champions. Il faut parfois des dizaines d’années d’effort pour espérer inscrire son nom au prestigieux palmarès de la course. C’est véritablement le mètre-étalon de notre sport.
Si l’événement a su évoluer au fil du temps (et devra continuer à le faire) pour s’adapter aux attentes des marins et du public, la Solitaire du Figaro ne doit pas rompre avec les fondamentaux qui ont forgé son succès : une course au plus haut niveau d’excellence sportive certes, mais aussi une grande épreuve teintée d’aventures et de large.
C’est ce qui fait rêver les marins et le public et c’est ce qui permettra in fine de continuer à garantir un plateau sportif à la hauteur de la réputation de la course. »

F. N. : Quelle est la place de l’environnement dans votre démarche d’entreprise ?
J. B. : « Nous travaillons avec nos équipes pour proposer des expériences sportives dans certains des environnements les plus difficiles mais aussi les plus beaux de la planète.
Nous sommes donc profondément tournés vers la nature et le respect de l’environnement et c’est ainsi que nous avons naturellement intégré les composantes du développement durable dans nos pratiques.
Une volonté que nous avons structurée dans un programme intitulé « Rethink Sport » et qui s’articule autour de deux piliers principaux : minimiser l’empreinte de nos manifestations, notamment le bilan carbone, et maximiser la portée de nos actions. Par la force de nos événements, nous avons la capacité d’atteindre et d’influencer le plus grand nombre pour sensibiliser sur ces thématiques clés de notre temps. »
F. N. : Comment, d’après vous, va évoluer le monde de la course au large dans les années à venir ?
J. B. : « D’abord, il faut dire que la course au large se porte bien. C’est un sport hors norme, spectaculaire, tourné vers la protection de l’océan, il est en phase avec les valeurs et les attentes de notre époque. Il suffit de regarder le nombre de projets, de skippers, et l’engouement du public sur les départs des grandes courses pour s’en convaincre.
Ensuite, l’enjeu pour nous tous est d’accompagner cette croissance.
S’efforcer de préserver l’authenticité qui a fait son succès tout en concentrant nos efforts pour le faire rayonner au plus « large » via le digital, l’amélioration de l’expérience du public sur les villages et la poursuite des travaux de communication pour sensibiliser le plus grand nombre à l’indispensable préservation de l’océan. »
Retrouvez cet article et bien plus encore dans notre dernier hors-série Collection 2023 à lire et à relire tout l’été par ici !