
Fabrice se remémore : "J’aurais été bizuth de la Route du Rhum en 2010, de la Transat Jacques Vabre en 2013, du Vendée Globe en 2016, mais il aura fallu que j’attende 2024 pour être bizuth de la Transat anglaise. Car la Transat CIC dont je prendrai le départ ce dimanche est l’héritière de la Transat anglaise, la mythique course sur l’Atlantique nord contre les vents dominants remportée par Eric Tabarly en 1964 et 1976 et sur laquelle, depuis, tant de marins se sont illustrés."
Elle a la réputation d’être la plus difficile des transats. Sur les courses à destination de l’Arc antillais, les marins doivent s'extraire du Golfe de Gascogne pour aller chercher les vents portants alizéens. Dans les mers du sud, sur le Vendée Globe, les systèmes météo les accompagnent. Sur cette transat au contraire, ils vont à l’encontre des dépressions : Fabrice va passer douze jours à la merci des dépressions de l’Atlantique nord. La route optimale (l’orthodromie) les fait naviguer sur une trajectoire assez septentrionale, donc dans des contrées où l’été n’est encore qu’un rêve lointain et plus ils vont s'approcher du continent américain, plus ils vont s'approcher du berceau des dépressions de l’Atlantique nord, car c’est en effet le long de la côte américaine que celles-ci naissent avant de traverser ce magnifique océan. Donc plus ils vont s'approcher de l’autre rive de l’Atlantique et plus les dépressions peuvent être explosives et imprévisibles : de leur côté, ils ont toujours quelques jours d’avance en voyant les dépressions se former et traverser l’océan.

Il ne va donc pas falloir se tromper d’objectif dimanche en franchissant la ligne de départ de cette 18ème traversée de l’Atlantique pour Fabrice Amedeo. Terminer cette course sera son objectif premier. Les skippers ont en effet une autre transat dont le départ les attend devant Manhattan fin mai, la transat New York Vendée - Les Sables d'Olonne, ainsi qu'un tour du monde en fin d’année. Après la découverte de ce nouveau bateau sur la Transat Jacques Vabre fin 2023 et sa première traversée en solitaire à son bord, le Retour à la Base en novembre dernier, cette transat doit être celle de la confirmation : confirmation de la fiabilité de ce beau bateau, confirmation de sa prise de repères et de bonnes sensations à son bord et le renforcement de la confiance si importante avant d’affronter l’Everest : le Vendée Globe, en fin d’année.