
Heure après heure, ils réalisent un sacré tour de force. Depuis hier midi, les skippers de Sodebo Ultim 3 sont accaparés par Ingrid une dépression très virulente. Elle génère en effet des vents moyens de plus de 40 nœuds, des rafales à 50 nœuds et plus de 10 mètres de houle. Afin d’y faire face, ils se sont employés à faire la route la plus Nord possible pour éviter le plus fort de la tempête. Dans ces conditions harassantes, les marins comme le bateau ont été soumis à rude épreuve. L’état de la mer a d’ailleurs engendré la casse du fourreau de safran tribord qui s’est détaché dans la soirée. Heureusement, cela n’a pas impacté les systèmes ni entraîné des complications. Sodebo Ultim 3 a donc réussi à progresser coûte que coûte. Après avoir pointé l’étrave vers le cap Finisterre au début de la nuit dernière, le multicoque évolue depuis ce samedi matin sous l’influence d’une dorsale formée par la dépression.
Un dernier empannage proche de la ligne ?
Les skippers vont continuer à progresser grâce à cette dorsale qui génère un flux de Nord-Ouest. Elle devrait même leur permettre d’aller jusqu’à la ligne d’arrivée, entre Ouessant et le cap Lizard. Si les conditions de vent et de mer s’annoncent toujours aussi virulentes, Sodebo Ultim 3 pourrait néanmoins rester jusqu’au bout le long de la route directe. En parallèle, l’équipage comme l’équipe de routage à terre surveille une autre dépression.
Celle-ci se creuse vers l’Irlande et son centre pourrait balayer la ligne d’arrivée, ce qui obligerait à un dernier empannage avant de la franchir. Quoi qu’il en soit, l’analyse des fichiers météo permet d’affiner un peu plus l’heure estimée d’arrivée (ETA) : Sodebo Ultim 3 y est attendu ce dimanche entre 6 heures et 8 heures. Les skippers seraient alors assurés de battre le record autour du monde (40 jours, 23 heures), une première depuis 2017 et un exploit de géant.
Déclaration de Thomas Coville cet après-midi : « Nous avons fait une sacrée rencontre avec Ingrid, avec des rafales à plus de 50 nœuds et 8 à 10 mètres de houle. Les 36 dernières heures ont été les plus difficiles et les plus longues de cette tentative : nous avons abîmé plus de choses que pendant tout le tour du monde. Une déferlante a arraché un support qui permettait de monter et descendre le safran, et on s’en sort bien puisqu’il reste opérationnel. Forcément, ça ajoute une tension et un stress supplémentaires à bord. Si rien ne nous est épargné, nous nous employons à trouver les ressources physiques, techniques et mentales. C’est ce que l’équipage réussit parfaitement, au même titre que l’équipe à terre qui a préparé le bateau. »
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