
Après avoir doublé le Cap Horn, il avait été contraint de remonter très au Nord dans le Pacifique, parcourant près de 10 000 milles nautiques (environ 18 500 km) de plus que son prédécesseur, Jean-Luc Van Den Heede (en monocoque), depuis le départ. Cette trajectoire l’avait mis en retard sur sa quête de record. Aujourd’hui, la situation s’est totalement inversée : il a non seulement comblé ce retard, mais il dispose désormais d’environ 1 000 milles nautiques d’avance sur le temps de référence.
« J'ai mis quand même 36 jours pour traverser le Pacifique ! C'était un peu long, je ne vais pas vous mentir... Je suis monté très Nord, proche de l'Equateur, et le fait de voir que tu rallonges ta route pendant 15 jours, que tu t'éloignes de ton but, que ce n'est pas du tout le bon cap, bon... Ce n'est pas hyper encourageant ! Dans l'ensemble, ça n'a pas été de tout repos (rires) ! Il faut être très vigilant. Avant le Cap Leeuwin, je me suis pris une petite dépression, avec pas mal de mer, c'est monté jusqu'à pratiquement 6 mètres, 5,80 m exactement si je ne dis pas de bêtises, avec 40 noeuds de vent, ça craque dans tous les sens, tu as l'impression qu'à chaque vague, le bateau va se décomposer ! J'ai de la chance parce que j'ai un bateau très costaud, très bien préparé, et j'en prends soin. La traversée de l'Indien s'annonce bien... Là, je fais 25 noeuds de moyenne sur 4 heures. Je suis toujours dans le bon timing ! ».
Si l’aventure tient toutes ses promesses, Guirec puise chaque jour davantage dans ses réserves physiques et mentales tant le pilotage d’un maxi trimaran en carbone est exigeant et stressant au quotidien. Ce type de multicoque impose en effet une surveillance permanente, la moindre variation de vent pouvant devenir critique et mener au chavirage.
Après le Cap Leeuwin, sa route devrait infléchir légèrement plus au Nord que celle de Jean-Luc Van Den Heede, avant le prochain et dernier point de passage obligatoire : le Cap de Bonne-Espérance, qui risque d’être compliqué. Il devra également composer avec de vastes zones de trafic de pêche. Le chemin est encore long et semé d’embûches…
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