Vendée Arctique : derniers milles, dernières questions

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Les premiers IMOCA sont attendus aux Sables d'Olonne dans la soirée de ce lundi. Mais si la ligne d'arrivée se rapproche, les réponses, beaucoup moins. Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance), impérial depuis le départ, a longtemps semblé naviguer vers une victoire sans histoire. Puis le golfe de Gascogne a décidé de s'en mêler. Une vaste zone de molle s'est installée sur la route des Sables d'Olonne et, avec elle, le doute. Derrière le leader, Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner), Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei), Violette Dorange (Initiatives-Cœur) et Francesca Clapcich (11th Hour Racing) ont réduit l'écart au fil des heures. À quelques encablures du dénouement, deux scénarios continuent de coexister : soit le marin franco-britannique conserve suffisamment de marge pour repousser le retour de ses adversaires, soit les derniers milles se transforment en empoignade.

Les premiers IMOCA sont attendus aux Sables d'Olonne dans la soirée de ce lundi. Mais si la ligne d'arrivée se rapproche, les réponses, beaucoup moins. Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance), impérial depuis le départ, a longtemps semblé naviguer vers une victoire sans histoire. Puis le golfe de Gascogne a décidé de s'en mêler. Une vaste zone de molle s'est installée sur la route des Sables d'Olonne et, avec elle, le doute. Derrière le leader, Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner), Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei), Violette Dorange (Initiatives-Cœur) et Francesca Clapcich (11th Hour Racing) ont réduit l'écart au fil des heures. À quelques encablures du dénouement, deux scénarios continuent de coexister : soit le marin franco-britannique conserve suffisamment de marge pour repousser le retour de ses adversaires, soit les derniers milles se transforment en empoignade.

Accepter ce que l'on ne maîtrise pas

Pendant huit jours, Sam Goodchild a donné l'impression de contrôler parfaitement son sujet. Parti aux avant-postes, auteur d'un passage intérieur remarquablement négocié autour de l'Irlande, le skipper de MACIF Santé Prévoyance comptait encore plus de cent milles d'avance sur son plus proche poursuivant hier à la mi-journée. Puis la météo a sorti sa spécialité : réécrire le scénario au moment où tout le monde pensait connaître la fin. D'un coup, la question n'était plus de savoir s’il allait gagner, mais dans quelles conditions il allait devoir défendre son avance.  Une vaste zone de molle s'est plantée pile-poil sur la route des Sables d'Olonne. Heure après heure, les écarts ont commencé à fondre. Dans son sillage, Élodie Bonafous, Ambrogio Beccaria, Violette Dorange et Francesca Clapcich ont repris du terrain. Certains routages continuent de lui accorder un petit matelas. D'autres dessinent un regroupement spectaculaire dans les derniers milles. « Ceux qui semblaient encore hors de portée il y a peu pourraient revenir très vite dans le match. », a expliqué le leader.


Pour celui qui mène la danse depuis le départ, le défi n'est plus seulement météorologique. Comment défendre son avantage lorsqu'une zone sans vent menace précisément d'effacer les écarts ? Comment contrôler quatre concurrents lancés à l'attaque ? La réponse de Sam Goodchild tient en une phrase : « Au final, il faut surtout accepter ce que l'on ne maîtrise pas. » Une philosophie qui résonne bien au-delà de son seul cas. Derrière lui, tout le monde s'apprête à jouer ses dernières cartes. Francesca Clapcich ne s'en cache pas : « Cette fin de course va offrir à chacun une opportunité de gagner ou de perdre des places. Rien n'est encore joué. » Dans ce contexte, la vitesse n'est plus forcément le sujet principal. La lucidité, si. Choisir sa route. Savoir patienter.  Résister à la tentation de calquer ses choix sur ceux des autres. Et accepter que, parfois, le verdict appartienne encore un peu à l'Atlantique.

Le coup dur pour Élodie Bonafous

Comme si cette fin de parcours n'était pas déjà suffisamment incertaine, un autre élément est venu s'inviter dans l'équation. Hier, le jury a rendu sa décision concernant Élodie Bonafous après son passage dans le DST North Channel, dispositif de séparation du trafic situé dans le canal du Nord entre l'Irlande et l'Écosse. À l'issue de l'instruction, la navigatrice d'Association Petits Princes – Quéguiner s'est vu infliger douze heures de pénalité. Celle-ci devra être effectuée sur l'eau, selon un protocole précis, soit avant le 50°20 Nord, soit après le passage de l'île de Sein. La nouvelle a été difficile à encaisser pour la Finistérienne, qui venait de reprendre la deuxième place grâce à son option par la mer d'Irlande et réalisait jusqu'ici une course de très haut niveau. « Quand j'ai appris la sanction, je suis tombée de très haut », a-t-elle confié. « Depuis, je navigue avec un mélange d'incompréhension, de frustration et, je dois bien l'avouer, un peu de colère. » Elle ne conteste pas son erreur : « Je suis totalement en accord avec le fait que je suis entrée dans une zone interdite. C'est une erreur de ma part. » Reste désormais à composer avec les conséquences de cette décision. « L'idée de devoir m'arrêter pendant douze heures et regarder les autres passer est extrêmement difficile à accepter. Rien que d'en parler, ça me serre le ventre. » À quelques heures de l'arrivée, cette pénalité modifie profondément les équilibres dans le groupe de poursuite.

Une arrivée qui promet des étincelles

En résumé, à l'approche des Sables d'Olonne, les certitudes se font aussi rares que le vent annoncé dans le golfe de Gascogne. Les routages continuent de raconter des histoires différentes. Certains accordent encore un léger avantage à Sam Goodchild. D'autres esquissent un regroupement spectaculaire aux portes de l'arrivée. Une chose, en revanche, ne fait guère de doute : personne n'a rangé ses ambitions. Violette Dorange guette la moindre opportunité de revenir dans le jeu. Ambrogio Beccaria avance sans s'emballer mais reste parfaitement placé. Francesca Clapcich, elle, a déjà choisi d'attaquer : « Si je me contente de faire exactement la même chose que les autres, cela ne fonctionnera probablement pas. » Au fond, c'est peut-être ce qui rend cette fin de Vendée Arctique si fascinante. Après plus d'une semaine de course, des centaines de milles avalés, des passages engagés, des choix majeurs autour de l'Irlande, des fronts, de la fatigue et des nuits trop courtes, personne n'est encore en mesure d'affirmer comment cette histoire va se terminer. Il y a quelque chose de délicieusement paradoxal à voir une telle aventure se jouer dans si peu de vent. Comme si l'Atlantique, après avoir bousculé les marins pendant des jours, leur imposait une dernière épreuve : celle de la patience. Pendant une grosse semaine, ils ont tenté de forcer le destin. Dans les dernières heures, il leur faut désormais composer avec lui.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.