Vendée Arctique : une case pas tout à fait comme les autres

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Hier matin, Sam Goodchild ouvrait la voie. Quelques heures plus tard, Élodie Bonafous coupait à son tour le cercle polaire arctique, bientôt imitée par Violette Dorange et Ambrogio Beccaria dans la soirée, puis par Francesca Clapcich au cœur de la nuit. Ce vendredi matin, cinq concurrents ont donc désormais débordé 66° Nord dans le cadre de la Vendée Arctique – Les Sables d'Olonne. D'ici quelques heures, Nicolas d'Estais et Arnaud Boissières devraient à leur tour gagner ces hautes latitudes. Une première collective pour la flotte, et un jalon rare dans une carrière de navigateur. Car certains passages comptent davantage que d'autres. Le premier franchissement de l'équateur. La découverte des Quarantièmes Rugissants ou des Cinquantièmes Hurlants. Le cercle polaire appartient à cette catégorie-là : une ligne invisible sur une carte mais dont la portée dépasse largement les coordonnées géographiques. Un repère qui dit quelque chose du chemin parcouru.

Hier matin, Sam Goodchild ouvrait la voie. Quelques heures plus tard, Élodie Bonafous coupait à son tour le cercle polaire arctique, bientôt imitée par Violette Dorange et Ambrogio Beccaria dans la soirée, puis par Francesca Clapcich au cœur de la nuit. Ce vendredi matin, cinq concurrents ont donc désormais débordé 66° Nord dans le cadre de la Vendée Arctique – Les Sables d'Olonne. D'ici quelques heures, Nicolas d'Estais et Arnaud Boissières devraient à leur tour gagner ces hautes latitudes. Une première collective pour la flotte, et un jalon rare dans une carrière de navigateur. Car certains passages comptent davantage que d'autres. Le premier franchissement de l'équateur. La découverte des Quarantièmes Rugissants ou des Cinquantièmes Hurlants. Le cercle polaire appartient à cette catégorie-là : une ligne invisible sur une carte mais dont la portée dépasse largement les coordonnées géographiques. Un repère qui dit quelque chose du chemin parcouru.

Une case de plus sur la carte d'une vie

À bord d'Allagrande Mapei, Ambrogio Beccaria n'a pas cherché à cacher sa satisfaction. « On a fait quelque chose d'important. On est montés vraiment très au nord, dans des endroits où l'on ne va pas tous les jours, et aujourd'hui on peut se dire : ça y est, on l'a fait ! » L'Italien a même célébré l'instant à sa manière, avec un risotto. Un clin d'œil gourmand pour marquer un passage qu'il n'est pas certain de revivre souvent. Même sentiment chez Élodie Bonafous. « Il y a forcément une petite fierté. On reçoit beaucoup de messages qui rappellent l'engagement que représente cette course et ça aide à prendre conscience de ce qu'on est en train de faire. Cette latitude-là, ce n'est pas tous les jours qu'on la coupe. Ça y est, c'est fait, c'est coché. Et ce n'est certainement pas l'une des cases les plus ordinaires du métier. » Pour autant, les émotions n'ont guère eu le temps de s'installer. À peine le cercle franchi, il a fallu replonger dans la course. Enchaîner les manœuvres, choisir sa route et préparer la longue descente vers Les Sables d'Olonne.

Les foils chantent à nouveau

Depuis plusieurs heures, les leaders glissent à vive allure au large de l'Islande. Les foils ont recommencé à chanter et les compteurs retrouvent des couleurs. « Les bords de portant sont vraiment plaisants », a raconté la skipper d’Association Petits Princes - Quéguiner alors qu'elle venait tout juste d'entamer sa descente vers le sud. « J'ai réussi à trouver les bons réglages et à bien me reposer. Ça donne du baume au cœur. » La navigatrice sait pourtant que cette parenthèse risque d'être de courte durée. « Je redoute un peu les accélérations à l'approche de l'Islande. Avec l'air froid qui descend du nord, j'ai le sentiment que cela pourrait être plus fort que ce qu'annoncent les fichiers. » Car au-delà des choix de route, le Grand Nord impose aussi ses propres contraintes. « J'essaie d'avoir une petite organisation avec mes vêtements pour garder un minimum de confort syndical », a commenté la Finistérienne. Une expérience dont elle tire déjà quelques enseignements pour la suite. « Nota bene pour le Vendée Globe : partir avec plusieurs sacs de couchage ! », a-t-elle plaisanté. Les premiers concurrents abordent une nouvelle séquence météorologique. Après ce passage dynamique au large de l'Islande, plusieurs zones de transition devraient de nouveau ralentir la flotte avant l'arrivée d'un vent plus soutenu. Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance) sera le premier à entrer dans ce nouveau système, avec des conditions annoncées musclées sur la route de l'Irlande et une mer pouvant atteindre quatre mètres. Derrière lui, les écarts de positionnement pourraient encore créer des différences sensibles dans la manière de négocier ces prochains obstacles. Le cercle polaire est désormais dans leur sillage. La route vers la Vendée, elle, reste semée d'embûches.


Cinquante nuances de gris

Pendant que les leaders replongent vers le sud, Nicolas d'Estais, Arnaud Boissières et Manu Cousin poursuivent leur remontée vers le Grand Nord. À bord de Café Joyeux, le moral est au beau fixe. Le choix effectué il y a plusieurs jours de contourner la dépression par l'est semble peu à peu porter ses fruits. Une option que le skipper compare volontiers à un grand « tour de manège » autour du système météorologique. Là où les premiers concurrents ont franchi le cercle polaire aux alentours de 8° Ouest, lui devrait le couper vers 5° Ouest, au terme d'une remontée plus orientale que celle de ses adversaires. « Le moral est au top. Je passe vraiment de super moments sur mon petit bateau. » L'ambiance, elle, a radicalement changé.

"L'air est chargé à 100 % d'humidité. C'est un froid qui te pénètre jusqu'aux os. Tout est gris : l'eau, le ciel, les nuages. C'est cinquante nuances de gris... mais version tout public !" Nico D'Estais - Café Joyeux

Ce froid humide lui rappelle d'ailleurs quelques souvenirs d'étudiant. « Ça me ramène à mes pires entraînements d'automne avec l'université anglaise. Les sorties de novembre sur la côte Est de l'Angleterre. Ce froid qui s'infiltre partout et qui finit par te geler les doigts. » Plus à l'ouest, Arnaud Boissières continue de composer avec des vents capricieux qui ont considérablement ralenti sa progression ces dernières heures. « Je me suis retrouvé deux fois dans des zones sans trop de vent. Je n'avais sans doute pas beaucoup d'autres options, mais forcément c'est un peu frustrant. » Le skipper d’APRIL Marine – recherche co-partenaires découvre lui aussi une atmosphère de plus en plus nordique. « D'un seul coup, tout est devenu très couvert. On ne voit pas grand-chose. Il fait vraiment frais. Ce n'est pas glacial, mais c'est un froid qu'il faut gérer. » Pour les deux skippers, le cercle polaire n'est désormais plus qu'à quelques heures de navigation. « C'est un parcours initiatique, c'est certain. Mais on dira que c'est fait quand on l'aura vraiment fait. Pour l'instant, il reste encore un bon morceau à parcourir. » Avant même de franchir les 66° Nord, tous deux semblent déjà plongés dans ce qui fait la singularité du Grand Nord : un froid qui s'accroche aux corps et cette sensation déroutante d'évoluer dans un décor qui ne ressemble à aucun autre.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.