Le spectacle était au rendez-vous sur le Solent pour l'ouverture du SailGP de Portsmouth. Dans un vent soutenu flirtant avec les 30 km/h, six manches ont offert... six vainqueurs différents. Une entrée en matière qui confirme une nouvelle fois que le championnat reste l'un des plus imprévisibles de la voile moderne.

Dès les premiers bords, le ton était donné. Dans un vent établi autour de 30 km/h, les F50 avaient troqué leur grande aile pour la version rigide de 18 mètres, la plus petite de la gamme, privilégiée lorsque les conditions se renforcent. De quoi garantir des vitesses toujours impressionnantes, mais aussi des manœuvres d'une précision extrême. Répartis en deux groupes selon le nouveau format du championnat, les équipages ont livré une première journée où la moindre approximation coûtait plusieurs places.
Au terme des six manches disputées samedi, les Néo-Zélandais des Black Foils dominent le groupe A tandis que les Suédois d'Artemis Racing prennent les commandes du groupe B.
Les Black Foils fidèles à leur réputation
Le groupe A n'a laissé aucune place à la routine. Les Canadiens de NorthStar ont parfaitement lancé leur journée en remportant la première course devant les Espagnols de Los Gallos. Mais ces derniers ont immédiatement répondu dans la manche suivante grâce à un dépassement spectaculaire dans les derniers bords.
La troisième et dernière course du groupe est finalement revenue aux Black Foils. Déjà vainqueurs à Portsmouth l'an dernier, les hommes de Peter Burling ont réalisé une démonstration en menant la flotte du départ à l'arrivée.
Avec 11 points, la Nouvelle-Zélande aborde ainsi la deuxième journée en tête de son groupe, devant un équipage canadien particulièrement régulier.
« Les conditions étaient fantastiques, très proches de celles que nous avions connues ici l'an dernier. Avec cette configuration haute vitesse, les bateaux étaient incroyablement rapides », a expliqué Peter Burling.
Artemis mise sur la régularité
Dans le groupe B, la hiérarchie s'est construite davantage sur la constance que sur les coups d'éclat.
Les Américains ont remporté la première manche, avant de voir les Suédois d'Artemis prendre leur revanche lors de la suivante. Mais c'est surtout leur capacité à enchaîner une victoire et deux deuxièmes places qui permet à Nathan Outteridge et à son équipage de terminer cette première journée en tête du classement.
Le skipper australien saluait à l'arrivée des conditions idéales pour exploiter tout le potentiel des F50.
Le public britannique récompensé
La dernière manche de la journée a offert le scénario parfait aux milliers de spectateurs massés sur les quais de Portsmouth.
Longtemps en difficulté, l'équipage britannique de Dylan Fletcher est parvenu à décrocher une victoire très attendue devant son public. Une conclusion idéale pour les supporters locaux, même si cette performance ne suffit pas encore à placer Emirates Great Britain en tête de son groupe.
La navigatrice Hannah Mills soulignait toutefois combien les dépassements avaient été compliqués sur ce plan d'eau très tactique.
« Il fallait quasiment attendre qu'un concurrent commette une erreur. Les possibilités de dépassement étaient rares, mais les conditions étaient tout simplement exceptionnelles. »

Une deuxième journée déjà décisive
Si cette première journée a surtout confirmé l'homogénéité exceptionnelle de la flotte — six manches, six vainqueurs différents —, elle laisse entrevoir une bataille particulièrement serrée pour accéder à la finale de Portsmouth.
Les Black Foils et Artemis disposent d'une légère avance, mais rien n'est encore joué avant les dernières courses programmées ce dimanche sur le Solent.
Avec des écarts réduits et des F50 toujours aussi exigeants, la moindre faute pourrait redistribuer totalement les cartes. L'un des ingrédients qui fait aujourd'hui du SailGP l'un des circuits les plus spectaculaires de la voile internationale.
vous recommande