The Ocean Race Atlantic 2026 : Team Malizia conserve la tête après 24 heures difficiles

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

La fortune a été inégale pour la flotte de six IMOCA engagée dans The Ocean Race Atlantic, alors que les équipages achèvent leur deuxième journée complète dans l'Atlantique Nord, sur la route qui les mène de New York à Lorient, en France.

La fortune a été inégale pour la flotte de six IMOCA engagée dans The Ocean Race Atlantic, alors que les équipages achèvent leur deuxième journée complète dans l'Atlantique Nord, sur la route qui les mène de New York à Lorient, en France.

© Gauthier Lebec / Team Malizia

 

Leaders en début de course, Team Malizia (GER) a connu plusieurs rencontres coûteuses avec des sautes de vent imprévisibles provoquées par d'imposants nuages de pluie, les contraignant à naviguer plus au nord qu'ils ne l'auraient souhaité.

Ce qui rend la situation d'autant plus frustrante pour l'équipage allemand, c'est que leurs plus proches rivaux, positionnés plus au sud — United by the Ocean (FRA), skippé par Paul Meilhat, et 11th Hour Racing (USA), skippée par Francesca Clapcich — semblent avoir totalement évité ces brises capricieuses et ont progressé vers l'est à un rythme régulièrement plus rapide.

Justine Mettraux (SUI), de Team Malizia, a expliqué ce scénario récurrent : « Nous étions un peu plus au nord que nos adversaires, et nous avons eu des sautes de vent inattendues qui nous ont empêchés d'aller vers l'est autant que nous l'aurions voulu », a-t-elle expliqué. « C'est ce qui se reproduit en ce moment. Nous devrions avoir un vent orienté autour de 150–160 degrés, mais pour l'instant, il est beaucoup plus de face. Nous avons du nord-est, ce qui n'est vraiment pas idéal, alors que les autres bateaux n'ont pas ce problème ».

« Nous avons donc perdu pas mal de terrain aujourd'hui. Mais il n'y a pas grand-chose à faire, à part essayer de tirer le meilleur parti de ce que nous avons et espérer que ça s'améliore. Ce n'est pas facile depuis hier soir. »

Pour ne rien arranger, l'équipe allemande a découvert qu'un capot d'inspection du water-ballast avant s'était arraché, laissant l'eau de mer s'infiltrer dans l'étrave du bateau. Le skipper Boris Herrmann a résolu le problème en récupérant le capot du water-ballast arrière pour le fixer à l'avant, avant d'assécher le compartiment.

L'équipage s'est rendu compte du problème lorsque l'indicateur de niveau d'eau du ballast avant a commencé à baisser progressivement.

« Le niveau indiqué baissait, baissait encore, alors je suis allé vérifier à l'avant », a expliqué Herrmann. « J'ai découvert qu'un des capots d'inspection s'était arraché sous les chocs répétés du bateau. Le compartiment avant était rempli d'eau — environ 200 litres. Nous avons donc récupéré le capot du ballast arrière, l'avons installé à l'avant et avons vidé l'eau. Maintenant, nous pouvons de nouveau utiliser notre ballast avant. Mais j'espère qu'on n'oubliera pas qu'il n'y a plus de capot à l'arrière ! »

Pendant que Team Malizia perdait ainsi du terrain au nord, Meilhat et Clapcich, plus au sud, grignotaient progressivement l'avance initiale de Herrmann.

Si bien qu'aux alentours de minuit CEST / 22h00 UTC, l'équipage français de Meilhat a même pris la tête de la course, qu'il a conservée pendant quelques heures. Mais cet après-midi, Team Malizia occupait de nouveau la première place au classement en distance jusqu'à l'arrivée. À 14h00 CEST / 12h00 UTC, l'équipage possédait 11 milles nautiques d'avance sur United by the Ocean, tandis que Team Francesca Clapcich Powered by 11th Hour Racing occupait la troisième place, à neuf milles nautiques de plus.

Quatrième cet après-midi — après une nette remontée pendant la nuit — DMG MORI Sailing Team (JPN), skippé par Kojiro Shiraishi, pointait à 42 milles nautiques du leader, devant Embrace the Challenge (SUI), skippé par Oliver Heer, en cinquième position, à cinq milles nautiques de plus.

MSIG Europe (NZL), le bateau sans foils skippé par Conrad Colman, était jusque-là parvenu à se maintenir dans le sillage des foilers plus rapides, avant qu'un problème d'enrouleur de voile d'avant n'oblige l'équipage à abattre et à naviguer au portant vers le nord le temps de la réparation. Ce contretemps a coûté à l'équipage néo-zélandais environ 30 milles nautiques par rapport au reste de la flotte. À 14h00 CEST aujourd'hui, ils avaient repris leur route, désormais bien plus au nord et à 116 milles nautiques du leader.

Cet après-midi, les cinq équipes de tête naviguaient vers le nord-est à des vitesses comprises entre 12 et 19 nœuds, dans des vents de sud oscillant entre 12 et 18 nœuds.

Si ces foilers se livrent une véritable bataille entre eux, tous les équipages restent également concentrés sur l'optimisation de leur position par rapport au système dépressionnaire de l'Atlantique Nord en train de se former autour d'eux. La position idéale consiste à se placer devant le front et à surfer sur son bord d'attaque tandis qu'il balaie rapidement l'océan vers l'est. Rester trop en retrait expose au risque de se retrouver piégé dans des conditions extrêmes, au cœur même de la tempête.

« Nous essayons d'aller aussi vite que possible, mais nous avons un peu de mer formée — de la houle — qui nous arrive de face », a expliqué Meilhat. « Ce n'est pas très confortable, mais il fait beau et ça va vite. Je pense que ces conditions seront meilleures que celles que nous rencontrerons dans les prochains jours, donc on essaie d'en profiter. »

Meilhat a confirmé que son plan consistait à essayer de prendre le plus d'avance possible sur la dépression d'ici la fin de la journée, afin d'éviter le plus gros des mauvaises conditions.

« Plus on reste en retrait, plus on a de vent fort et de grosses vagues », a-t-il résumé.

Lors du Super Sprint de vendredi, Team Malizia a pu savourer une belle satisfaction après ces 24 heures difficiles, en décrochant sa deuxième victoire de la série face à DMG MORI Global One, tandis que l'équipe de Conrad Colman, MSIG Europe, a créé la surprise en réalisant une performance remarquable et en s'emparant de la troisième place du podium.

 

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.