The Ocean Race Atlantic 2026 : Le grand chambardement

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Après cinq jours en mer, ces dernières heures de course marquent un sacré tournant.

Après cinq jours en mer, ces dernières heures de course marquent un sacré tournant.

© Julien Champolion | polaRYSE | 11th Hour Racing | The Ocean Race

Team Malizia (4e), longtemps en tête, a été victime d’une avarie sur son foil bâbord alors qu’Embrace the challenge (5e) a subi des dégâts sur sa grand-voile. En tête de course, 11th Hour Racing (1er) s’est légèrement détaché de United by the Ocean (2e à 25 milles), désormais sous la pression de DMG MORI Global One (3e à 10 milles). Mais les regards se portent sur la suite : une bulle anticyclonique pourrait entraîner un regroupement de la flotte ! Il s’agit d’un incroyable numéro d’équilibristes. Des heures à se cramponner dans les cockpits, des heures à endurer des secousses incessantes, des heures de résistance et d’abnégation.

Après avoir parcouru près de 1 500 milles depuis le départ, la flotte de The Ocean Race Atlantic a connu un sacré examen de passage. En cause ? Des vents soutenus, une mer formée et l’impression d’être constamment à la limite.

« On est tous épuisés, fatigués, stressés » (Oliver Heer)

Hier, la diffusion en direct du Onboard Live, programme proposé tous les jours de 17 heures à 17 h 30, a été une illustration criante de ces conditions. Les reporters embarqués (les OBR) peinaient à interviewer les skippers, exténués par les chocs à répétition et la fatigue. « On essaie de dormir quand on peut, mais c’est impossible », reconnaissait Sara Stone (United by the Ocean). « Ça tape et ça fait du bruit », poursuivait l’expérimentée Samantha Davies (DMG MORI Global One). « On est tous épuisés, fatigués, stressés », résumait Oliver Heer (Embrace the Challenge). « C’est très difficile de naviguer et de vivre sur ces bateaux. »

Pourtant, tous font preuve d’une incroyable abnégation pour tenir et ne jamais rien lâcher. Un état d’esprit visible à bord de Malizia, où l’équipage s’accroche malgré le choc sur son foil bâbord, qui a entraîné un problème technique au niveau du vérin de quille. Après être parvenu à immobiliser le vérin et le foil, l’équipage de Boris Herrmann a repris la route et pointe désormais à 100 milles de la tête de course.

Chez Embrace the Challenge aussi, il en faut du courage. L’équipe d’Oliver Heer a expliqué avoir subi des dégâts sur sa grand-voile à 21 h 45 hier lors d’une prise de ris. Dans un communiqué, le collectif Embrace The Challenge explique que « l’équipe poursuit sa route à vitesse réduite, avec un plan de voilure limité, en attendant de pouvoir procéder à une évaluation dès l’aube ». Embrace the Challenge pointe au 4e rang, à 180 milles de Team Malizia.

DMG MORI Global One revient sur United by the Ocean, 11th Hour Racing s’échappe

Chez DMG MORI Global One (3e), on s’accroche aussi. L’équipage de Kojiro Shiraishi, dans le sillage des deux leaders (11th Hour Racing et United by the Ocean), s’est offert le « Super sprint » hier, décrochant ainsi une première victoire dans ce match dans le match, qui récompense chaque jour l’équipage le plus rapide sur 20 minutes. Le nouveau bateau démontre son aisance dans les conditions musclées, ces dernières heures apportant ainsi leur lot d’enseignements pour l’avenir. Surtout, DMG MORI Global One met la pression sur United by the Ocean, qui pointe désormais à moins de 10 milles.

Pourtant, en ce 5e jour en mer, c’est 11th Hour Racing qui impressionne. Francesca Clapcich et les siens ont pris les commandes de la course hier et n’ont fait qu’accroître leur avance. Ce matin, ils comptent 25 milles d’avance sur United by the Ocean. Mais ils sont surtout plus rapides, avec 24 nœuds de moyenne dans les quatre dernières heures, contre 21,5 nœuds pour l’équipage de Paul Meilhat ! Malgré les difficultés, l’enthousiasme était déjà palpable hier chez Francesca : « On est passé par toutes les émotions, mais on va continuer à se battre. On a confiance dans le bateau. »

Une course contre la montre débute donc pour 11th Hour Racing. Car, d’ici une dizaine d’heures, les conditions devraient être moins ventées, la faute à une bulle anticyclonique qui s’est formée au large des Açores. Hier, Nicolas Lunven (DMG MORI Global One) évoquait un possible « regroupement de la flotte ». Et si toutes les cartes étaient rebattues ? C’est une certitude : à The Ocean Race Atlantic, tout reste encore à faire !

POINT SITUATION — Embrace the Challenge endommage sa grand-voile

L’équipe d’Embrace the Challenge a publié le communiqué suivant dans la nuit, après avoir subi des dommages sur sa grand-voile lors d’une manœuvre de prise de ris.

À 21h45 UTC, lors d’une manœuvre de prise de ris dans des conditions de vent très fortes, Team ETC a subi d’importants dommages sur sa grand-voile.

Les conditions actuelles ne permettent pas d’envisager une réparation pour le moment. L’équipe poursuit donc sa route vers Lorient à vitesse réduite, avec un plan de voilure limité, dans l’attente d’une première évaluation des dégâts au lever du jour.

Tous les membres de l’équipage sont sains et saufs, mais naturellement très déçus. Ils espèrent pouvoir effectuer une réparation rapide afin de reprendre la course au plus vite.

Suivez les skippers grâce à la cartographie en direct ! Et pensez à consulter les prévisions sur METEO CONSULT Marine.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.