Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2026 : les Vintage Multi et Mono promettent un spectacle à part

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Pour l’édition 2026 de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, les catégories Vintage Multi et Vintage Mono prennent une nouvelle dimension. Anciennement appelées Rhum Multi et Rhum Mono, elles veulent remettre en lumière les bateaux et les skippers qui ont écrit l’histoire de la course au large. Entre trimarans Orma, IMOCA mythique, monocoques de légende et marins passionnés, le plateau s’annonce aussi spectaculaire qu’émouvant.

 

Aux côtés des Ultim, des IMOCA dernière génération, des Ocean Fifty et des Class40, le public retrouvera des silhouettes plus anciennes, mais toujours chargées d’une puissance évocatrice rare. Des bateaux qui ont traversé les décennies, marqué les esprits et parfois changé le destin de la course au large.

Les catégories Vintage Multi et Vintage Mono ne sont pourtant pas là pour cultiver la nostalgie. Elles racontent autre chose : la capacité de la Route du Rhum à faire cohabiter l’innovation la plus poussée et l’histoire vivante de la voile océanique. Ici, les bateaux ne sont pas seulement des machines de course. Ce sont des témoins, des symboles, parfois même des légendes remises à l’eau.

Une évolution qui dépasse le simple changement de nom

Le passage de « Rhum Multi » et « Rhum Mono » à Vintage Multi et Vintage Mono n’est pas qu’une modification d’appellation. Il traduit une volonté claire : redonner toute leur place aux bateaux et aux marins qui ont contribué à construire la légende de la Route du Rhum. Francis Le Goff, directeur de course, résume parfaitement cet état d’esprit : « Le principe initial de ces catégories, c’est de favoriser le retour des bateaux et des skippers qui ont contribué à écrire l’histoire de la Route du Rhum. » Et cette ambition semble déjà porter ses fruits. Dans les deux catégories, on retrouvera des unités au passé prestigieux, parfois victorieuses, parfois associées à des pages fortes de la course au large.

L’édition 2026 s’annonce ainsi comme un véritable trait d’union entre plusieurs générations. Celle des grands multicoques Orma, celle des monocoques taillés pour les tours du monde, celle des skippers professionnels de renom, mais aussi celle des amateurs éclairés venus vivre leur propre rêve transatlantique.

Vintage Multi : le grand retour des Orma

C’est l’une des attractions majeures de cette édition 2026 : quatre Orma seront au départ. Ces trimarans de 60 pieds, qui ont fait vibrer la course au large dans les années 1990 et 2000, restent dans l’imaginaire collectif des bateaux à part. Rapides, exigeants, parfois délicats à mener, ils incarnent une époque spectaculaire du multicoque océanique.

Le plateau aura fière allure. Francis Joyon, vainqueur de la Route du Rhum 2018, prendra le départ à bord de Pour les océans. Damien Seguin sera engagé avec Arkéa - Handicap International, Éric Péron avec French Touch Oceans Club et Gilles Lamiré avec Groupe GCA. Quatre skippers expérimentés, quatre bateaux mythiques, et la promesse d’une course dans la course.

Selon Francis Le Goff, ces Orma pourraient même venir bousculer la hiérarchie temporelle attendue : « Les premiers pourraient arriver entre les Ultim et les Ocean Fifty. » Si les conditions restent maniables, ces multicoques pourraient traverser l’Atlantique en huit à dix jours. De quoi offrir un spectacle intense, rapide et particulièrement suivi.

Mais la performance ne se fera pas sans vigilance. Ces bateaux ont aussi une réputation : ils sont puissants, nerveux, parfois « volages », comme le rappelle le directeur de course. À bord, les skippers devront rester en alerte permanente. À terre, la direction de course suivra également leur progression avec une attention toute particulière.

© Arnaud Pilpré / #RDR2022

Des projets engagés et des marins fidèles à l’esprit du Rhum

La catégorie Vintage Multi ne se résumera pas aux Orma. Elle accueillera aussi d’autres grandes figures de la voile océanique, à commencer par Roland Jourdain et Marc Guillemot, tous deux engagés dans une démarche éco-responsable.

Roland Jourdain, dit « Bilou », prendra le départ avec We Explore, un bateau conçu notamment en fibre de lin. Marc Guillemot, lui, s’alignera avec Dazeilad, un projet construit autour de la récupération et de la réutilisation de pièces issues d’autres bateaux : espar de l’IMOCA de Jean Le Cam, dérives de Damien Seguin, safrans d’un ancien bateau de Jérémie Beyou… Une autre manière de faire vivre l’histoire de la course au large, en donnant une seconde vie à des éléments déjà éprouvés en mer.

Impossible également de ne pas citer Charlie Capelle. À 71 ans, le doyen de cette édition disputera sa septième Route du Rhum à bord d’Acapella – Proludic – La Chaîne de l’Espoir. Son petit trimaran de 38 pieds, taille minimale autorisée par l’avis de course, est inspiré du bateau de Mike Birch, premier vainqueur de l’épreuve en 1978. Un clin d’œil direct aux origines de la Route du Rhum.

Vintage Mono : des bateaux chargés d’histoire

Côté monocoques, la catégorie Vintage Mono s’annonce tout aussi passionnante. Là encore, l’esprit du Rhum est bien présent : des marins passionnés, des projets très personnels, des bateaux parfois mythiques et une envie commune de se confronter à l’Atlantique en solitaire.

Parmi les unités les plus attendues figure l’ex-Kriter VIII, surnommé le « Grand Cigare ». Pensé par Michel Malinovski, ce bateau est associé à trois victoires consécutives sur la Route du Rhum, en 1982, 1986 et 1990. Il sera mené par Wilfried Clerton, déjà présent lors des deux dernières éditions. Hugo Lefort prendra de son côté la barre du Cigare Rouge, mis à l’eau en 1991 par Jean-Luc Van Den Heede. Le bateau compte notamment trois Vendée Globe à son actif, avec Catherine Chabaud, Joe Seeten et Karen Leibovici. Autre nom fort : Grain de Sable, l’ex-Adrien avec lequel Jean-Luc Van Den Heede avait battu le record du tour du monde à l’envers, avant que le bateau ne soit repris par Maud Fontenoy. Il sera cette fois mené par Christophe Bachmann, architecte de profession.

© DR

Jean Le Cam, Tanguy Caradec et la force des histoires personnelles

La Route du Rhum, c’est aussi une affaire de transmission. Celle de Tanguy Caradec sera forcément suivie avec émotion. Engagé avec Eurvad, il s’inscrit dans les pas de son père, figure de la course au large disparu tragiquement lors de l’édition 1986.

Dans cette catégorie, plusieurs cinquante pieds seront également à surveiller. Patrick Isoard prendra le départ avec USHIP pour Enfants du Mékong, tandis que Titouan Pilliard, seulement 20 ans, s’élancera avec Use it Again for youth. Un défi immense pour le jeune marin, fils de Romain Pilliard, lui aussi engagé en Vintage Multi.

Et puis il y aura Jean Le Cam. Le marin breton, toujours aussi populaire, s’est lancé dans la rénovation d’un Swan 59 pour prendre part à l’aventure. Sa présence devrait naturellement attirer l’attention du public, tant son parcours, son franc-parler et sa relation à la mer font partie du patrimoine de la course au large française.

Aito, l’IMOCA aux deux Vendée Globe victorieux

Autre histoire forte de cette édition : celle de Kieran Le Borgne. Après avoir disputé sa première Route du Rhum-Destination Guadeloupe il y a quatre ans en Class40, le skipper s’est lancé dans un projet de rénovation autour d’un ancien IMOCA de légende : Aito.

Ce bateau n’est pas n’importe lequel. Sous les couleurs de PRB, il est devenu le seul IMOCA à avoir remporté deux Vendée Globe : d’abord avec Michel Desjoyeaux en 2000-2001, puis avec Vincent Riou en 2004-2005. Une trajectoire exceptionnelle, qui fait d’Aito l’un des monocoques les plus emblématiques de sa génération.

Pour Francis Le Goff, cette initiative pourrait ouvrir la voie à d’autres projets similaires : « Kieran est précurseur à sa manière : on peut penser qu’à l’avenir, d’autres skippers auront envie de prendre la barre d’IMOCA de générations plus anciennes. »

Une seconde vie pour les légendes de la course au large

Au total, 26 skippers seront engagés dans les catégories Vintage Multi et Vintage Mono. Un chiffre qui confirme l’intérêt croissant pour ces classes à part, où la performance ne se mesure pas uniquement au classement final. Ici, chaque bateau porte une histoire. Chaque départ raconte une restauration, un pari, un souvenir ou une transmission.

La Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2026 promet donc un spectacle double. Celui des machines les plus modernes, lancées dans une quête de vitesse absolue. Et celui de ces bateaux vintage, moins récents mais profondément attachants, capables de réveiller des souvenirs puissants chez les passionnés comme de séduire un nouveau public.

En donnant une place plus lisible à ces catégories, l’épreuve renoue avec l’un de ses fondements : la diversité. Depuis sa création, la Route du Rhum a toujours été une course ouverte, populaire, parfois imprévisible, où les grands favoris côtoient les aventuriers, les prototypes futuristes et les bateaux chargés de mémoire. En 2026, les Vintage Multi et Mono rappelleront que la légende du Rhum ne s’écrit pas seulement avec les bateaux de demain, mais aussi avec ceux qui ont déjà fait rêver plusieurs générations.

Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock -  Arnaud Pilpré / #RDR2022

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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.