Le dimanche 17 mai prochain, Yoann s’élancera depuis Perros-Guirec pour la course phare du circuit Figaro, son objectif n°1 de la saison. Afin de s’y préparer, le skipper Paprec a disputé quatre courses et connu une large palette de situations. Si tout n’a pas été facile, Yoann a su progressivement s’aguerrir et gagner en automatismes à bord. Alors qu’il vise une place d’honneur à la Solitaire du Figaro Paprec, il revient sur une préparation aussi express qu’enrichissante.

Pour Yoann Richomme, c’est l’histoire d’un retour aux sources. Rares sont les disciplines où les plus reconnus reviennent dans la catégorie des débuts, celles où ils ont forgé leur caractère et leur savoir-faire pour briller ensuite. C’est le cas en course au large, là où un vainqueur de deux transatlantiques en IMOCA (Retour à la Base, The Transat CIC) et 2e du Vendée Globe revient se mesurer à la nouvelle génération. Alors que la conception de l’IMOCA Paprec progresse, Yoann Richomme est donc de retour en Figaro pour disputer la Solitaire du Figaro Paprec, qu’il a également remportée deux fois (2016, 2019). Mais avant même de s’élancer, le skipper avait bien conscience que rien ne serait facile : « Je sais que le niveau de difficulté est élevé et que la concurrence est féroce », confiait-il en début d’année, au moment de remettre sa monture à l’eau.
Une montée en puissance progressive
Alors, pour être prêt lors du départ le dimanche 17 mai prochain à Perros-Guirec, il a fallu retrouver ses réflexes à bord de ce voilier de 9,75 mètres de long particulièrement exigeant. D’autant qu’après quelques premières sorties en mer en début d’année, Yoann a rapidement retrouvé la compétition, en solitaire d’entrée. À l’issue de la Solo Guy Cotten (terminée à la 20e place) en mars dernier, il s’attachait à « conserver le positif », notamment « la capacité à être dans le bon rythme ». Pour parfaire ses placements, ses choix et parvenir à s’adapter au mieux aux subtilités des réglages d’un Figaro, il était ensuite rejoint par Martin Le Pape, plus de dix ans d’expérience sur le support, dont six en Figaro de 3e génération « Je veux aider Yoann à avoir toutes les clés pour exprimer son talent lors de la Solitaire du Figaro Paprec », confiait-il au départ de leur première course en double, le Trophée Laura-Vergne.
Dixièmes du classement général, mais surtout 2es de la course longue, le duo est d’emblée au rendez-vous. « On a réussi à conserver un bon niveau de vitesse et de placement », savourait alors Yoann à l’arrivée à la Trinité-sur-Mer. Une poignée de jours plus tard, le Figaro Paprec fait partie des centaines de bateaux qui disputent le Spi Ouest-France. Yoann et Martin sont associés à deux membres de l’équipe Paprec, Gautier Levisse et Alexandre Derrien. Là encore, Paprec est l’un des acteurs de la course et se classe 3e (sur 17) à l’issue des trois jours de régate. « C’était idéal pour parfaire mes automatismes et les réglages », sourit Yoann, à l’heure d’un premier bilan. « Ses progrès sont fulgurants, il se réapproprie le bateau à merveille », s’enthousiasme quant à lui Martin.
Une dernière course éreintante avant le grand défi
Sur le chemin vers la Solitaire du Figaro Paprec, il y avait enfin le Trophée Banque Populaire Grand Ouest, cinq jours de course en double au départ de Concarneau, disputé la semaine dernière. Un parcours exigeant durant lequel la flotte devait remonter jusqu’à l’archipel de Chausey puis longer de nouveau la Bretagne avant de traverser le golfe de Gascogne jusqu’à un point situé à la latitude d’Arcachon, et de revenir dans le Finistère. Le duo est fidèle au rendez-vous : Yoann et Martin sont quasiment toujours restés dans le top 10. La course a néanmoins été éprouvante, à l’instar de cette descente dans le golfe de Gascogne dans 30 à 35 nœuds de vent et une houle déchaînée.
Dans ces conditions virulentes, Yoann a été victime d’un choc. « Une déferlante m’a projeté dans le cockpit et je suis retombé sur la barre », raconte-t-il. S’il a pu aller au bout avec Martin, l’inquiétude et l’incertitude planaient quant à la suite de la saison. Alors que les examens passés dans la foulée de son arrivée confirmaient les craintes de Yoann et révélaient trois côtes cassées, les pronostics restent optimistes. « D’après les médecins, ça devrait se rétablir d’ici 15 jours à 3 semaines donc juste avant le départ de la Solitaire du Figaro Paprec », précise-t-il. D’ici là, le marin devra s’astreindre à une phase de repos d’une dizaine de jours. Dans le même temps, le Figaro Paprec sera sorti de l’eau pour un chantier de quelques jours afin « de tout remettre au propre ».
« Ça va être sympa, il va y avoir beaucoup de jeu »
À l’issue de cette préparation express, Yoann se veut toutefois confiant. « J’ai pu rencontrer des conditions très différentes, naviguer au contact, tester les réglages et gommer mon déficit de vitesse à certaines allures ». Dans cet apprentissage, il souligne le rôle de Martin qui a été « un excellent co-skipper pour m’épauler », et rappelle au passage à quel point la concurrence est forte et qu’il « faudra rester sage dans mes objectifs à la Solitaire du Figaro Paprec », où « les paramètres pour être performant sont très nombreux ».
Quoi qu’il en soit, le parcours de la prochaine édition est désormais entièrement connu. Après le départ de Perros-Guirec, les marins iront jusqu’à Vigo (le 20 mai, Espagne) avant la 2e étape qui les mènera à Pornichet (le 27 mai) et le final jusqu’au Havre (le 4 juin). « Ça va être sympa, il va y avoir beaucoup de jeu », estime Yoann, qui a hâte de « rendre une belle copie » en « veillant à tous les détails ». Et qui affiche déjà un état d’esprit particulièrement combatif : « Je vais me battre à fond et tout faire pour donner le meilleur ! »
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