La carte postale était idyllique ce matin sur le plan d’eau de cette quatrième journée de La Solitaire du Figaro Paprec. Adieu la brume de la veille, place à un grand soleil qui va permettre aux marins de se réchauffer et de faire sécher leur bateau. Si la canicule touche de plein fouet les Français, sur l’eau les températures sont beaucoup plus fraiches. En cette nouvelle, matinée, les classements changent, évoluent, interpellent au fil des pointage et ce n’est pas pour nous déplaire. À 6h, Marie Gendron menait cette belle flotte devant Arthur Meurisse et Paul Loiseau, une heure plus tard, Paul Loison prenait la tête devant Marie Gendron et la britannique Ellie Driver. Cette situation devrait perdurer toute la journée, pour notre plus grand plaisir.

Elle est tombée d’un coup, apportant avec elle son humidité, sa blancheur et son angoisse, la brume a enveloppé les marins toute la nuit et ce n’est qu’au petit matin qu’elle a enfin daigné s’évaporer. Hier soir, juste avant la tombée de la nuit, le bateau Express accompagnait Paul Loiseau, bord à bord avec Pierrick Letouzé. Les deux marins naviguaient à vue enfin presque. Tels des fantômes, ils glissaient sous spi, seule la silhouette de la grand-voile contrastait avec la blancheur des alentours. L’image était belle mais pour les marins, l’ambiance l’était un peu moins. L’humidité portée par cette brume, rentre partout. « Le bateau est trempé et moi aussi, l’air et rempli d’humidité. C'était étrange, c'est vraiment un mur d'eau qui est arrivée sur nous», avouait Edouard Golbery (SOS Village d’Enfants).
Mais tous sont unanimes, le vent les portait admirablement bien. Une satisfaction pour ces solitaires qui commencent vraiment à sentir le poids des heures passées à la barre. « Je me suis endormi alors que je n’avais pas enclenché mon réveil. J’ai dormi beaucoup trop et j’ai loupé la bascule et le moment où il a fallu envoyer le spi. J’ai heureusement pu me refaire mais ça prouve bien que nous sommes épuisés », confiait Paul Loiseau (Région Bretagne – CMB Espoir).
Durant la nuit, le groupe le plus au nord a littéralement butté dans une molle, permettant aux sudistes de faire un petit break. Quelques heures plus tard, inversion des rôles, les nordistes reviennent dans le match. Le jeu du yoyo est bien réel, un tour sur l’historique de la cartographie permet de bien comprendre ce phénomène. À l'extrémité nord ouest de la flotte, Victor Mathieu (Elitys) a créé un peti décalage qui pourrait lui permettre de joeur un coup. À l'opposé, trois marins semblent aux prises avec une zone moins ventée, Hugo Le Clech, Hugo Dhalenne (Sjipper Macif 2025) et Arthur Meurisse (Kiloutou). Il faut désormais être patient, tous auront à un mome,nt donné un nouveau départ. La flotte s'étale désormais sur 48 milles sur un axe nord-ouest-sud-est. Les conditions météos de la journée, un vent de 3 noeuds passant du nord-ouest à l'est puis au sud-est, ne vont pas favoriser une bonne progression.

Paul Loiseau (Région Bretagne CMB Espoir)
« Je pense que ça va être instable aujourd’hui, il y aura des transitions on va sûrement réussir à partir un peu à certains moments à s'échapper et à l'inverse se faire rattraper assez vite aussi. Rien n'est fait et il va falloir rester au contact et observer la moindre petite risée sur l'eau », confiait Paul Loiseau à la vacation VHF ce matin.
Marie Gendron (Kereis SNCF Voyageurs).
« J'adore ces conditions, je me donne à fond, j'essaie de ne rater aucune opportunité. Je suis restée sur quelque chose un peu middle parce que je ne savais pas trop par où le vent allait partir. Je n’ai pas tenté les extrêmes, j’ai préféré opter pour le centre et ça a été. Je suis venue chercher du match et bien je suis comblée. Question sommeil ça va mais ça tire quand même, j’ai pu dormir un peu hier dans la journée quand le vent était assez stable », confiait Marie Gendron.
Hugo Le Clech (Mieux)
« Malgré le fait qu'il y n'ait pas beaucoup de vent et pas mal de transitions ça rend le jeu assez incertain mais passionnant. Mais voilà on a quand même hâte de se rapprocher des côtes françaises et de Pornichet. il y aura des transitions on va sûrement réussir à partir un peu à certains moments, à s'échapper et à l'inverse se faire rattraper assez vite aussi. Rien n'est fait et il va falloir rester à vue et observer la moindre petite risée sur l'eau », concluait Hugo Le Clech.
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