Le mystère du triangle des Bermudes

Carnet de voyage
Vendredi 9 juillet 2021 à 15h33

Le mythe du Triangle des Bermudes fait partie de ces histoires dignes des plus grands romans : plus d’une centaine de navires et d'avions se sont volatilisés dans cette zone proche des Caraïbes. Lorsqu'il s'agit d'expliquer leur disparition les passionnés de mystères ont l'embarras du choix.

Le triangle des Bermudes ©Wiki Média
Le mythe du Triangle des Bermudes fait partie de ces histoires dignes des plus grands romans : plus d’une centaine de navires et d'avions se sont volatilisés dans cette zone proche des Caraïbes. Lorsqu'il s'agit d'expliquer leur disparition les passionnés de mystères ont l'embarras du choix.

À l’instar de l’Atlantide ou de la légende du Roi Arthur, le mystère du Triangle des Bermudes a l'étoffe d'une légende. Depuis les années 1950, cette zone géographique de 500 000 km2 située entre la Floride, Porto Rico et l'archipel des Bermudes, est tristement célèbre pour les disparitions répétées de navires et d’avions. En moyenne, on dénombre 4 avions et 20 bateaux qui disparaissent mystérieusement chaque année.

Pendant longtemps, les récits de marins se sont avérés trop imprécis pour que le phénomène ne soit étudié sérieusement. Diverses théories farfelues ont alors émergé, allant du piège tendu par des extraterrestres à l'existence d’une porte menant vers une autre dimension. Aujourd’hui, des explications plus sérieuses sont avancées par les scientifiques pour tenter d’expliquer ces phénomènes.

Une activité météorologique tourmentée

Le Triangle des Bermudes se trouve être également l’épicentre d’une activité météorologique particulièrement violente. Point de rencontre d’ouragans, de tempêtes équatoriales et d’orages provenant de la côte mexicaine, de nombreuses microrafales de vent soufflant à plus de 270 km/h sont à l’origine de vagues aux dimensions rares.

L'océanographe britannique Simon Boxall, de l'université de Southampton, explique que ces vagues, ou ces "murs d'eau", comme ils sont souvent décrits, peuvent atteindre les 30 mètres de haut et sont capables de faire chavirer des navires de grande taille. Ces vagues abruptes, appelées « vagues scélérates », apparaissent souvent au sein d'un mouvement de vagues aux ondulations normales. La répartition de ces vagues scélérates à l'échelle du globe est cependant encore mal connue des scientifiques aujourd’hui mais apportent un éclairage au mystère qui entoure les disparitions dans le Triangle des Bermudes.

Des fonds marins accidentés

Les scientifiques ont ainsi pu analyser la cartographie du plancher océanique de cette zone de l’Atlantique, révélant ainsi que les Bermudes se trouvent au sommet d’une montagne sous-marine de près de 4 000 mètres de haut. L'étude de la composition et de la texture du fond marin montre également de nombreux récifs, formés par l’accumulation d’algues, de coquilles et d’épaisses couches de calcaires. Ce paysage accidenté est accompagné d’abysses pouvant atteindre 8 000 mètres de profondeur. Pour comparaison, la fosse des Mariannes, le point le plus profond de la croûte terrestre, se trouve à 10 994 mètres de profondeur.

Ces caractéristiques topologiques conjuguées à divers phénomènes météorologiques pourraient donc expliquer la cause de ces disparitions. Tom Iliffe, professeur de biologie marine, avait d’ailleurs révélé l’existence de tourbillons aspirants après avoir plongé dans la zone. « Les tourbillons sont évidents, il y a d’immenses tunnels avec une très forte puissance d’aspiration. » Ce phénomène, appelé « théorie des tourbières », est souvent observé dans les environnements de roches calcaires, semblables aux récifs du Triangle des Bermudes.

La piste du méthane

La formation récente de crevasses est vraisemblablement due à la fonte du permafrost sous-marin, dans le contexte du réchauffement climatique, qui entraîne une accumulation de méthane. Ces petites collines marines peuvent exploser à tout moment, libérant d’un coup un nuage de bulles de méthane, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs du Centre norvégien pour les hydrates de gaz en Arctique (CAGE), soutenue par l'Agence fédérale de gestion des ressources souterraines de la Russie. Selon Pavel Serov, principal auteur de l’article publié dans le Journal of Geophysical Research, ces pingos, qui atteignent jusqu’à 1000 mètres de diamètre et s’élèvent de cinq à neuf mètres au-dessus du plancher océanique, seraient l’étape précédant l’éclatement de la réserve de méthane sous-jacente. Déjà, l’un des pingos de la mer de Kara laisse échapper des flux de méthane…

Plusieurs scientifiques pensent désormais que ce même phénomène aurait pu se produire au large de la Floride, dans cette zone comprise entre l’archipel des Bermudes, Miami et Porto Rico, qui forme le mythique Triangle des Bermudes. Les émanations de méthane diminuent la densité de l’eau, ce qui peut entraîner le naufrage d’un bateau passant là au mauvais moment. La présence d’une forte concentration de méthane dans l’air pourrait également entraîner des turbulences atmosphériques et donc des difficultés de navigation pour les avions malchanceux.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.