Érosion du littoral : à Biscarrosse, la mer fait tomber le front de mer

Par Le Figaro Nautisme

La chute spectaculaire d’une portion de la promenade de Biscarrosse Plage, début février, marque un nouveau seuil dans la prise de conscience du risque d’érosion côtière. Longtemps perçue comme lente et diffuse, cette dynamique naturelle, aujourd’hui amplifiée par le changement climatique, s’impose désormais de manière brutale et tangible sur de nombreux littoraux français.

 

 

À Biscarrosse, un week-end de tempête aux conséquences durables

Le week-end dernier restera comme un moment charnière pour le littoral biscarrossais. Sous l’effet d’une succession de fortes houles et de conditions météorologiques défavorables, une portion de plus de 20 mètres de la promenade du front de mer s’est effondrée, s’abîmant directement sur la plage. Dans les secteurs urbains, le recul du trait de côte est estimé entre 10 et 15 mètres, selon les premières observations communiquées par la municipalité. Face à l’ampleur des dégâts et au risque persistant, les autorités locales ont prolongé la fermeture de l’ensemble des accès aux plages océanes et interdit toute circulation sur le sable jusqu’au 6 février à 17 h. Une partie de la promenade, entre le poste central et le nord de la station, restera quant à elle inaccessible au moins jusqu’à la fin du mois. Dès les premières heures suivant l’effondrement, des opérations de ré-ensablement ont été engagées afin de limiter la perte sédimentaire et d’amortir les effets des épisodes météorologiques attendus. Ce scénario rappelle fortement l’hiver 2013-2014, déjà marqué par une série de tempêtes destructrices sur la façade atlantique. Mais la comparaison s’arrête là : en 2026, la fréquence et l’intensité de ces phénomènes interrogent directement la capacité des territoires littoraux à s’adapter sur le long terme.

 

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L’érosion côtière, d’un phénomène naturel à un risque amplifié

L’érosion du littoral n’est pas un phénomène nouveau. Elle résulte de processus naturels complexes mêlant houle, marées, courants et dynamique sédimentaire. Toutefois, les scientifiques s’accordent désormais sur un constat : la vitesse du recul du trait de côte s’accélère sous l’effet combiné de la montée du niveau de la mer, de la multiplication des tempêtes et des aménagements humains qui perturbent les équilibres naturels. En France métropolitaine, près d’un quart du littoral est aujourd’hui considéré comme en recul mesurable. Les côtes sableuses, comme celles de la Nouvelle-Aquitaine, figurent parmi les plus vulnérables. Contrairement aux falaises rocheuses, leur évolution peut être rapide, parfois spectaculaire, et directement perceptible à l’échelle d’une saison hivernale. Les événements récents sur la côte landaise s’inscrivent ainsi dans une tendance observée sur l’ensemble de la façade atlantique, mais aussi en Manche et en Méditerranée, où certaines plages reculent de plusieurs mètres par an.

Des infrastructures de plus en plus exposées

Au-delà des plages, ce sont désormais les infrastructures humaines qui se retrouvent en première ligne. Promenades, routes, campings, immeubles et équipements touristiques ont souvent été construits à une époque où la stabilité du littoral semblait acquise. Aujourd’hui, ces choix d’aménagement sont remis en question par la réalité physique du terrain. Les projections réalisées à l’échelle nationale montrent que, sans adaptation majeure, plusieurs milliers de bâtiments pourraient être exposés à l’érosion d’ici le milieu du siècle. Des communes comme Biscarrosse, Soulac-sur-Mer ou Lacanau incarnent déjà cette vulnérabilité croissante, obligeant les collectivités à arbitrer entre protection coûteuse, réaménagement ou, dans certains cas, repli stratégique.

 

Entre réponses d’urgence et adaptation à long terme

À court terme, les solutions reposent principalement sur des mesures correctives : rechargement des plages en sable, renforcement des dunes, fermetures préventives pour garantir la sécurité du public. Ces actions permettent de gagner du temps, mais elles ne constituent pas une réponse définitive à un phénomène structurel. À plus long terme, la question de l’adaptation devient centrale. Elle implique de repenser l’urbanisme littoral, de restaurer des espaces naturels capables de jouer un rôle de tampon, et d’intégrer la mobilité du trait de côte dans les politiques publiques. Un changement de paradigme encore difficile à accepter, tant les enjeux économiques et touristiques sont importants.

 

Un signal fort pour l’ensemble du littoral français

L’effondrement de la promenade de Biscarrosse n’est pas un épisode isolé ni un simple fait divers climatique. Il constitue un signal visuel puissant d’une transformation déjà en cours sur les côtes françaises. L’érosion n’est plus une hypothèse lointaine ni un sujet réservé aux experts : elle est désormais observable, mesurable et parfois brutale. À mesure que la mer avance, c’est l’ensemble du modèle d’aménagement du littoral qui se trouve questionné. Biscarrosse, aujourd’hui, en offre une illustration concrète. Demain, d’autres territoires pourraient être confrontés aux mêmes choix, entre protection, adaptation et renoncement partiel à certaines infrastructures.

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.